Sites du mois
NOVEMBRE 2004
Un site en
hommage au plus grand créateur de musiques
religieuses en France au XVIIe siècle,
Marc-Antoine Charpentier (1643-1704), à l’occasion
du tricentenaire de sa mort.
Selon Catherine Cessac, sa biographe, Marc-Antoine
Charpentier est le musicien français de l’époque
baroque le plus joué dans le monde, loin devant
Lully et Rameau. Il n’est donc pas surprenant que
le tricentenaire de sa mort ait provoqué
festivals, colloques, et surtout des tournées de
concerts par les groupes spécialisés. Parti de la
France, le mouvement a rejoint plusieurs pays
d’Europe et même les deux Amériques.
Ce fut l’occasion aussi de faire apparaître sur le Web un
site remarquable. Il permet un survol rapide mais
parfaitement documenté aussi bien de la biographie
de l’artiste que de son œuvre. Autant celle-ci,
qui comporte plus de 550 pièces, est connue et
accessible dans un corpus extraordinaire de
manuscrits à la Bibliothèque Nationale de France,
autant les données biographiques se font
discrètes.
On peut tout de même suivre le musicien depuis ses années
d’enfance dans le quartier Saint-Séverin à Paris
jusqu’à Rome où il fait un stage de trois ans.
Puis de retour dans la capitale, on le voit qui
travaille en marge de la cour royale – sans doute
malgré lui – pour Mlle de Guise, pour Molière et
la Comédie Française, pour divers couvents de
Paris et de la région parisienne.
À partir de 1688, année de la mort de sa protectrice, il
produira beaucoup pour les Jésuites : pour leur
église Saint-Louis, pour leur noviciat, pour leur
collège Louis-le-Grand, dont il sera le maître de
musique. Finalement, de 1698 à sa mort en 1704, il
sera le maître de musique des enfants de la
Sainte-Chapelle.
Chez Mlle de Guise, Charpentier non seulement composait mais
chantait comme haute-contre. La plus grande partie
de sa musique est vocale. Et s’il a créé des chefs
d’œuvre profanes, comme son opéra Médée,
comme ses intermèdes pour le Malade imaginaire
ou pour le Mariage forcé, ses compositions
religieuses sont incomparablement plus nombreuses.
Sur la liste des œuvres produite par Catherine Cessac, leur
seule énumération occupe dix-neuf pages et demie
des vingt-quatre pages du document. Elles sont
très variées : messes, toutes sortes de
compositions liturgiques, psaumes, motets, dont
certains racontent des histoires comme le feront
plus tard les oratorios…
Plusieurs de ces œuvres sont bien connues du public car
nombreux sont les groupes qui ont surgi depuis
vingt-cinq ans, depuis le Concerto Vocale de René
Jacobs ou les Arts- Florissants de William
Christie, et nombreux sont les enregistrements.
Le site en offre plusieurs courts extraits, une trentaine,
qui apparaissent au rythme de l’exploration, mais
qui sont tous regroupés sous l’icône auditorium.
De même des fenêtres séparées présentent des
portraits, reproduisent gravures ou tableaux.
Les possibilités du virtuel sont multiples. Une ligne du
temps met en parallèle la biographie de
Charpentier et divers événements de son époque.
Une carte géographique ancienne de la ville de
Paris permet de retracer les lieux de création de
ses pièces musicales.
Mentionnons, pour terminer, qu’une section plus technique est
consacrée à la recherche et à la documentation :
liste des œuvres, discographie complète,
bibliographie, liens. Donc un site remarquable qui
permet des excursions agréables et qui renseignent
bien
OCTOBRE 2004
Theologia.fr, un site à visiter et revisiter !
Depuis le printemps, un nouveau site a pris place
sur le web. Son nom,
Theologia.fr, oriente
d’emblée. Mais, quoique de très haute tenue
théologique et recourant à des collaborateurs
compétents de divers pays, il ne s’adresse pas
qu’à des experts. Tout croyant cultivé, sensible
aux questions théologiques de l’heure, y trouvera
matière à réflexion, à cheminement.
En effet, le site est orienté vers l’actualité
théologique et fait une grande place à la
recherche sur le dialogue interreligieux. La
première section, qui porte justement le nom
d’Actualités, regroupe dans Échos du monde des
nouvelles religieuses de divers pays et diverses
religions, tandis qu’un Agenda signale colloques
et rencontres. Par exemple, en ce début d’octobre,
on mentionne un colloque interreligieux au Centre
de Notre-Dame de Temniac (Sarlat).
La deuxième section, Guides, se divise en Pays et
Thèmes. Et sur les pays, elle offre soit des
profils du catholicisme, soit des études de fond,
par exemple la montée du phénomène des sectes au
Brésil, le religieux dans la vie du Japon… Il y a
même une étude sur le Canada catholique.
Quant à la troisième section, Théologie, elle est
évidemment la plus développée. Grands entretiens
nous fait rencontrer des personnages que le Réseau
Culture et Foi aime beaucoup : Maurice Bellet,
Claude Geffrey, Scott Appleby, et nous en fait
découvrir d’autres avec plaisir comme le
théologien africain Paulin Poucouta…
Les dossiers de Questions actuelles sont
remarquables. Nous avons particulièrement apprécié les
trois articles sur le dialogue interreligieux,
ainsi que le dossier sur l’Afrique : « Le synode
africain: 10 ans après ». S’ajoutent une
sous-section Recherches, deux autres consacrées
aux livres nouveaux, ainsi qu’à la présentation de
quelques revues.
Partout apparaissent des préoccupations
d’ouverture, de pastorale missionnaire renouvelée,
de dialogue véritable, soit œcuménique, soit
interreligieux. Voilà un site très vivant, qui
annonce un vaste programme par son cadre même et
qui semble bien avoir les moyens de l’accomplir.
Nous lui souhaitons longue vie!