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Bilan-évaluation 

Le 25 septembre dernier, le conseil d’administration a tenu un conseil élargi auquel il a convoqué des personnes engagées dans le Réseau Culture et Foi depuis les dé­buts. L’objectif de cet exercice était de faire un bilan-évaluation, ombres et lumières, de ses cinq années d’existence. Au terme de cette rencontre, Sophie Tremblay et Hélène Chénier ont présenté chacune un rapport dont nous résumons les principaux points.

Entre continuité et rupture 

Dans la pyramide des âges, une poignée seulement des membres du Réseau Culture et foi a moins de 50 ans, ce qui con­ditionne l’approche des problèmes contempo­rains de la foi et de l’Église. Les membres du Réseau souhaitent affirmer publiquement qu’ils sont eux aussi l’Église et qu’on peut être croyant sans abdiquer son sens critique. Vatican II évoque pour eux l’ouverture au monde moderne, l’importance nouvelle accordée aux laïcs dans une Église plus communionnelle que hiérarchique, la conversion et la réforme au cœur même de l’institution, ainsi qu’une plus grande liberté de pensée et d’expression dans l’Église.   

C’est à titre de baptisés et de croyants que les membres se mobilisent. Dans leur relation avec l’Église, les aînés ont vécu autant sur le mode de la rupture que sur celui de la continuité. Pour eux, la continuité n’est possible qu’à condition de réinvestir la rupture de manière active, engagée, créatrice. Les mem­bres des autres générations partagent cette manière de se positionner qui cimente l’esprit du Réseau.   

De plus, les membres du Réseau tentent de jeter des ponts entre leur expérience séculière et leur expérience religieuse. Ils se deman­dent comment traduire en langage séculier les éléments les plus riches du langage religieux. Le point de départ de l’interrogation se situe d’emblée du côté de l’héritage religieux et non du monde séculier, ce qui explique en partie pourquoi peu de jeunes, qui se situent en extériorité par rapport à l’Église, se sentent concernés par les objectifs du Réseau. Les membres cherchent également à tirer profit de leurs découvertes séculières les plus libérantes en les intégrant dans leur démarche religieuse. L’intégration entre les deux se réalise lentement et laborieusement, puisque les découvertes séculières ont pris racine dans la rupture avec l’héritage religieux. Le Réseau est le théâtre d’une quête intense, la quête de paroles neuves enracinées profon­dément dans la vie quotidienne et dans la vivacité de l’évangile.

Sophie Tremblay

 

Les membres du Réseau présentent trois profils : des personnes en besoin de réflexion pour mieux comprendre leur foi ou en quête de sens pour leur vie; des personnes soucieuses de se solidariser pour modifier certaines mœurs de l’Église afin de mieux vivre le message de l’évangile; des person­nes en quête de réévangélisation et de support. Les premières ont besoin d’alimentation spirituelle, d’échanges critiques, de réponses à leurs interrogations. D’autres, anciens dis­tants restés attachés à l’essentiel de l’héritage chrétien, sont porteurs d’une vision de foi neuve et réconciliée avec la culture.  

Les activités qui ont répondu aux besoins sont les débats, conférences et échanges visant l’information, la réflexion, la confrontation de visions; le bulletin d’information pour stimuler l’engagement et la circulation des idées et initiatives; les interventions auprès de la CECC sur la pénurie de prêtres; l’intervention sur les suites du synode dans le diocèse de Montréal; la demande d’une approche plus évangélique des divorcés remariés; la publication d’un guide d’animation de groupes pour organiser le réseau, doté de statuts et règlements, émetteur de reçus pour fins d’impôt; la recherche de financement et de recrutement partout au Québec; l’organisation de célébrations significatives lors des rassemblements annuels et des moments de ressourcement et d’action de grâce.

Programme proposé 
  
Pour répondre aux besoins identifiés, il faut : 

1 - Continuer à proposer des thèmes de réflexion et de débats pour l’éducation et l’approfondissement de la foi et pour faciliter la formation de petites équipes;

2 - accentuer une réflexion systématique sur l’inculturation, base d’une nouvelle évangélisation, qui est la raison d’être du réseau. Jean Bacon pourrait être la principale ressource; 

3 - pour l’éducation et l’engagement mis­sionnaire, on pourrait former une coalition avec des groupes progressistes partageant le désir d’inculturer la foi, et se solidariser pour appuyer des initiatives civiles et religieuses comme la marche des femmes, la mise en œuvre des décisions synodales, la déconfessionnalisation du statut de l’école.   

Cette coalition viserait à faciliter la connais­sance et la reconnaissance de ces groupes et de leur programme d’activités; à solidariser ces groupes et à promouvoir information, appuis et support réciproques pour une meilleure efficacité et publicité.

Ce programme devrait être plus élaboré, ses objectifs être précisés, et ses moyens soumis à la réaction d’un plus grand nombre et au réalisme du financement et des disponibilités.   

Hélène Chénier

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