Œuvres
d'art
du mois
AVRIL-MARS 2003
Le site Enluminures permet toutes sortes de
parcours dans les manuscrits médiévaux
des bibliothèques municipales de
France. Nous sommes partis à la
recherche d’images du Christ en
croix et du Christ ressuscité.
Depuis plusieurs années, l’État français
numérise son patrimoine culturel.
Dans ce contexte, on a créé la
base de données Enluminures. Elle
décrit minutieusement et reproduit
numériquement les enluminures des
manuscrits médiévaux conservés
dans les bibliothèques municipales
de France. Plus de quatorze
mille images sont accessibles sous
forme de vignettes ou de plein écran.
Et le travail se poursuit…
Dès l’ouverture, le site offre des
visites virtuelles sur divers thèmes.
Deux sont particulièrement agréables.
D’abord le Kaléidoscope
qui présente des pages entières et
surtout des détails de manuscrits
en très grand nombre. Souvent la
qualité photographique est
remarquable. On découvre sur le vif
la richesse et la créativité de
l’imaginaire médiéval.
Le Moyen-Âge en lumière est de loin la visite virtuelle la plus diversifiée, la mieux présentée.
Sans doute parce qu’elle
s’alimente à un DVD et à un CD
rom éducatif. Elle se subdivise en
dix sous-thèmes, dont Montrer
l’invisible et
Visages de Dieu.
On nous propose en plus des moteurs de
recherche : recherche guidée,
recherche experte. Le premier nous
guide par titres, auteurs,
sujets, types de décor, domaines.
Rien de plus facile que d’aller
chercher Christ en croix ou Résurrection du Christ et
de rapporter une bonne moisson.
En voici quelques exemples étalés
sur plusieurs siècles. Mais je mets
à part, en première ligne,
l’extraordinaire Christ en
croix du Maître de Jean Rolin.
L’artiste n’est connu que par
ses œuvres, mais le commanditaire
l’est davantage. Il s’agit du
cardinal-archevêque d’Autun, fils
du fameux chancelier Nicolas Rolin,
fondateur de l’Hospice de Beaune.
Le père fut lui-même le
commanditaire de la Madone de
Jan Van Eyck au Louvre et du
polyptyque du Jugement dernier
de Rogier van der Weyden à
Beaune. Deux très grands chefs d’œuvre.
La composition compacte de la
miniature est
bien lisible avec le groupe
des fidèles de Jésus brisés de
douleur à l’avant-plan, les trois
crucifiés qui les surplombent au
second plan, et le groupe compact
des soldats, contrebalancé par l’étagement
du paysage, à l’arrière-plan.
L’événement est dramatique, mais
montré avec grande pudeur.
Christ en croix
§
Tiré
du Missel de Jean Rolin, fait par le
Maître de Jean Rolin vers 1450-1455
(Bibl. municipale de Lyon).
§
Tiré
du Sacramentaire à l’usage d’Avignon,
vers 1200 (Bibl. municipale d’Avignon).
§ Tiré
du Graduel à l’usage de
l’abbaye Notre-Dame de Fontevrault,
fait par l’atelier de Nicolas
Lombard entre 1250 et 1260 (Bibl.
municipale de Limoges).
§
Tiré
du Registre du chapitre de la cathédrale
d’Angers, vers 1300 (Bibliothèque
municipale d’Angers).
§
Tiré des Heures à l’usage de Rome,
fait par le Maître de Jean
Charpentier en 1480 (Bibl.
municipale d’Angers).
Résurrection du Christ
§
Tirée
du Graduel à l’ l’usage de
l’abbaye Notre-Dame de Fontevrault,
faite par l’atelier de Nicolas Lombard entre 1250 et 1260 (Bibl.
municipale de Limoges).
§
Tirée
du Missel Romain, faite par Niccolo
di Giacomo vers 1370 (Bibl.
municipale d’Avignon).
§
Tirée du Bréviaire franciscain,
faite par le Maître des Vitae
imperatorum vers 1430 (Bibl.
municipale de Chambéry).
Flagellation
§
Tirée
des Heures (Collégiale
Saint-Florentin d’Amboise), faite
entre 1460 et 1470 (Bibl. municipale
de Tours).
Véronique et le portement de
la croix
§
Tiré
des heures à l’usage de Rome,
fait à Bruges entre 1500 et 1550
(Bibl. municipale de Rouen).
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