Livres
du mois
AOÛT
2007
Monique Dumais (dir.), Franchir le miroir
patriarcal. Pour une théologie des genres.
Montréal, Fides, 2007.
Le 3 avril 2007, Michel Maillé des Éditions
Fides m'informe par courriel que les trois
exemplaires de l'ouvrage sur Théologies et
genres, sous le titre de Franchir le miroir
patriarcal viennent d'être livrés à leur
nouveau bureau. Alléluia! II s'agit des actes du
congrès de la Société canadienne de théologie de
l'automne 2001. La patience très persévérante
vient à bout de tout. Et le produit est toujours
d'une grande actualité.
Seize auteures et auteurs ont donné des éléments
d'analyse théologique très pertinents sur les
genres féminin et masculin. La liste de leurs
contributions est amplement significative:
Introduction, Michel-M. Campbell; « Penser le
genre dans la théologie catholique »,
Marie-Andrée Roy; « La question du genre. Un
féminisme théologique en contexte québécois »,
Denise Couture; « Le poids du "genre" dans les
fondements bibliques de l'exclusion des femmes
du sacerdoce ministériel », Olivette Genest;
« Résister au texte pour repenser les "genres"?
Expérimentation herméneutique à partir de Rm 1,
18-32 », Alain Gignac; « La figure de Phœbé (Rm
16, 1-2): un modèle pour repenser les ministères
féminins aujourd'hui », Sylvie Paquette Lessard;
« Analyse de genre et recherche-action en
pastorale», Pierrette Daviau; « Développement et
Église: infiltration par le genre? », Martine
Floret; « La prostitution et le rapport à la
prostitution, un lieu privilégié pour l'analyse
des rapports de genres dans l'Église et la
société », Jean-Guy Nadeau; « L'autre de la
différence: la femme. Une perspective
irigarienne », Mélany Bisson; « Genre et
altérité: enjeux sociaux, psychiques et
religieux. Violence ou personnalisation? »,
Claude Mailloux; « Homme et femme dans la pensée
organique », Jean Richard; « Les aidantes en
milieu naturel et le temps. Essai de théologie
pratique », Anne-Marie Chapleau, Nicole Bouchard
et Claude Gilbert; « Pour une éthique du souffle
et du nomadisme », Monique Dumais; « La
reconstruction féministe de Dieu/e chez Rosemary
Radford Ruether, Sallie McFague et Elizabeth A.
Johnson », Hélène Businger-Chassot; « L'être
masculin selon Jean-Paul II: le gardien des
identités sexuelles et génériques originelles »,
Patrick Snyder.
Et je termine l'ouvrage que j'ai dirigé par une
Invitation finale
Franchir, traverser le miroir patriarcal, faire
le passage vers un ailleurs. Alice ne
désire-t-elle pas toujours le pays des
merveilles? L'invitation d'aller de l'avant se
fait pressante tout au long des multiples textes
de ce volume. Je n'ai cessé de l'entendre selon
des voix diverses et variées en les lisant et
relisant pour la finalisation de la publication.
«Passons sur l'autre rive» (Mc 4, 35). La
requête se manifeste depuis plusieurs siècles.
Mais il est toujours difficile et déstabilisant
de quitter les territoires connus pour cheminer
sur des voies nouvelles. La tradition, les
interprétations exégétiques, les orientations
morales pèsent lourd dans une direction où les
hommes ont des droits acquis et les femmes des
devoirs à remplir. Pourtant, des traces se
faufilent, des appels émergent, des champs
herméneutiques s'élargissent.
L'écoute devient un processus nécessaire pour
faire advenir les changements. La qualité de la
réception fait encore défaut dans nos
institutions et milieux ecclésiaux. Pourtant,
les signes des temps sont visibles au milieu de
l'évolution de nos sociétés contemporaines. De
même, les colloques et congrès prennent place
pour montrer les urgences et les attentes dans
la compréhension des genres. L'Esprit souffle,
ne le sentons-nous pas? Nos raisonnements et nos
logiques dépassés ont-ils fait tarir toutes nos
émotions de créativité et d'attente d'un monde
nouveau?
Une théologie du passage se profile avec
bonheur. Les passages sont si nombreux dans
notre vie chrétienne : des ténèbres à la
lumière, des lieux d'esclavage à la terre
promise de la libération, de la maladie à la
santé retrouvée, de la mort à la vie, de la mort
à la résurrection en Christ. « La puissance de
la résurrection » (Ph 3, 10) est toujours à
l'oeuvre et façonne la glaise de nos origines.
Comment ne pas nous laisser inviter par ces
passages et leur donner en pleine liberté et en
toute espérance des possibilités de réalisation?
Cet ouvrage m'apparaît comme une immense
invitation à passer les frontières patriarcales.
Hommes et femmes pourront enfin trouver des
terres inexplorées ou oubliées qui leur
permettront de s'exprimer et d'agir selon leur
désir originel, de tracer sans crainte et avec
audace leurs voies d'accomplissement.
Monique Dumais
(Extrait de L’autre Parole, no 114, été
2007)
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