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AVRIL 2001

Henri Bourgeois, Le rôle des évêques. Réalités et possibilités. Desclée de Brouwer. 1994.

(En référence au synode des évêques à  Rome  en octobre 2001, le Réseau Culture et Foi a demandé à Claude Michaud, de la section d'Ottawa-Hull ses réactions à ce livre d’Henri Bourgeois)

Lecture agréable. Dans l'ensemble, peu de neuf. L'auteur souligne le style de vie plus simple des évêques, davantage près de leurs prêtres et des laïques. Il souligne le fait que les évêques actuels sont sensibles aux grands courants de la démocratisation des rapports humains, ce qui veut dire qu’ils sont davantage à l'écoute des chrétiens, et intéressés au dialogue avec eux.

L'auteur traite de l'évangélisation, première tâche de l'évêque, avec finesse. « C'est par l'évangélisation que l'Église naît. » (p. 49). Il rappelle  que « l'évêque, selon Vatican II, est donc un évangélisateur plus qu'un administrateur». L'insistance qu'il met sur l'esprit des béatitudes face à la puissance réductrice de l'âme de la société de consommation apporte un souffle d'air frais (p. 90-92). Les évêques ont du pain sur la planche.

Malheureusement, l'auteur n'aborde pas la question  de la perte de crédibilité de l'Église dont l'enseignement ou les formules doctrinales sont devenues inaudibles par nos contemporains. Il n'explicite pas non plus, dans la poursuite de leur rôle d'évangélisateur, le défi que les évêques ont à relever en vue de donner priorité à l'esprit de l'évangile sur les positions d'une institution paralysée par ses constructions théologiques d'un autre âge.

L'auteur insiste sur la prise de conscience que les évêques sont en train de prendre touchant en particulier le sacrement de confirmation, en tant que sacrement de la maturité chrétienne. Citant Mgr Pontier, il soutient que l'« on ne devrait pas le célébrer avant l'adolescence ou la jeunesse » (p. 96). Il faudrait aussi inviter les adultes qui  ne l'ont pas reçu, à le recevoir. « Je plaide dit encore Mgr Pontier, pour que soit proposé ce sacrement aux fiancés, aux parents qui présentent leur enfant au baptême ou
au catéchisme, et bien au-delà ».(p.95).

Touchant la raréfaction des prêtres, et la responsabilité des évêques face à la situation alarmante qui se développe, l'auteur se montre réaliste. Il croit que les évêques sont anxieux de prévoir des aménagements, même s'ils ne sont que provisoires. Cela implique « que l'on prépare l'opinion commune, celle des chrétiens pratiquants notamment, à ce qui sera » (p.109). Ayant
souligné que « la diminution du nombre des prêtres pourrait bien être un appel positif à modifier l'image du prêtre et à élargir la compétence des baptisés », il se révèle des plus réservé. Rien, en effet, sur la question délicate de la discipline ecclésiastique en vigueur touchant le célibat obligatoire. Rien non plus sur l'ordination  des femmes. Langage trop compromettant sans doute. Il note toutefois que la situation nouvelle pourra « peser sur la théologie du ministère sacer«dotal telle qu'elle est formulée en Occident » (p.111).

Pour tout dire, dans ce livre, rien de menaçant pour le pouvoir central touchant la pénurie du clergé en Occident, l'urgence de recomposition du discours chrétien, et le fonctionnement de l'Église dans son ensemble. Sa référence au principe de subsidiarité est nettement insuffisante. Il cite Mgr Le Bourgeois : «Le principe de subsidiarité n'est certainement pas assez honoré dans l'église catholique, celle-ci est, à mon sens, beaucoup trop centralisée » (p.74). Mais il ne va pas plus loin.

Les évêques se rendront à Rome à l'automne sans avoir ameuté les grands régisseurs de l'institution.

Claude Michaud


NOTE DU RÉSEAU CULTURE ET FOI

Dans un courriel daté du 15 octobre 2011, Marie-Louise Gondal nous signale que la présente recension aurait été moins sévère, plus nuancée, si son auteur avait saisi le projet pastoral du livre: faire parler trois évêques sur leur rôle, sur des faits. De même s'il avait tenu compte de l'ensemble de l'œuvre d'Henri Bourgeois très novatrice sur le plan pastoral et très diversifiée...Si Claude Michaud était encore vivant, il aurait aimé engager ici un dialogue.

Le Réseau Culture et Foi est d'accord sur le rôle éminent d'Henri Bourgeois dans la pastorale contemporaine. Voilà pourquoi nous avons placé dans la section «Témoins pour notre temps» de nos liens le site des Amis d'Henri Bourgeois dès sa création. À visiter pour son grand choix de textes et sa bibliographie très complète.

Claude Giasson

 

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