Livres
du mois
DÉCEMBRE
2011
David Fines
et Norman Lévesque, Les pages vertes de la
Bible. Montréal, Novalis, 2011, 320 pages.
C’est un outil. Précieux et urgent. Qui devrait
rejoindre toutes les communautés chrétiennes
d’abord, celles qui se réunissent régulièrement
précisément pour lire et prier la Parole de
Dieu. Mais tous les fils et les filles du Livre,
peu importent leur tradition religieuse
particulière ou leur fréquentation ou non des
temples, synagogues, églises ou mosquées. Car la
Parole est largement commune. Et elle demeure, à
travers les âges. Mais les humains, eux, sont en
danger, plus que jamais, de n’avoir bientôt plus
de planète habitable s’ils ne décident pas enfin
d’en prendre soin.
Outil précieux. Parce qu’il accompagne l’année
liturgique en proposant, pour chaque dimanche
mais aussi pour toutes les grandes fêtes de
l’année, un texte biblique, tiré de l’Ancien ou
du Nouveau Testament, en accord avec la période
de l’année et qui suscite, nourrit et outille
notre préoccupation pour la Création et notre
engagement pour sa protection.
Outil urgent. Parce que le temps presse, en
matière écologique (changements climatiques,
remplacement des énergies fossiles, etc.). Mais
aussi parce que les Églises, malgré leur riche
héritage biblique, ont très longtemps tardé à
s’impliquer dans les gestes concrets à poser,
sans doute en raison d’une conception
spiritualiste et désincarnée de leur foi.
Celles-ci n’auront désormais plus d’excuses : le
travail a été « mâché » pour elles, par petites
portions et sur mesure. Une communauté
chrétienne, ou n’importe quel individu ou groupe
d’inspiration chrétienne, peut utiliser ce
livre, pas à pas, en commençant avec l’Avent
vers le début de décembre, et en cheminant
pendant une année complète accompagné par les
textes variés mais stimulants tirés de cette
véritable bibliothèque qu’est la Bible.
Les deux auteurs sont bien différents, par l’âge
comme par la famille chrétienne : David Fines
est un pasteur d’expérience dans l’Église unie,
tandis que Norman Lévesque est un jeune
catholique, formé d’abord en sciences et en
météorologie avant de s’intéresser à la
pastorale et à la théologie… de la Création. Ils
apportent donc un regard complémentaire sur des
textes qu’on a peu souvent lus dans cette
perspective.
Chacun des 74 chapitres (52 dimanches de
l’année, plus les grandes fêtes liturgiques hors
dimanche, mais aussi un certain nombre de
« journées internationales » consacrées par les
Nations Unies à des thèmes touchant la Terre,
l’écologie et la Création) suit le même schéma :
le texte biblique d’abord, avec sa référence,
suivi d’un commentaire de 2 ou 3 pages qui
traite à la fois de la dimension spirituelle et
écologique de celui-ci, y compris parfois
certaines données utiles pour mieux apprécier le
problème, et finalement une section
« objectifs » qui propose, pour chaque texte,
deux, trois ou quatre gestes concrets que
chacunE (ou chaque communauté) peut poser pour
être de meilleurs intendants de cette Terre qui
nous a été confiée.
L’éventail est large : il va du Noël vert (récit
de la Nativité) à la Terre promise (Exode à
l’occasion du Jour de la Terre, le 22 avril), en
passant par des vacances écolo (Psaume 24, en
juin), Moïse et l’eau polluée (encore l’Exode,
en août), servir Dieu ou l’Argent (Luc, en
septembre), ou la Création qui attend (Romains,
en novembre).
Quelqu’un (ou une communauté) qui cheminerait,
tout au long d’une année, en compagnie des
Pages vertes de la Bible en sortirait grandi
à plus d’un point de vue : au plan spirituel, il
aurait découvert et intégré des richesses peu
connues de sa propre tradition; au plan
personnel, il aurait gagné en sagesse, en
modération, en contemplation et en gratitude; au
plan écologique, il aurait grandement amélioré
ses comportements quotidiens et aussi bien la
planète que son propre porte-monnaie s’en
porteraient mieux.
Ce livre ne remplace en rien les nombreux
ouvrages que spirituels et théologiens ont déjà
consacrés à l’écologie ou à la Création. Mais il
en est un heureux complément et surtout, un
outil pratique à la portée de tous et toutes.
Pour cela, les deux auteurs méritent d’être
remerciés, mais surtout d’être lus et relus.
Dominique Boisvert
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