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La communauté
chrétienne Saint-Albert-le-Grand n’est pas une
communauté des dominicains, elle a ses
locaux chez les dominicains. Elle est autonome
aussi bien par rapport aux dominicains que par
rapport au diocèse.
La communauté se situe à mi-chemin entre la
communauté de base et la paroisse traditionnelle
(trois-quatre cents membres, c’est beaucoup pour
une communauté de base !). Elle a été fondée dans
les années 1960, dans la foulée de Vatican II,
avec notamment l’Institut de pastorale des
dominicains. En 1971, la communauté a obtenu le
statut de paroisse; donc, elle peut faire tous les
sacrements pour ses membres et tenir les
registres.
Elle est née spontanément, d’un regroupement de
personnes devenues de plus en plus indépendantes,
même si des pères dominicains en sont membres,
ceux de la communauté Saint-Jean et d’autres (vous
connaissez Richard Guimond, et Guy Lapointe, qui
était là ce matin). C’est une paroisse
extra-territoriale, formée pour moitié de gens des
alentours (Côte-des-Neiges, Université de
Montréal, Outremont), pour moitié de gens
d’ailleurs à Montréal et même de l’extérieur. Le
critère est de participer au moins de temps en
temps aux activités. Il y a beaucoup de familles,
mais aussi des religieux et religieuses, des
célibataires, des personnes mariées, séparées et
remariées, des prêtres, des ex-prêtres… Ce qui les
caractérise, c’est le désir de vivre leur foi dans
une communauté qui les accepte tels qu’ils sont.
Ce sont des personnes en recherche spirituelle,
qui ont un désir d’authenticité de la vie
chrétienne et d’approfondissement de la foi.
La communauté est autant que possible ouverte aux
besoins de ses membres, c’est-à-dire que
régulièrement — bon, il y a une assemblée
annuelle, et régulièrement on demande aux
membres : qu’est-ce que vous pensez de ceci,
est-ce que vous désirez ça ? Il y a des besoins
qui se font sentir, on essaie d’y répondre : il y
a eu un groupe de jeunes couples; un « Café du
sage » regroupe des personnes retraitées qui
réfléchissent à l’environnement… Il y a toutes
sortes de possibilités.
Dernière caractéristique, peut-être celle qui fait
le plus peur aux autorités diocésaines, elle est
gérée par ses membres : l’assemblée générale
annuelle est souveraine. On y élit le conseil de
pastorale, qui comprend des laïcs; son président
actuel est une femme. Ses réunions (mensuelles)
sont ouvertes à tout le monde; le thème est
affiché (mais on n’a pas des réunions à
cinquante !).
Quel est le vécu communautaire ? Il s’articule
autour de la liturgie dominicale. Il y a une seule
célébration par semaine, le dimanche. On attache
beaucoup d’importance à la liturgie. Il y a de
petites équipes de liturgie autour d’un prêtre
célébrant (c’est encore bien qu’il y ait des
prêtres actuellement pour célébrer l’Eucharistie).
Ces équipes discutent autour des textes bibliques
du dimanche, et on essaie de voir l’idée qu’on
veut faire passer, et comment mieux la faire
passer. On n’a pas le déroulement de la
célébration comme dans le « Prions en Église ».
Quelquefois, on lit un texte supplémentaire,
quelquefois on va lire à la fin de la célébration
la lettre de saint Jean, des choses comme ça. Pour
que ce ne soit pas monotone et que ça ait du sens.
La communauté accorde beaucoup d’importance aux
enfants. On avait des équipes de liturgie pour
enfants. Actuellement, comme la catéchèse est
remise aux paroisses, les enfants se réunissent
pendant que les parents ont leur célébration, mais
les rejoignent au moment de la liturgie
eucharistique, après l’homélie, parce que
justement ils font partie de la communauté. En
arrivant ils nous expliquent ce qu’ils ont fait.
La communauté se soucie de la fraternité. On
accorde de l’importance à l’accueil. Il y a une
garderie; un café est servi après la célébration
dans l’église même; une fois par mois, il y a un
lunch communautaire autour d’une question ou d’une
autre. Il y a un petit bulletin trimestriel,
Étapes, et une feuille de liaison qui donne
tous les quinze jours des nouvelles de la
communauté. Plusieurs groupes aussi réfléchissent
à l’approfondissement du sens de l’existence
chrétienne, groupe biblique, groupe de rencontres
de prière, groupe de partage de la foi, etc. La
préparation sacramentelle des enfants est assurée
par des membres de la communauté, des parents,
entourés quelquefois d’agents de pastorale ou de
personnes qui ont quand même une formation, en
préparation sacramentelle des enfants. Autour des
enfants, ce sont aussi des membres de la
communauté qui s’en occupent.
La dimension d’engagement : étant
extra-territoriale, la communauté n’a pas vraiment
elle-même une action d’engagement. On a reçu des
réfugiés à un moment donné. On est assez en lien
avec des groupements dans Notre-Dame-des-Neiges…
Mais on essaie de soutenir tous les engagements
des membres qui viennent se ressourcer : il y en a
qui sont dans Amnistie internationale, ATD-Quart
monde, Chrétiens pour la paix, etc.
Voilà pour le vécu communautaire. Ce qui nous
pose problème, c’est l’engagement des laïcs,
je parlerais plus d’engagement des laïcs que de la
place des femmes. La place des laïcs, c’est aussi
un gros problème, nous essayons de faire en sorte
que les laïcs aient vraiment leur mot à dire.
Toute la question des jeunes aussi : jusqu’à leur
confirmation, ils viennent quand même assez
régulièrement. On a un petit groupe d’adolescents,
une dizaine, mais après on ne les voit plus. Alors
comment garder… non pas les jeunes dans l’Église !
Mais comment faire en sorte qu’ils se sentent
interpellés par le message. Mais la principale
souffrance, c’est l’éloignement que l’on sent de
l’Église institutionnelle par rapport au message
fondateur, le message du Christ, qui était
essentiellement un message de libération, d’amour,
et ça, on a presque l’impression que ça
s’empoussière, et que la libération, ce n’est pas
pour tout de suite. C’est un message qui se perd
ou semble se perdre.
Et l’espérance, pour nous, c’est de voir
que tous ces chrétiens de la base se mobilisent et
essaient de retrouver ce sens premier de la vie
chrétienne, du message du Christ. Voilà, merci.
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