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Lors
de la journée Nous
sommes l'Église du 15 novembre 1997 à Montréal,
l'animation a débuté par une activité de
rassemblement et de partage autour de quatre lieux
symboliques mentionnés dans les écrits bibliques1.
Bien entendu, ces quatre lieux ne sont
pas les seuls symboles dans la Bible, mais ceux-là
ont été choisis parce qu'ils représentent bien
la majorité des symboles «spatiaux» que
l'on retrouve dans les écrits bibliques. Après
avoir abordé la question du symbolisme biblique,
de sa valeur et de sa portée réelle, il sera
question des multiples caractéristiques qu'on
peut attribuer à chacun des lieux symboliques de
la Bible. On trouvera à la fin une courte
bibliographie qui pourrait permettre de poursuivre
la démarche.
Le
symbolisme :
réalité ou fiction
Comme
étudiant en théologie, j'assiste à plusieurs
cours en études bibliques. À chaque session, de
nouveaux étudiants assistent à leur premier
cours de Bible. Très souvent, on est témoin de
scènes de déchirement quand ces personnes s'aperçoivent
que ce qui est écrit dans la Bible n'est pas
toujours historique, mais plutôt symbolique.
Quelle déception pour eux: «Ah, ce n'est qu'un
symbole!» Cette expression démontre bien qu'on
attribue peu d'importance au symbolisme puisque,
dit-on, il ne représente pas la réalité. Mais
est-ce vrai?
Le
symbolisme est-il si
loin de la réalité? Dans notre monde
hautement scientifique, nous avons tendance à ne
considérer important que ce qui est factuel et
historiquement vérifiable. Ainsi, il n'y aurait
pas de place pour de «vagues allusions»
qui ne sont pas scientifiquement fondées. Or, se
peut-il que des faits puissent être véritables
alors qu'ils ne sont pas vérifiables? Si on vous
demande de soutenir l'affirmation que vous aimez
votre conjoint, vos parents ou enfants serait-il
possible de prouver hors de tout doute que cela
est bien réel? Et pourtant le sentiment exprimé
est bel et bien réel.
Nous
pouvons en dire autant des expériences de foi des
premiers chrétiens, ceux-là même qui se sont
unis pour exprimer à l'intérieur dans les écrits
du Nouveau Testament leur vécu de foi, leurs
aspirations et leur attente du retour du Christ
par des images, des symboles et des allusions au
contenu culturel et religieux de leur temps. Il en
est ainsi pour nous car, sans la symbolique, nous
n'arriverions pas à exprimer le contenu de notre
foi puisqu'il ne relève pas du domaine
historique, sauf pour ce qui est de l'historicité
de la personne de Jésus de Nazareth, fils du
charpentier.
Ainsi
donc, les symboles et les images de la Bible ne
sont pas neutres ou tout au plus esthétiques,
mais ils sont essentiels, porteurs d'un contenu
quasi inépuisable qui ne pourrait être exprimé
autrement.
Après
avoir abordé la question du symbolisme biblique
et de sa valeur réelle comme moyen de communiquer
une réalité qu'on ne peut exprimer autrement, il
faut considérer quatre lieux symboliques et leur
utilisation comme définisseurs d'un type de
cheminement spirituel et, par le fait même, de
différents types de personnalités qui y sont
reliés.
LA
MONTAGNE
Moïse
faisait paître le troupeau de son beau-père
Jéthro, prêtre de Madiân. Il mena le troupeau
au-delà
du désert et parvint à la montagne de Dieu à
l’Horeb. L'ange du Seigneur lui apparut dans une
flamme de feu, du milieu du buisson. Il regarda :
le buisson était en feu et le buisson n'était
pas dévoré. Moise dit : «Je vais faire un détour
pour voir cette grande vision : pourquoi le
buisson ne brûle-t-il
pas?» Le Seigneur vit qu'il avait fait un détour pour voir, et Dieu l'appela du milieu du buisson : «Moïse!,
Moïse!» II dit : «Me voici!» Il dit : «N'approche
pas d'ici! Retire tes sandales de tes pieds, car
le lieu où tu te tiens est une terre sainte.» II
dit : «Je suis le Dieu de ton père, Dieu
d'Abraham, Dieu d'Isaac, Dieu de Jacob.» Moïse
se voila la face, car il craignait de regarder
Dieu. (Ex 3,1-6)2
Dans
cet extrait de l'Exode, la montagne est le lieu de
prédestination pour rencontrer Dieu lui-même.
La montagne était souvent utilisée comme le lieu
où Dieu rejoignait les êtres humains, là où
Dieu «trônait». Ce lieu était le point géographique
terrestre le plus rapproché des cieux : là où résidait
Dieu.
Dans
l'Ancien Testament, la montagne représente le
lieu d'où Dieu appelle, le lieu où il donne sa
Loi et scelle son Alliance. C'est souvent là
qu'on pouvait entendre sa Parole. Dans le Nouveau
Testament, la montagne représente le lieu de la
prière et de l'affirmation de la gloire de Dieu
et de Jésus (Transfiguration). De plus, ce lieu
est aussi un lieu d'enseignement et de culte ou
d'adoration. Bref, on peut affirmer que ce lieu
représente la proximité du «Dieu Tout-Puissant»
qui se manifeste à son peuple en le guidant.
Caractéristiques
identitaires de la montagne
La
personne qui s'identifie3
à cette
symbolique se reconnaît comme suit:
SPIRITUALITÉ
: Principalement marquée par une spiritualité de
la montée, de l'éblouissement et de l'adoration.
DIEU
: Dieu est le grand, le souverain, celui qui est
Autre, celui d'en-haut.
JÉSUS
: Celui qui donne sa Loi sur la montagne, qui
envoie les siens en mission, le fort et le
puissant.
ROYAUME
: Le Royaume de Dieu, c'est le peuple rassemblé
sur la montagne qui écoute et louange Dieu.
ÉGLISE
: C'est le peuple debout, ceux et celles qui sont
les témoins du Tout-Puissant.
APPEL
: La personne se sent souvent appelée à sortir
de la foule pour rencontrer Dieu et l'écouter.
Elle se reçoit comme un don de Dieu.
DÉFIS
: Il est souvent difficile d'escalader une
montagne, quelquefois on a peur de découvrir ce
qui est là-haut, mais une fois rendu, on y
est bien. Empressons-nous de redescendre pour le
partager avec les autres.
QUELQUES
TÉMOINS : L'évangile de Matthieu, Jean de la
Croix, Thérèse d'Avila ...
LA
ROUTE
Comme
ils étaient en route, quelqu'un dit à Jésus en
chemin : «Je te suivrai partout où tu iras.» Jésus
lui dit : «Les renards ont des terriers et
les oiseaux du ciel des nids ; le Fils de l'homme
, lui, n'a pas où poser la tête.» Il dit à un
autre : «Suis-moi.»
Celui-ci
répondit : «Permets-moi
d'aller d'abord enterrer mon père.» Mais Jésus
lui dit : «Laisse les morts enterrer les morts,
renais toi, va annoncer le Règne de Dieu.» Un
autre encore lui dit : «Je vais te suivre,
Seigneur ;mais d'abord permets-moi
de faire mes adieux à ceux de ma maison.» Jésus
lui dit : «Quiconque met la main à la charrue,
puis regarde en arrière, n'est pas fait
pour le royaume de Dieu. (Lc 9,57-62)
Comme
on le voit aisément dans cet extrait, la route
représente un lieu où la rencontre est fréquente
et parfois dérangeante.
Dans
l'Ancien Testament cette image est largement
utilisée ; dans chacun des livres, on retrouve
des déplacements qui très souvent sont commandés
par Dieu lui-même. Ainsi on regarde Abram, Moïse
et bien d'autres quitter leur «port
d'attache» pour suivre un chemin que Dieu
leur a tracé et qu'il est le seul à connaître.
Dans le Nouveau Testament, la route représente le
lieu de la guérison, de la prédication et des
disciples qui suivent Jésus. Bref, c'est le lieu
où l'on est appelé à tout laisser pour suivre
la voie du Seigneur.
Caractéristiques
identitaires de la route
La
personne qui s'identifie à cette symbolique se
reconnaît comme suit:
SPIRITUALITÉ
: Spiritualité du cheminement à la suite de Jésus,
marquée par l'importance accordée à la
disponibilité, l'itinérance (partir sans prévoir
Lc 9,2-3) et l'espérance.
DIEU
: Pour cette personne, Dieu est le compagnon,
celui qui marche avec son peuple et le guide,
celui qui dérange nos habitudes.
JÉSUS
: Il est le prédicateur itinérant, le compagnon
des disciples d'Emmaüs, le Maître à suivre.
ROYAUME
: Le Royaume c'est la «Terre Promise»
qui est devant nous, l'Avenir qui nous précède,
la Maison du Père qui est en avant de nous.
ÉGLISE
: C'est le peuple en marche qui annonce la Bonne
Nouvelle à la suite de Jésus.
APPEL
: Cette personne se sent souvent appelée à
toujours être prête et capable de partir en se désinstallant
du confort habituel.
DÉFIS
: Marcher sur la route sans savoir où ça nous amènera
ça fait peur; on a souvent le goût de s'arrêter
parce qu'on est fatigué. Il faut garder courage
et ne jamais perdre de vue l'horizon.
QUELQUES
TÉMOINS: L'évangile de Luc, Paul, Marguerite
Bourgeoys, etc.
LE
DÉSERT
Je
les fis sortir
du pays d'Égypte et je les menai au désert. Je
leur donnai mes lois et leur fis connaître mes
coutumes, qui font vivre l'homme qui les pratique.
Je leur donnai aussi mes sabbats pour être un
signe entre moi et eux, pour que l'on sache que
c'est moi, le Seigneur, qui les consacre. Mais la
maison d'Israël se révolta contre moi dans le désert
; ils ne marchèrent pas selon mes lois, ils rejetèrent
mes coutumes qui font vivre l'homme qui les
pratique. Ils profanèrent constamment mes
sabbats. Je dis alors : Je déverserai ma fureur
sur eux, dans le désert, pour les exterminer .
... Mais mon oeil eut compassion d'eux, je ne
voulus pas les détruire ; je ne les exterminai
pas dans le désert. (Éz 20,
10-13.17)
Le
désert était un lieu aride et vide où presque
rien ne peut pousser. Ce lieu hostile où les bêtes
affluent était bien connu et redouté des Hébreux
puisqu'il représentait, au même titre que la
mer, le lieu par excellence du mal, des bêtes et
des démons. Si l'on se retrouvait là, on ne
pouvait pas trouver âme qui vive en permanence ;
c'est pourquoi le désert représente aussi la
solitude.
Dans
l'Ancien Testament, le désert est souvent utilisé
comme image purificatrice : le peuple qui s'était
rebellé contre Dieu et qui pour cette raison
errait dans le désert pour être purifié de sa
faute (Exode). De plus, c'est le lieu de la
bienveillance de Dieu puisqu'en ce lieu, le peuple
(Exode) comme les prophètes (Élie, etc.), bénéficient
de la protection mais aussi de la nourriture que
Dieu fournit. C'est aussi le lieu de l'amour et de
la miséricorde de Dieu. Dans le Nouveau
Testament, ces caractéristiques se retrouvent
aussi présentes et quelques-unes sont privilégiées
en les associant à Jésus (triple tentation de Jésus
au désert). En bref, ce lieu est l'endroit où le
mal est concentré, mais aussi et surtout,
l'endroit où Dieu se manifeste pleinement par son
amour et sa miséricorde qui purifie les cœurs
blessés.
Caractéristiques
identitaires du désert
La
personne qui s'identifie à cette symbolique se
reconnaît comme suit:
SPIRITUALITÉ
: Ici on découvre une spiritualité du dépouillement,
de l'intériorité à travers l'épreuve. C'est
Dieu qui nous façonne tranquillement.
DIEU
: Dieu est perçu à la fois comme l'absent et le
présent au plus intime de soi. De plus, il est
celui qui nous aime passionnément, nous purifie
et fait alliance avec nous.
JÉSUS
: Jésus est celui qui lutte contre le mal, qui
est tenté mais ne tombe pas. Celui qui vit en
intimité avec son Père.
ROYAUME
: Pour la personne s'identifiant au désert, le
Royaume c'est le jardin, l'oasis, l'Éden retrouvé,
l'amour intime.
ÉGLISE
: L'Église prend la forme du peuple qui lutte
contre les idoles, le petit reste de l'exil, ceux
qui vivent un amour profond avec Dieu.
APPEL
: Cette personne est appelée à épurer sa foi en
refusant les multiples idoles et en vivant les
combats qui forment de l'intérieur.
DÉFIS
: Quand on vit une épreuve, on est tiraillé
entre deux possibilités, cela fait souvent mal et
on aimerait bien s'épargner ces moments de choix
et de croissance personnelle. Il serait tellement
agréable de choisir l'issue facile, d'obtenir
tout tout de suite. Patience, les meilleures voies
ne sont pas toujours les plus simples.
QUELQUES
TÉMOINS : L'évangile de Marc, Charles de Foucault, Simone Weil, etc.
LA
MAISON
Les deux anges arrivèrent le soir à Sodome alors que Loth était assis
à la porte de Sodome. Il les vit, se leva pour
aller à leur rencontre et se prosterna face
contre terre. Il dit : « De grâce, mes
seigneurs, faites un détour par la maison de
votre serviteur, passez-y la nuit, lavez-vous les pieds et de bon matin vous irez votre chemin. »
Mais ils lui répondirent : « Non! Nous
passerons la nuit sur la place. » Il les
pressa tant qu'ils firent un détour chez lui et
arrivèrent à sa maison. Il leur prépara un
repas, fit cuire des pains sans levain et ils mangèrent.
(Gn 19,1‑3)
Et j’entendis, venant du trône, une voix forte qui disait : « Voici
la demeure de Dieu avec les hommes. Il demeurera
avec eux. Ils seront ses peuples et lui sera le
Dieu qui est avec eux." (Ap
21,3)
Un
des lieux symboliques qui nous est le plus
familier puisqu'il est utilisé d'une couverture
à l'autre de la Bible est celui de la maison; il
représente bien l'image qu'on veut habituellement
donner du Royaume de Dieu, un grand festin, un
temps de réjouissance dans Ia maison du Père,
mais aussi un temps précieux de proximité quasi
maternelle. De fait, c'est dans cette optique
qu'on aborde le plus souvent la maternité de
Dieu, qui est «sein»4
pour
son peuple.
Dans
l'Ancien Testament, l'image de la maison est
utilisée pour représenter la famille, le peuple
de Dieu rassemblé. Ce sont aussi les gestes
relationnels qui sont exprimés hospitalité,
guérison, repos, relation spéciale avec Dieu, célébration
et prospérité. Cette dernière est compréhensible
du fait que les Hébreux étaient relativement
nomades et ainsi, on ne pouvait s'établir à un
endroit à moins d'être prospère et riche. Dans
le Nouveau Testament, la maison représente
davantage le lieu de la rencontre avec les exclus.
On rapporte souvent Jésus entrant dans une maison
pour prendre un repas avec des pécheurs. C'est
aussi un lieu où l'on enseigne, où l'on partage,
où l'on sert et où l'on est servi, mais en plus,
c'est le lieu où Jésus s'offre aux siens comme
pain et présence de Dieu. Dans les autres écrits
(Actes des Apôtres + Épîtres pauliniennes), on
présente la maison comme lieu de rassemblement de
la communauté qui est Temple de Dieu. En bref,
cette image nous bien connue puisque c'est
probablement l'image qui a été la plus exploitée
par l'Église catholique depuis ses origines.
Caractéristiques
identitaires de la maison
La
personne qui s'identifie à cette symbolique se
reconnaît comme suit:
SPIRITUALITÉ
: On attache beaucoup d'importance à
l'accueil, au partage, au service, à la fraternité
et à la charité comme cheminement spirituel
individuel.
DIEU
: Dieu est présenté comme celui qui nous
invite à table pour festoyer. C'est aussi celui
qui demeure avec nous, qui est proche comme une mère
auprès de ses enfants.
JÉSUS : Jésus est celui qui sert à table, qui mange avec ses disciples
et même avec les pauvres. II est le pain de vie.
ROYAUME : Le Royaume n'est autre que la grande fête, le festin auquel nous
sommes invités.
Yves
Roy
31
janvier 1998
1. Le présent document ainsi que l'activité
à laquelle je fais référence ont été
inspirés du cours et des documents proposés par
Daniel Cadrin, o.p.:
Rencontrer le Dieu vivant : lieux symboliques et
spiritualité dans la Bible,
à l'Institut de Pastorale de Montréal.
2. Extrait
tiré de la Traduction Oecuménique de la Bible
(TOB) 1977.
3. Il
ne s'agit pas de définisseurs identitaires
absolus puisque la densité humaine est bien plus
nuancée et ne peut se définir par quatre types
de personnalités. Toutefois, nous pouvons nous
reconnaître très souvent dans deux lieux
symboliques : l'un dominant et l'autre secondaire.
4. Dans le texte hébreu on utilise le terme
"sein" pour exprimer la maternité de
Dieu : le fait qu'il est la nourricière de son
peuple, celle qui protège et pourvoit aux besoins
de ses enfants. De plus, cela exprime aussi un
type d'amour unique entre la mère et ses enfants
qui n'est pas le même que l'amour paternel de
Dieu pour son peuple.
POUR
ALLER PLUS LOIN
Outils
bibliques
COCAGNAC,
Maurice, Les symboles bibliques: Lexique théologique,
Paris, Cerf, 1993.
GIRARD, Marc,
Les symboles dans la Bible,
Montréal/Paris, Bellarmin/Cerf, Recherches Nouv.
Série 26, 1991.
Livres
COCAGNAC,
Maurice, La parole et son miroir. Les symboles
bibliques, Paris, Cerf, Lire la Bible 102,
1994.
DILLISTONE,
F.W., The Power of Symbols in Religion and
Culture, New York, Crossroad, 1986.
MONLOUBOU,
Louis, L'imaginaire des psalmistes : Psaumes et
symboles, Paris, Cerf, Lectio Divina 101,
1980.
MORA,
Vincent, La symbolique de la création dans l'évangile
de Matthieu, Paris, Cerf, Lectio Divina 144,
1991.
Revues
FOSSION,
André, «L'initiation au symbolisme en catéchèse:
une perspective communicationnelle», Lumen
Vitae, vol. 49 no 4, déc. 1994, p.383‑400.
DOSSIERS
DE LA BIBLE. Il existe une multitude d'excellents
documents publiés dans cette revue qui peuvent
enrichir ce que nous avons élaborés dans ce
dossier.
ITO,
Agnès Yoshié, «Les sept montagnes de Jésus
dans saint Matthieu», Lumen Vitae vol. 49 no 4,
p.413‑423
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