Bienvenue au site web du Réseau Culture et Foi

 

 
 

Quoi de neuf ?

Nouvelles d'Églises
Textes libérateurs
Textes critiques
Convocations
Nos activités
Nos coups de cœur 
    œuvres d'art
    sites
    livres
Nos liens
Qui sommes-nous ?
Écrivez-nous
Devenir Membre
 
 

 
 
Juin 2011
Décembre 2010
Août 2010
Juin 2009
Décembre 2008
Juin 2008
Février 2008
Archives
 

 
   
  Réseau Culture et Foi :
Groupe Outaouais-des
Deux-Rives
 
André Naud (1925-2002)
   
  Bilans d'un pontificat /
Rêves pour le
nouveau pontificat
   
  Benoît  XVI
   
  Communautés chrétiennes

 

 

 

Dominus Jesus
   
  Eucharistie
   
  Guy Paiement
   
  Hélène Chénier

 

 

  Homélies de Raymond Gravel
   
  Jean-Paul Lefebvre
   

 

La guerre comme 
riposte aux attentats 
du 11 sept.2001. 
Un temps de réflexion !

 

 

 

L'archevêque de Québec, le cardinal Marc Ouellet, contesté

 

 

 

Mourir dans la dignité

 

 

 

Ordination des femmes

 

 

 

Pour du changement
dans l'Église

   
  Témoins d'une naissance 
   
  Théologie de la libération

 

 

 

Synodes 2001: 
le rôle de l'évêque. 
Synode parallèle

 

 

 

Vatican II

   

 

Violences sexuelles 
faites à des religieuses
 par des prêtres

   

 

Vivre l'homosexualité en 
Église

   
 
  
 
 
 
 
 

Manifeste sur la
pénurie de prêtres

   
Autres interventions
   
Interventions parallèles

 

 

 

 

 

Livres du mois

 

JUILLET – AOÛT  2005
 

La Bible. Ancien et Nouveau Testament à travers deux cents chefs-d’œuvre de la peinture. Introductions de Régis Debray. Choix des sujets, récits et légendes par François Lebrette. Paris, Presses de la Renaissance, 2004.
 

Voici un beau livre de vacances, une somptueuse Bible en images qu’on ne se lassera pas d’explorer, de contempler. Elle ne reproduit pas le texte biblique. Ce serait un tout autre projet. On s’est restreint à quelques paragraphes vis-à-vis chaque image, sur la page de gauche, qui rappellent  brièvement le récit biblique dont s’inspire l’artiste et commentent les particularités de l’iconographie. C’est court, mais très pertinent.

Autre choix, aucune présentation des artistes, des écoles, du contexte historique… et pourtant ils sont variés ces contextes, elles sont nombreuses ces écoles,  puisqu’on nous promène de siècle en siècle (surtout du 15e au 19e), de pays en pays, dans la peinture occidentale. Le va-et-vient est constant et les sauts esthétiques sont plutôt brusques d’une œuvre à l’autre… On laisse à chacun le soin de poursuivre les interrogations, les comparaisons que sa culture lui suggère…

L’accent est totalement placé sur l’image offerte à la contemplation, comme si elle était auto-suffisante dès qu’on nous en explique le thème. Et dans l’ensemble, elles sont belles, ces images – deux cents, une centaine pour chacun des deux Testaments – puisqu’on a eu recours au fonds d’agences photographiques très professionnelles comme  AKG, de photographes comme Érich Lessing, le merveilleux collaborateur du site Louvre-éducation…

Évidemment certaines œuvres sont bien connues – de Titien, de Véronèse, de Raphaël, de Poussin –  mais je suis émerveillé par le souci qu’on a eu de présenter de nombreuses œuvres beaucoup moins accessibles, puisées dans des musées municipaux, dans des églises modestes, et qui se révèlent de magnifiques découvertes.

Lorsque les œuvres reproduites sont de grande dimension, il est difficile de communier à la sensibilité picturale de l’artiste, ce que nous recherchons tellement aujourd’hui. Mais heureusement plusieurs sont de dimensions restreintes ou bien, pour d’autres, on ne nous en présente qu’un détail. Alors le contact s’établit avec une telle force, qu’on ne se lasse pas d’y revenir.

Les férus d’histoire de l’art auraient sans doute aimé qu’on ajoute quelques précisions techniques, comme les dimensions de l’original, le médium utilisé… Et, plus grave, qu’on ne découpe pas plus ou moins arbitrairement les œuvres, sauf pour en offrir des détails qu’on signale comme tels. Sans doute répondra-t-on que ces férus ne sont pas le public visé, qu’on voulait accroître l’impact de certaines œuvres… mais…

L’originalité de ce livre repose en outre sur les deux textes de Régis Debray qui introduisent d’abord à l’Ancien Testament, puis au Nouveau. Dès les premières lignes, il développe l’étrange paradoxe : comment se fait-il que le Livre tellement soucieux de l’ineffable transcendance de Dieu, tellement vigilant contre l’idolâtrie qu’il prohibe sévèrement toute fabrication d’images, soit devenu un trésor d’images, en particulier dans le monde chrétien?

Si pour le judaïsme, le recours plus ou moins inévitable à l’image était toujours une sorte de transgression, comme dans l’islam, le rapport des chrétiens à l’image sera tout autre. Mais il a fallu traverser la querelle iconoclaste pour que la théologie chrétienne de l’image apparaisse. Elle s’enracine tout entière dans la thèse centrale de l’Incarnation, la Parole de Dieu qui se fait chair. Du même coup et la chair, et la représentation de la chair deviennent le sacrement, le lieu de présence et d’action du Transcendant.

Au fil des siècles, l’Église découvrira d’autres aspects du pouvoir de l’image : sa valeur pédagogique pour enseigner les foules dès le Moyen-Âge et même sa force politique, sa puissance de ralliement par son impact émotif. Peu à peu Régis Debray ouvre des pistes sur le désenchantement progressif de l’image, parallèle au désenchantement du monde, qui se développe à partir de la Renaissance et qui mène à ce qu’on pourrait appeler la tyrannie du visuel, telle que nous la vivons aujourd’hui.

En bref un beau livre qui répond aux attentes que fait naître l’impressionnante jaquette, où se découpe, très coloré sur fond noir, le groupe des apôtres autour de Jésus qui remet les clefs du Royaume à Pierre (par le Maître de la légende du saint prieur).

 

Claude Giasson

 

 

[ RETOUR ]

 

 

 © 2000-2004 - Le réseau Culture et Foi - culture_et_foi@videotron.ca