Bienvenue au site web du Réseau Culture et Foi

 

 
 

Quoi de neuf ?

Nouvelles d'Églises
Textes libérateurs
Textes critiques
Convocations
Nos activités
Nos coups de cœur 
    œuvres d'art
    sites
    livres
Nos liens
Qui sommes-nous ?
Écrivez-nous
Devenir Membre
 
 

 
 
Juin 2011
Décembre 2010
Août 2010
Juin 2009
Décembre 2008
Juin 2008
Février 2008
Archives
 

 
   
  Réseau Culture et Foi :
Groupe Outaouais-des
Deux-Rives
 
André Naud (1925-2002)
   
  Bilans d'un pontificat /
Rêves pour le
nouveau pontificat
   
  Benoît  XVI
   
  Communautés chrétiennes

 

 

 

Dominus Jesus
   
  Eucharistie
   
  Guy Paiement
   
  Hélène Chénier

 

 

  Homélies de Raymond Gravel
   
  Jean-Paul Lefebvre
   

 

La guerre comme 
riposte aux attentats 
du 11 sept.2001. 
Un temps de réflexion !

 

 

 

L'archevêque de Québec, le cardinal Marc Ouellet, contesté

 

 

 

Mourir dans la dignité

 

 

 

Ordination des femmes

 

 

 

Pour du changement
dans l'Église

   
  Témoins d'une naissance 
   
  Théologie de la libération

 

 

 

Synodes 2001: 
le rôle de l'évêque. 
Synode parallèle

 

 

 

Vatican II

   

 

Violences sexuelles 
faites à des religieuses
 par des prêtres

   

 

Vivre l'homosexualité en 
Église

   
 
  
 
 
 
 
 

Manifeste sur la
pénurie de prêtres

   
Autres interventions
   
Interventions parallèles

 

 

 

 

 

Livres du mois

 

MAI  2007
 

Jean-Guy Saint-Arnaud, Aux frontières de la foi. Entre l'athéisme et le mystère. Médiaspaul, Montréal, 2007, 200 pages.
 

Jésuite, Jean-Guy Saint-Arnaud est aussi un spécialiste de... l'incroyance! Paradoxal? Et alors, réplique-t-il: «Le caractère choquant et déconcertant du paradoxe éveille et stimule l'esprit dans sa recherche de compréhension et d'intelligence.» Dans un petit essai intitulé Aux frontières de la foi et sous-titré Entre l'athéisme et le mystère, le père Saint-Arnaud s'emploie justement à explorer certains des paradoxes du christianisme pour en faire ressortir la richesse et la pertinence.

L'homogénéité religieuse, au Québec, n'est plus. Cette évolution a fait naître quatre tendances: le repli intégriste et réactionnaire, la tentation du syncrétisme (la religion à la carte), l'athéisme résolu et la croyance critique. Sévère à l'égard des deux premières tendances qu'il assimile, avec raison, à des égarements, Saint-Arnaud s'inscrit dans la quatrième, en précisant, toutefois, que la troisième, c'est-à-dire l'athéisme ou l'incroyance, lui est, d'une certaine façon, nécessaire.

Que faut-il comprendre de cette surprenante défense de l'athéisme par un chrétien? Que l'épreuve de l'incroyance, en fait, exige des croyants qu'ils purifient leur foi et se débarrassent des idoles. «Paradoxalement, écrit Saint-Arnaud, il est donc nécessaire d'être athée pour devenir un vrai chrétien, c'est-à-dire d'être capable de reconnaître et de combattre tous les dieux humains ou inhumains qui insensiblement risquent d'envahir nos coeurs et nos esprits païens.» Le vrai chrétien, donc, au contact de l'athée, peut apprendre à rejeter le Dieu qui émane de la peur, de la névrose, le Dieu qui entrave notre liberté ou qui endort le peuple en quête de justice, pour enfin marcher dans les pas du Christ.

Ancien ministre du Travail du Québec qui fut ensuite coopérant à Madagascar, Jacques Couture, cité par Saint-Arnaud, exprime magnifiquement cette démarche de purification: «Je ne connais pas ce Dieu qui trône dans les cieux, au milieu des archanges, des chérubins et des puissances [...]. Le Dieu que je connais est impuissant, silencieux et terriblement gênant. Il m'empêche de dormir tranquille. Il hante mes nuits paisibles. Il dit qu'il a faim, qu'il a soif, qu'il est nu, qu'il est étranger, qu'il est prisonnier. Il crie sur le bord de la route. Il gémit abandonné, rejeté, il étale sans pudeur ses os décharnés, son corps meurtri. [...] Le Dieu que je connais s'appelle Jésus Christ. Il se tient à l'ombre de chez moi...»

Un Dieu puissant, évident, qui s'imposerait au lieu de faire entendre sa voix par la bouche des petits, saperait cette liberté qui nous fait humains et à laquelle sa discrétion rend hommage. «Dieu, écrivait Hölderlin, crée le monde comme la mer a fait les continents, en se retirant.» La persistance de l'incroyance, même dans le coeur du chrétien, est bien un des effets de ce Dieu caché. Les intégristes qui la combattent à tout prix se trompent; elle est le rappel permanent de la liberté humaine voulue par Dieu.

Il y a, écrit Saint-Arnaud, un mystère du christianisme qui fait sa grandeur. Peut-on en rendre raison? Du mystère, peut-être pas, mais de l'espérance qui l'accompagne, oui.

 

Louis Cornellier

 

Le Devoir, lundi le 14 mai 2007

 

 

 

[ RETOUR ]

 

 

 © 2000-2004 - Le réseau Culture et Foi - culture_et_foi@videotron.ca