Œuvres
d'art
du mois
FÉVRIER
2001
Encore
l’apôtre Paul !
L’image
que nous présentons ne correspond
pas beaucoup à la représentation
traditionnelle qui nous montre un
personnage chauve, émacié, barbu.
Par contre, nous retrouvons les
instruments qui caractérisent
l’apôtre des nations dans l’art
médiéval : le rouleau des épîtres
(avec l’inscription <Efesis>)
et le glaive dont on devine la poignée.
Rembrandt
a donné à l’apôtre Paul ses
propres traits. Avec Picasso, il est
sans doute l’artiste qui s’est
davantage peint lui-même :
plus de quatre-vingts toiles,
gravures, dessins. Au début il
poursuit des recherches de
clair-obscur, des études
d’expressions diverses, mais, avec
les années, dans son miroir il
sonde plutôt le mystère de l’âme
humaine, la densité mystérieuse
que livrent le visage, le regard…
Nous
avons choisi cette œuvre pour
plusieurs raisons : la qualité
des images sur le site du
Rijksmuseum
d’Amsterdam; les
extraordinaires qualités picturales
de ce chef d’œuvre – traitement
très moderne de la matière,
subtilité des teintes qui font
chanter l’arrière-plan lumineux,
composition ample; et surtout
l’intériorité, la tendresse du
visage. Et ce regard qui nous
interpelle…
Par-delà
la douleur du
Rembrandt
de 1659 à la National Gallery
de Washington (détail), par-delà
le caractère altier, énigmatique
du portrait
d’atelier de 1650 au même musée
(détail), par-delà les effets de
clair-obscur et de matière du
jeune
Rembrandt au Rijksmuseum (1628),
nous atteignons ici la grande
profondeur spirituelle de la maturité
(1661).
JANVIER 2001
Le
baiser de Pierre et Paul
(1170-1180).
Ce fragment d'une
fresque, découverte dans l'église
centrale (katolikon) du monastère
de Vatopedi au Mont Athos, est
remarquable par la force expressive
du dessin et du modelé, et par le
contraste puissant entre les deux apôtres:
visage sensible et tendre de Pierre,
passionné et déterminé de Paul.
Quel symbole pour l'unité profonde
des Églises par-delà leurs différences
et leurs originalités! (Source:
l'exposition Treasures
of Mount Athos autrefois sur le site du
Ministère de la Culture de Grèce)
Vus
comme les piliers de l'Église du
Christ, les deux apôtres sont fréquemment
réunis dans l'histoire de l'art. Une
œuvre de la même époque en
Hongrie (1190) les présente
comme deux bagarreurs dans la force
de l'âge qui se ressemblent comme
deux frères. Accent mis sur l'unité
plus que sur la différence.
(Source: le musée virtuel Fine
Arts in Hungary, zoom possible)
Au
XVIe siècle,
le
Gréco reprendra génialement
l'idée du contraste et des nuances
psychologiques entre les deux
personnages fondateurs. (Source: le
site du
Musée de l'Hermitage à
Saint-Petersbourg en Russie. Zoom
possible, mais l'accès aux œuvres
de la collection digitale est extrêmement
lent à certaines heures)
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