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MARS 2001.

Éric-Emmanuel Schmitt, L'évangile selon Pilate, Paris, Albin Michel, 2000. 

Vivre les derniers jours de Jésus et sa résurrection à travers la correspondance que Pilate alors représentant de l’occupant romain en Palestine adresse à son ami Titus, tel est le pari audacieux que le romancier Eric-Emmanuel Schmitt nous propose dans son dernier roman L’Évangile selon Pilate.

Pilate déteste la Palestine, ce pays et en particulier ses habitants qui représentent pour lui le sommet du mauvais goût et de la vulgarité. Pilate ne cesse d’écrire à son ami combien Rome lui manque.

Survient alors un événement qui va complètement bouleverser sa vie. Le corps du Nazaréen crucifié quelques jours auparavant, à la demande des chefs religieux du pays, a disparu. Cette nouvelle risque d’enflammer la ville comme une traînée de poudre, au moment où Jérusalem est envahie par les pèlerins qui viennent célébrer la Pâques, et cela Pilate ne peut se le permettre. Sa réputation est en jeu. Il lâche ses espions sur le terrain à la recherche du corps. Qui a bien pu le subtiliser ?  La secte des amis de Jésus ? les zélotes ? dans quel but?  Ce ne peut être que pour déstabiliser l’autorité romaine.

Au fil des lettres qu’il envoie à son ami, nous vivons au jour le jour les péripéties liées à la  recherche de ce cadavre, et surtout les angoisses de plus en plus grandes de Pilate d’autant que Claudia sa femme, qu’il admire pour sa clairvoyance et ses qualités intellectuelles, ne cesse de lui répéter qu’il fait fausse route.

Le corps de Yéchoua a bel et bien disparu, mais il n’a pas été volé comme le prétendent les romains et les chefs des juifs. Jésus est ressuscité. Pilate ne peut accepter cette idée, des élucubrations d’illuminées!  Pourtant au fil des discussions qu’il a avec Claudia, le doute s’installe dans son esprit. Et si tout cela était vrai?

Le texte d’Éric-Emmanuel Schmitt ne peut que nous interpeller, la quête désespérée de Pilate, sa recherche d’une vérité tangible, acceptable nous renvoie à nos propres attitudes. Ses doutes ne sont-ils  pas  les  nôtres? Et  si  Jésus  n’était  pas  vraiment ressuscité? Et si depuis 2000 ans nous nous trompions sur celui auquel nous croyons?

Ce roman est une véritable bouffée d’air pur, remarquablement bien écrit, il renouvelle le langage habituellement utiliser pour nous parler de Dieu, de ce en quoi nous croyions.

Gilda Routy

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