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NOVEMBRE  2012

Gérard Masson, L’ébranlement de l’universalisme occidental. Paris, L’Harmattan 2009. 122p.

Délaissant ses certitudes absolues et ses valeurs prétendument universelles, l’Occident a-t-il franchi le pas menant à la « sortie de la religion » dont Marcel Gauchet créditait le christianisme? L’A. préfère parler d’un ébranlement de l’universalisme occidental dans un Occident en pleine transformation. Au-delà d’un recul de la religion, il décèle des signes de sa réinscription dans un univers en mutation. Les valeurs morales traditionnelles, associées en France à l’école, à la République, à la religion, aux syndicats… reculent face à l’indépendance accrue de l’individu, les changements de tous ordres étant perçus comme une libération. Le constat s’accompagne d’une autre évidence : le monde dit développé n’exerce plus cette suprématie historique sur le reste du monde dans les domaines scientifique, économique, technique et culturel. Le rêve d’étendre au monde entier son mode de vie et ses valeurs trébuche face au réveil des particularismes et pratiques identitaires des cultures et des peuples accédant à la sphère médiatique mondiale. D’autres conceptions de la vie et du monde l’atteignent qui montrent que l’universalisme occidental n’est qu’une construction idéologique qui s’écroule devant le fait de la cosmopolitisation de nos sociétés devenues tolérantes et politiquement areligieuses.

Trois attitudes émergent de la présence d’autres cultures et courants religieux dans les sociétés de tradition chrétienne. La première : nos valeurs sont universelles et le demeurent, affirment les fondamentalistes qui leur octroient un caractère absolu et transcendant. D’autres admettent que des différences existent, mais qu’il faut s’en protéger pour ne pas perdre son identité commune. Enfin, on observe une attitude d’ouverture à l’autre avec en retour la remise en question qu’elle entraîne. Sans tomber dans l’anarchie, il faut admettre selon eux un relativisme « bien tempéré » exempt de tout dogmatisme et soustrait aux grands systèmes d’interprétation du monde. L’A. qualifie de « croyances modestes » ces nouvelles certitudes ainsi acquises.

Ce changement de perspective s’autorise à la fois d’une désacralisation des valeurs qui subsistent sans leur fondement théologique et d’une humanisation du divin résultant du déclin des grandes certitudes théologiques avec leur référence à la pensée philosophique ancienne et à la métaphysique médiévale.

Cette évolution des esprits et des sociétés vers un relativisme religieux opposé à la prétention qu’on puisse atteindre un fondement absolu du monde favorise l’apparition de nouvelles formes d’attachement à l’héritage religieux observable chez les croyants, même si en haut lieu on continue de croire que « l’Église n’est pas en crise ». Les croyances modestes s’imposent d’autant plus auprès de ceux qui déplorent que le catholicisme soit devenu une supersecte opposée à toute évolution et remise en question, refusant d’abandonner son rôle révolu de régent des sociétés.

Comment réinscrire le christianisme dans cette ultramodernité qui est amené à reconsidérer les croyances et l’imaginaire religieux comme un langage et les institutions symboliques comme des systèmes structurant les rapports humains et les différences sociales? Les derniers chapitres de l’ouvrage portent sur la question. Entrecroisant sociologie et théologie, l’A. étudie les principes d’une acculturation du christianisme et ses prédispositions à créer une nouvelle conception du monde et de la religion. Au cœur de cette transformation des mentalités : la pertinence anthropologique du message religieux. Dorénavant, c’est à partir de l’homme et non au-dessus de lui que doit s’inscrire et s’écrire l’histoire de ces croyances modestes. Dieu cesse d’être un concept pour devenir une relation.

G. Masson synthétise dans cet ouvrage les résultats de la recherche en sociologie des religions dans une perspective élargie et ambitieuse. Riche en contenu, cet ouvrage est d’une lecture exigeante : les phrases longues avec menus déroulants, les nombreuses citations et parenthèses, l’abondance de distinguos et de termes entre guillemets finissent par lasser le lecteur astreint à des relectures continuelles. Mais la qualité de la réflexion axée sur cette notion théorique éclairante de croyances modestes contrastant avec les croyances « prétentieuses » le récompense de sa peine. Un prochain ouvrage, espérons-le, tiendra compte de nouvelles recherches et établira un tableau encore plus complet de l’universalisme occidental en y incluant les Amériques.


Raymond Légaré

 

 

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