Bienvenue au site web du Réseau Culture et Foi

 

 
 

Quoi de neuf ?

Nouvelles d'Églises
Textes libérateurs
Textes critiques
Convocations
Nos activités
Nos coups de cœur 
    œuvres d'art
    sites
    livres
Nos liens
Qui sommes-nous ?
Écrivez-nous
Devenir Membre
 
 

 
 
Juin 2011
Décembre 2010
Août 2010
Juin 2009
Décembre 2008
Juin 2008
Février 2008
Archives
 

 
   
  Réseau Culture et Foi :
Groupe Outaouais-des
Deux-Rives
 
André Naud (1925-2002)
   
  Bilans d'un pontificat /
Rêves pour le
nouveau pontificat
   
  Benoît  XVI
   
  Communautés chrétiennes

 

 

 

Dominus Jesus
   
  Eucharistie
   
  Guy Paiement
   
  Hélène Chénier

 

 

  Homélies de Raymond Gravel
   
  Jean-Paul Lefebvre
   

 

La guerre comme 
riposte aux attentats 
du 11 sept.2001. 
Un temps de réflexion !

 

 

 

L'archevêque de Québec, le cardinal Marc Ouellet, contesté

 

 

 

Mourir dans la dignité

 

 

 

Ordination des femmes

 

 

 

Pour du changement
dans l'Église

   
  Témoins d'une naissance 
   
  Théologie de la libération

 

 

 

Synodes 2001: 
le rôle de l'évêque. 
Synode parallèle

 

 

 

Vatican II

   

 

Violences sexuelles 
faites à des religieuses
 par des prêtres

   

 

Vivre l'homosexualité en 
Église

   
 
  
 
 
 
 
 

Manifeste sur la
pénurie de prêtres

   
Autres interventions
   
Interventions parallèles

 

 

 

 

 

Livres du mois

 

AVRIL 2004

Clément, Olivier, Mémoires d’espérance. Entretiens avec Jean-Claude Noyer. Paris, Desclée de Brouwer, 2003. 234 p.

Né dans un milieu athée et devenu chrétien à l’âge adulte, baptisé dans l’Église orthodoxe, Olivier Clément est un théologien des plus respecté en France pour son engagement dans le dialogue interreligieux et dans les relations œcuméniques entre les Églises d’Orient et d’Occident. Auteur d’une trentaine d’ouvrages, il livre ici dans une conversation avec le journaliste Jean-Claude Noyer son testament spirituel.

Le premier chapitre relate les circonstances de sa conversion et esquisse le portrait des personnages qui ont marqué sa quête de Dieu et son adhésion à la foi orthodoxe. Dans les quatre suivants, il fait part des interrogations que soulève dans l’esprit des croyants comme des incroyants l’expérience chrétienne du salut, en particulier à propos de l’identité du Christ, de l’interprétation de sa vie et de son message, du contenu de la foi nouvelle en Dieu par rapport aux prophéties de la Première Alliance.

Sont alors commentés l’épisode de la chute, l’intervention du Malin et des Puissances maléfiques qui divise les hommes appelés à la grande réconciliation du Royaume. À l’activité du Malin, il oppose celle du Dieu uni-trinitaire, Puissance d’amour, qui  s’abaisse (kénose du Créateur, ose affirmer l’auteur) et se rétracte dans l’Incarnation, fruit de sa Miséricorde que nous pouvons cueillir en brisant la spirale du mal dans la confiance, foi personnelle et transformante.

Loin de se présenter sous la figure mythique, la résurrection du Christ a ses témoins, poursuit-il, mais leur témoignage porte sur l’essentiel : la victoire de Jésus sur l’enfer et la mort et la Transfiguration de l’univers qu’il inaugure. Alors Jésus prend une autre forme : celle d’un Corps spirituel habité par l’Esprit, le Corps eucharistique de l’humanité et de l’univers, devenu Corps de Dieu à la seule condition que cette semence éternelle s’épanouisse en nous.

Entraîné par son interlocuteur, Olivier Clément aborde le sujet de l’Eucharistie, à la fois symbole et présence réelle. Au mot consubstantiation, il préfère substituer le mot Transfiguration du pain et du vin et éviter ainsi de donner une interprétation littérale à des éléments symboliques. Mais pour ce théologien qui est allé à l’école des Pères grecs, le réel est symbolique et le symbolique, réel.

Il se montre plus réservé face à l’Assomption de la Vierge, non attestée scripturairement, tout en admettant sa virginité. Quant à l’Église, le mot même a de nos jours une connotation négative tant en Orient qu’en Occident, alors que l’Évangile en fait un outil de communion, le gage de l’unité dans la diversité. Car les Églises font comme si les hommes d’aujourd’hui avaient une pré-compréhension du mystère du Christ et de l’Église et leur parlent surtout de morale et d’interdits. D’où leur manque de rayonnement et l’appauvrissement de leur discours : « Les Églises d’aujourd’hui apparaissent comme des sociétés banales et dérisoires. » (p.65) Leur avenir exige qu’elles répondent davantage à l’appel à vivre la sainteté dans de petites communautés chaleureuses pour combattre l’individualisme et la solitude.

Le chapitre troisième se présente comme un exercice de counselling spirituel puisqu’il touche une série de thèmes ancrés dans le vivre en société et les rapports avec les autres : amour, mariage, femme, jeunes, terre, qui impliquent tous le recours à la médiation et à la durée. Toute vie spirituelle s’alimente à ces médiations et à une durée qui n’est de plus de règle aujourd’hui.

Je passe rapidement sur les pages consacrées aux maîtres du soupçon que furent Freud, Nietzsche et Marx. Leur mérite est d’avoir osé remettre en question l’authenticité de nos discours. Leur pensée se doit d’être intégrée dans tout essai de renouveau du christianisme que préfigurent à ses yeux et sous certains aspects le patriarche Athénagoras et le pape Jean-Paul II.

Le chapitre quatrième est consacré au dialogue interreligieux et à la question œcuménique. Dans le premier cas, le chrétien ne peut que se persuader qu’au-delà des irréductibles différences doctrinales, les économies préparatoires à la Révélation chrétienne ne peuvent se limiter à l’Ancien Testament et à la tradition juive. Quant au rôle de la mission, il doit être redéfini, à la manière de Charles de Foucauld, dans ses traits essentiels : une présence, un témoignage, la célébration et le service des gens et non pas la tentative de conversion avant tout.

Évoquant ses rencontres et ses relations avec les juifs et les musulmans, Olivier Clément insiste sur la nécessité pour les chrétiens de ne pas considérer le judaïsme comme une religion disqualifiée par la venue du Christ, mais comme une tradition vivante où s’enracine le christianisme. L’islam représente à ses yeux une façon de vivre sa foi et de faire resplendir la transcendance de Dieu au-delà du fondamentalisme et des raidissements idéologiques pouvant momentanément l’affecter. D’autre part, le dialogue œcuménique, qui semble marquer le pas aujourd’hui, ne progressera qu’avec une nouvelle génération de responsables aptes à ouvrir la communion de leur Église aux fidèles d’une autre Église.

Finalement, le chapitre cinquième traite du thème de l’ascèse et de la prière dans le contexte de la tradition orthodoxe.

*****

Olivier Clément nous livre dans ces Mémoires d’espérance un témoignage de foi marqué par la Transfiguration. En réagissant aux préoccupations rationnelles de son interlocuteur, il permet au lecteur de voir que la théologie n’est pas une panacée et qu’elle n’a pas réponse à tout.

Cet ancien membre de la Résistance ne se fera pas d’amis dans certains milieux en affirmant à propos des valeurs enseignées aux jeunes : « Les valeurs dominantes aujourd’hui sont des valeurs de femmes et d’enfants et pas des valeurs de virilité. » (p.89)

La liberté de ton et d’expression qui caractérise ses propos devrait inspirer tous les théologiens. Plus encore, avec sa connaissance approfondie des écrits patristiques et de la croyance des « autrement croyants », il se fait l’interprète de beaucoup de croyants attristés et étonnés non seulement face aux divisions entre les chrétiens mais surtout  face à ces conflits causés par l’intolérance religieuse.

Raymond Légaré    

 

  [ RETOUR ]

 © 2000-2004 - Le réseau Culture et Foi - culture_et_foi@videotron.ca