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La femme dans la mission de l'Église du Québec
Raymonde Jauvin, cnd


Situons-nous  clairement  en abordant la question des femmes dans la mission ecclésiale. Il apparaît important de rappeler que la Mission de l’Église est une. Saint Jean la définit ainsi : « Rassembler dans l’unité, les enfants de Dieu dispersés ».[1] Oui, la mission de l’Église est une et elle  est la même pour tous. C’est dire qu’il n’y a pas une mission ecclésiale pour les hommes et une autre pour les femmes. Baptisés, femmes et hommes, tous et toutes, sont ensemble responsables  « d’annoncer la Bonne nouvelle à toutes les nations  et de faire des disciples »[2].  L’Église repose sur la commune responsabilité des chrétiens et des chrétiennes  selon la diversité des ministères. Voilà pourquoi, nous parlerons de la femme dans la mission de l’Église et non de la mission de la femme dans l’Église.

Mais, comment parler de la femme dans la mission de l’Église catholique du Québec en 2004, sans d’abord dire un mot de la situation même de l’Église, aujourd’hui ? Dans les quarante dernières années, la réalité ecclésiale a beaucoup changé au Québec. Nous sommes passés rapidement d’une Église de la chrétienté et majoritaire  à une Église de la minorité. Le Québec chrétien d’avant les années soixante n’existe plus. L’Église a perdu de son influence et de sa crédibilité. Dans une société de plus en plus sécularisée et pluraliste, l’Église catholique d’ici est confrontée à de multiples confessions religieuses et à de nombreuses sectes sans parler de la profonde influence du Nouvel Âge d’une part et, d’autre part, des idéologies néo-libérales qui prônent les valeurs économiques : argent, consommation, bénéfices, etc. lesquelles ont peu à voir avec les valeurs évangéliques. Pour un grand nombre, la foi a été relayée au plan de la vie privée. Aujourd’hui, à peu près partout, les églises sont vides, à peine 10% des baptisés se retrouvent occasionnellement aux célébrations liturgiques. L’effondrement vertigineux des effectifs, clercs et religieux, est aussi un signe indiscutable de la «crise» qui secoue toute l’Église québécoise. La survie de l’Église catholique au Québec semble compromise à moins qu’elle consente à des changements profonds.  Elle doit chercher de nouvelles façons «d’être et de faire Église». À l’exemple des premières communautés chrétiennes, ne lui faudrait-il pas ré-inventer une façon encore inédite d’annoncer la Bonne Nouvelle dans un monde de plus en plus hostile et qui pourtant cherche, sans contredit, un équilibre spirituel.

Parler de la situation des femmes dans l’Église d’aujourd’hui  n’est pas facile. C’est une question délicate, quelque peu piégée, malgré sa pertinence pour la vitalité de l’Église. Soulignons seulement que c’est à partir de leur situation, qu’avec perspicacité et lucidité, des femmes engagées en Église questionnent  l’Institution ecclésiale. Poser la question de la place des femmes dans l’Église peut laisser entendre qu’elles n’en ont pas, ou qu’elles devraient avoir une place particulière ou encore, qu’on ne leur reconnaît pas toute leur place mais uniquement celle qu’on veut bien leur assigner. Mais pourquoi n’auraient-elles pas, comme femmes,  baptisées et croyantes, en principe et en droit, en toute égalité, leur place, pleine et entière, tout comme les hommes, dans la Communauté des disciples de Jésus-Christ ?  Poser cette question, c’est soulever des problèmes de fond dont la résolution dans des perspectives novatrices et évangéliques se bute trop souvent à des positions arrêtées, voire «définitivement réglées».

Je n’aborderai pas ces  questions de façon théorique. Mieux vaut chercher à saisir de l’intérieur ce que le vécu pastoral de ces femmes dit à l’Église d’aujourd’hui et montrer  comment graduellement des femmes d’ici ont pris au sérieux la mission de l’Église; comment elles  se sont  rendues nécessaires, indispensables même, dans l’Église du Québec;  comment elles ont patiemment travaillé à l’amélioration de leur situation et à la reconnaissance de leurs  ministères dans l’Église. [3]

Partager ce que mon expérience de vingt ans au service de l’Église du Québec m’a donné de vivre, de comprendre, de questionner, voire de revendiquer en regard de l’engagement des femmes dans la mission de l’Église m’apparaît une approche révélatrice de la situation actuelle des femmes  œuvrant en pastorale. À l’occasion,  je ferai référence au travail du Réseau  «Femmes et Ministères» qui, depuis plus de 20 ans, scrute cette question sous l’angle des divers ministères assumés par les femmes au sein de la communauté chrétienne.

C’est dans une perspective d’ouverture et avec un regard de femme,  que je traiterai de ces questions, c’est-à-dire dans une « vision du monde (…) qui honore les valeurs féminines et les considère aussi utiles que les priorités masculines pour les initiatives humaines et la prise de décision.»[4]

Rapidement, je développerai les  points suivants :

  • Le contexte socio-ecclésial de l’émergence des femmes en pastorale.
  • Les motivations profondes des femmes [5] qui, depuis plus de 20 ans, s’engagent  de façon particulière, c’est-à-dire « ministérielle », au service de la mission de l’Église.
  • L’apport significatif des femmes à la réflexion théologique et  à l’activité pastorale et missionnaire de l’Église du Québec.
  • Les avancées et les reculs  qui ont marqué, depuis 1970, leur cheminement vers l’amélioration de la situation des femmes dans l’Église et une plus grande reconnaissance de leur place et de leurs rôles dans la mission de l’Église.
  • La ténacité patiente, mais inébranlable, dont elles font preuve pour continuer de réfléchir et de revendiquer l’accès des femmes aux ministères ordonnés et la reconnaissance officielle de leurs services pastoraux comme de véritables ministères.

En conclusion, j’expliciterai quelques points d’ancrage  de nature à soutenir un engagement dans la mission de l’Église et permettre de durer dans cette mission avec joie  et espérance, dans la fidélité à l’Esprit qui « fait toutes choses nouvelles »[6]

Le contexte socio-ecclésial qui a favorisé l’émergence des femmes  en pastorale dans l’Église du Québec

L’accès des femmes en pastorale, à partir des années soixante, s’inscrit dans les nombreux développements qui ont marqué l’évolution rapide de la société et de l’Église du Québec. Ce qui se passe dans la société civile se répercute dans la société ecclésiale et  vice versa. Il y a là un parallélisme incontournable à évoquer quand on réfléchit à la promotion de la femme. Je retiens trois facteurs déterminants :

La « Révolution tranquille»  (1960)

Évoquons très rapidement l’apport considérable  des congrégations religieuses féminines dans l’histoire du Québec. Des milliers de femmes dynamiques et inventives ont œuvré dans le monde de l’éducation, dans le soin des malades et assuré de nombreux services d’action sociale. De la fondation du pays jusqu’en 1960, elles ont dirigé, avec un art et une compétence remarquables, les institutions d’envergure qu’elles avaient érigées, maintenues et développées tout au long des siècles. Mais, voilà qu’avec la « Révolution tranquille » qu’a connue le Québec dans les années 60, un changement radical s’est produit. L’État, au nom d’une certaine conception de la démocratie, décidait alors d’assurer lui-même les services essentiels à tous les citoyens du Québec. Pour ce faire, il développa un vaste réseau d’institutions publiques aux plans éducatif, culturel, sanitaire, social. Sur cette lancée entreprenante de l’État québécois, les communautés religieuses féminines qui, jusqu’alors avaient, particulièrement dans le monde francophone, érigé, maintenu et dirigé écoles, collèges, hôpitaux se départissent graduellement de leurs œuvres. Le rôle de l’État s’affirme, s’impose même… Celui du monde pastoral et ecclésial se transforme.  La sécularisation si rapide et si globale qu’a vécue le Québec en vingt ans, aura suscité de profonds changements de mentalités, voire de visions du monde et de l’Église

Le Concile Vatican II (1962-1965)

C’est dans un contexte social de grands bouleversements que l’Église du Québec, appauvrie, dépouillée, en quelque sorte, de ses repères traditionnels, de ses « pouvoirs, j’allais dire politiques » sur la société québécoise, amorce avec vigueur, enthousiasme et audace, le « renouveau de l’Église » demandé par Vatican II.  Dans l’affirmation d’une Église, Peuple de Dieu, les Pasteurs font de plus en plus appel aux laïques. De nombreuses femmes y décèleront de nouveaux lieux d’engagement. Avec le temps, elles vont contribuer à la transformation du visage du « personnel pastoral ».

Le mouvement des femmes au Québec

Dès la fin du XIXe siècle, le mouvement des femmes du Québec fut, et il demeure  encore aujourd’hui, un phénomène culturel dynamique et de grande importance. Il trouve ses racines dans une longue histoire de libération. À ce chapitre aussi, des femmes remarquables ont ouvert le chemin : Marie Gérin-Lajoie, Caroline Béique, Idola St-Jean.  D’autres ont suivi : Thérèse Casgrain, Madeleine Parent, Simone Monet-Chartrand, Françoise David, Micheline Dumont, pour n’en nommer que quelques-unes. Ce mouvement a eu une grande influence dans l’amélioration de la situation des femmes dans la société québécoise,  pour l’obtention du droit de vote, pour le droit aux études supérieures et à un statut légal adapté à la vie moderne.

Aujourd’hui encore et sans relâche, le mouvement des femmes poursuit son travail  pour l’accès à l’égalité homme/femme :

  • dans la famille en vue d’un meilleur partage des tâches dans le soin et l’éducation des enfants;

  • dans le monde du travail  pour l’amélioration de leurs conditions de travail et l’obtention de  l’équité salariale;

  • par des luttes incessantes contre la pauvreté, la violence faite aux femmes  et toutes formes d’exclusion, de discrimination, etc..

Aux plans politique, social, familial des gains ont été réalisés, mais il reste encore beaucoup à faire. Car, il faut le reconnaître, les avancées des femmes vers l’amélioration de leurs conditions de vie sont, dans tous les domaines, lentes, précaires et fragiles. Rien n’est jamais définitivement  acquis!

Dans l’Église comme dans la société civile, tout, ou presque tout, est conçu sur le mode masculin. Le temps n’est-il pas venu pour que les femmes y mettent davantage leur marque ?  Indiscutablement, le mouvement féministe québécois a influencé le monde de la pastorale. Les femmes, de plus en plus nombreuses dans le service ecclésial ont, elles  aussi, à partir de leur vécu pastoral et de leur conception d’une Église pour le monde d’aujourd’hui, posé des questions relatives à :

  •  l’égalité  hommes/femmes,  clercs/laïques,

  •  à  l’affirmation  de leur identité et au respect de  leur autonomie,

  • aux diverses formes de discrimination et d’exclusion dans l’Église.

Elles ont ressenti le besoin de travailler ensemble, de renforcer leurs solidarités. C’est  dans ce contexte socio-ecclésial qu’en 1982, une vingtaine de femmes, oeuvrant en pastorale dans plusieurs diocèses du Québec, ont jeté les bases d’un regroupement dans le but de partager leurs expériences et de poursuivre une recherche commune sur le rôle des femmes dans  la mission  de l’Église. Depuis plus de vingt ans, le groupe autonome «FEMMES ET MINISTÈRES»  se veut «un lieu de solidarité et de parole, un lieu de ressourcement et de célébration, un lieu d’élaboration d’une pensée commune, un lieu de concertation en vue d’une prise de parole collective» pour les femmes soucieuses d’une nouvelle façon « d’être et de faire Église ».

Voilà, rapidement esquissés, les trois principaux facteurs qui ont favorisé l’engagement de nombreuses femmes dans la mission de l’Église du Québec depuis plus de vingt ans.

Demandons nous maintenant :

Pourquoi des femmes s'engagent à moyen ou à long terme et poursuivent, aujourd'hui, leur engagement au service de la mission de l'Église ?

Un des plus beaux fruits du Concile Vatican II n’a-t-il pas été d’avoir largement contribué à la prise de conscience  progressive de la mission et de la vocation de tous les  baptisés ? Cette prise de conscience s’est accompagnée de l’affirmation que l’Église est « l’affaire de tous et de toutes». Plus, Vatican II a donné aux femmes une « nouvelle image » d’elles-mêmes; il a  réaffirmé leur dignité comme personnes et « filles de Dieu ». Dans la foulée immédiate du renouveau suscité par le Concile, quelques laïques, majoritairement des femmes, ont accédé à des responsabilités dans l’Église. Elles ont assumé des tâches et des fonctions indispensables à l’édification de la communauté ecclésiale et à la réalisation de sa mission évangélique. En effet, déjà au cours des  années 60-70, quelques femmes laïques se voyaient confier des ministères autrefois exclusivement réservés aux clercs. Elles mirent ainsi à profit leurs charismes propres, leurs talents et leurs compétences pour participer à l’action missionnaire de l’Église.

Cependant, c’est à partir des années quatre-vingt,  que l’Église du Québec a connu une émergence massive des femmes en pastorale. Plusieurs motifs sont évoqués par ces femmes pour justifier leur choix à travailler en pastorale, entres  autres : leur foi chrétienne, le service des autres, le désir de contribuer au renouveau et à l’évolution de l’Église.[7]

Toutefois, ce n’est pas seulement en vertu de leur foi et au nom de leur baptême que ces femmes justifient leur engagement pastoral. C’est aussi parce qu’elles se découvrent une « vocation nouvelle », un appel à être, d’une façon particulière, au service de l’Église.[8] Envoyées en mission, mandatées par leur évêque respectif, ces femmes ne veulent pas se limiter à l’exercice d’une fonction au sein de l’Église. Au cœur de leur engagement pastoral, elles ont identifié un chemin de « consécration à l’Église », un chemin de profondeur qui n’est pas que terrain d’action. La conjugaison d’un «envoi en mission » et d’une « vocation » permet, me semble-t-il, de parler de véritables ministères en regard des services pastoraux  assumés par ces femmes.

Soulignons un autre constat. Si la pénurie de prêtres a été l’origine de la transformation du personnel pastoral des communautés ecclésiales et d’une situation nouvelle dans l’Église québécoise,  il ne faut pas négliger un autre facteur, qui entre aussi en ligne de compte dans les motivations de ces femmes, à savoir : la mise en question du modèle clérical et du monopole ministériel des prêtres. Dans les faits, depuis plusieurs années, les clercs ne sont plus les seuls à assumer des responsabilités pastorales dans l’Église du Québec. Un grand nombre de laïques y ont accédé sans pour autant voir leurs ministères entièrement reconnus. L’Église a changé, son personnel pastoral s’est modifié, mais il y a encore des changements qui s’imposent.

Jusqu’à  ces dernières années,  des femmes mandatées par leur évêque pour le service de la mission de l’Église du Québec  se retrouvaient, en plus grand nombre que maintenant, dans toutes les sphères de  l’activité pastorale :

  • à la coordination de la pastorale d’ensemble, à l’animation de régions pastorales et de communautés paroissiales,

  • dans les pastorales spécialisées : familiale, hospitalière, sociale, de la jeunesse,

  • dans les services diocésains comme responsables de formation et des ressources humaines,

  • dans les services d’éducation de la foi des jeunes et des adultes,

  • comme chancelier et secrétaire générale,

  • dans la participation à divers conseils diocésains et comités épiscopaux. 

Ces nombreux ministères, assumés par des femmes laïques, sont un FAIT D’ÉGLISE[9] indéniable, voire un FAIT THÉOLOGIQUE,[10] qui n’est pas sans questionner la structure même de l’institution ecclésiale, son fonctionnement, sa façon de gouverner.

Deux recherches réalisées par le Réseau « Femmes et Ministères » rendent compte de ces réalités : Les Soutanes roses[11]  et  Voix de femmes, Voies de passage.[12]

Contribuer à l’évolution de l’institution ecclésiale au niveau de ses structures de gouvernement et d’animation et  poursuivre la réflexion  en fonction de l’accès des femmes à toutes les responsabilités ministérielles demeurent une préoccupation constante des théologiennes et des femmes engagées en Église. C’est aussi, pour plusieurs d’entre elles, un motif stimulant de poursuivre leur travail  à l’intérieur même de l’institution.

L’apport significatif des femmes engagées en pastorale

Dans une Église où les ministres ordonnés sont encore exclusivement des hommes, la présence de nombreuses femmes en pastorale, constitue un enrichissement certain de la vie ecclésiale. Ces femmes donnent un nouveau visage à l’Église, elles suscitent un nouvel élan vers la réalisation d’une Église-communion. Par leur souci de la vie sous toutes ses formes, par leur manière d’être, par leur expérience de foi ancrée dans un vécu de mères et d’éducatrices, elles apportent une autre parole, un autre regard, une autre façon de vivre la mission ecclésiale, somme toute, une manière   autre  «d’être et de faire Église». Toutes les dimensions pastorales d’accueil, de convivialité, d’écoute et d’attention aux personnes, d’une façon toute spéciale aux personnes pauvres, démunies, marginalisées, exclues, y gagnent!

Fortes d’expériences de toutes sortes, plusieurs de ces femmes manifestent une grande liberté d’action, de pensée et de prise de parole. Les anciennes comme  les nouvelles venues dans le monde de la pastorale ont beaucoup à inventer pour ne pas se laisser absorber par «l’ancien et presque unique modèle clérical » qui apparaît, aux yeux des plus sensibilisées, peu susceptible de répondre efficacement aux impératifs de la mission de  l’Église d’aujourd’hui. Cependant, le danger de «cléricalisation des laïcs» est toujours là. Plusieurs s’y glissent facilement, inconsciemment, peut-être, alors que d’autres ont un réel désir de  «faire  Église autrement». Elles questionnent certaines approches pastorales et prennent courageusement une distance avec la façon traditionnelle,  encore trop imbue d’une culture  patriarcale, de répondre à la mission. Elles font preuve de patience et de vigilance. Mais, souvent leur patience est à bout!

Elles réagissent au fil du quotidien, prennent position et suggèrent des alternatives en vue de la mise en place d’un véritable partenariat, hommes-femmes, clercs-laïques. Partenariat qui repose sur une égale dignité et responsabilité de l’homme et de la femme dans la mission de l’Église. Un partenariat qui exige des attitudes et des relations de réciprocité, d’égalité  et non de complémentarité, et encore moins, de dominant-dominé. Beaucoup d’efforts ont été faits dans l’Église du Québec pour y parvenir. De nombreuses démarches de réflexion et d’animation sur le thème du partenariat[13], ont été vécues par un grand nombre d’agentes et d’agents pastoraux,  clercs et laïques. Faire la promotion du partenariat menace l’ordre patriarcal et fait monter des résistances… C’est dire que la route du partenariat hommes et femmes en Église, qui vise la mise en place d’une Église de disciples égaux, demeure difficile, pleine d’embûches et de résistances de toutes natures. En dépit de tout, il importe de tenir, d’aller de l’avant ! L’avenir de l’Église en dépend !

La plupart des femmes sont conscientes de l’importance et de la fécondité du travail d’équipe et préconisent une gestion participative, un pouvoir non hiérarchique, partagé en toute égalité avec les clercs. Avec réalisme et lucidité, elles résistent aux obstacles et demandent de participer aux prises de décisions pastorales. Elles réclament aussi les marges de manœuvre nécessaires comprenons le pouvoir requis pour accomplir leurs tâches pastorales et répondre jusqu’au bout des responsabilités qui leur sont confiées. Si, aujourd’hui encore, quelques femmes sont présentes dans des lieux où s’élaborent des orientations et se définissent des priorités pastorales tels que : conseil de l’évêque, comité des nominations, conseil diocésain de pastorale, il n’en demeure pas moins que, dans le concret de la vie, dans la pratique pastorale quotidienne,  elles ont toujours un « statut de subalternes » et demeurent  soumises à la supervision des clercs car elles n’ont pas un réel accès aux prises de décisions. Il y a  un grand décalage entre ce que les femmes font et assument dans l’Église et la reconnaissance qu’elles en ont. On peut même dire que les femmes font l’Église en très grande partie  mais elles n’ont pas de place dans le « visage officiel de l’Église ».

Pourtant, elles sont plus nombreuses que les hommes à fréquenter les églises. Mandatées par leur évêque ou bénévoles, elles sont aussi plus nombreuses que les hommes à servir généreusement la communauté ecclésiale. Comment justifier, aujourd’hui encore, qu’elles doivent rester, parce que femmes, à l’écart des prises de décisions et des ministères ordonnés, même des ministères institués?  Avec persévérance et créativité, elles doivent continuer de travailler à la mise en place d’une véritable et effective coresponsabilité dans la prise en charge des divers projets pastoraux. Mais que de chemin encore pour y arriver! La culture cléricale est forte, dominante et lente à s’ouvrir à un réel partage du pouvoir avec les laïques, encore plus avec des femmes! En prendre conscience, c’est commencer à vouloir changer des choses….

Pour assurer le mieux possible leurs responsabilités pastorales avec compétence, un grand nombre de ces femmes se sont donné  une solide  formation théologique. On ne dira jamais assez avec quel courage et sens de l’organisation, la plupart d’entre elles ont su conjuguer les exigences familiales, le service ecclésial et la poursuite d’études universitaires dont elles ont, en général, assumé les frais de scolarité. Un grand nombre détiennent un baccalauréat en théologie ou en études pastorales, plusieurs une maîtrise ou un doctorat en théologie. Elles n’hésitent pas non plus à s’inscrire aux sessions de formation continue offertes  par les centres diocésains  pour  des  mises à jour relatives aux nouvelles approches pastorales et catéchétiques ainsi qu’aux différents aspects d’un leadership pastoral de participation. Jusqu’à maintenant, malgré  leur compétence théologique et pastorale, malgré leurs indispensables services à la communauté, ces femmes demeurent exclues du  «leadership pastoral officiel ».

Ces femmes, pour la plupart, sont moins intéressées à s’investir dans une pastorale de soutien que motivées, dans une optique  missionnaire, à aller vers les gens, à les rejoindre là où ils sont afin de les aider à découvrir les valeurs évangéliques qu’ils vivent, souvent sans savoir les nommer. Cependant, ce «faire Église autrement», qu’implique la dimension missionnaire de l’Église, appelle de nouvelles approches pastorales.  Vaste chantier que celui-là et qui n’en est qu’à ses débuts![14] Il faut se réjouir des efforts que plusieurs diocèses font actuellement pour revivifier les processus d’éducation à la vie chrétienne, tant pour les adultes que pour les jeunes. Là encore, ce sont en grande majorité les femmes qui s’y engagent!

Il faudrait parler longuement de l’apport spécifique des théologiennes du Québec. Notons simplement que plusieurs enseignent dans les facultés de théologie et sont parties prenantes des grands débats qui alimentent la réflexion théologique et pastorale. Elles proposent des pistes nouvelles en exégèse, en ecclésiologie comme en théologie des ministères. Leur accorder davantage d’attention serait, sans contredit, enrichissant pour l’Église ! De nombreuses publications[15] témoignent de leur travail.

Les avancées et les reculs qui ont marqué, jusqu’à maintenant, le cheminement pastoral des femmes

Des pas importants ont été réalisés dans l’Église du Québec depuis les années 80. Rappelons-en quelques-uns. En 1982, les évêques du Québec mettaient sur pied le réseau des Répondantes diocésaines pour la condition de la femme dans la société et dans l’Église. Heureuse initiative qui manifestait concrètement la volonté de nos pasteurs de se mettre à l’écoute du vécu des femmes et de leur apporter support et encouragement dans l’amélioration de leur situation dans l’Institution ecclésiale et dans le monde. En  mars 1986, l’Assemblée des évêques du Québec tenait, avec la participation de nombreuses femmes, une session d’étude sur « Le mouvement des femmes et l’Église ». L’objectif de cette rencontre était : « d’approfondir la réflexion sur la condition des femmes dans l’Église, à travers une expérience de partenariat, et de proposer des actions concrètes à mettre en œuvre afin de faire un pas vers l’égalité des femmes et des hommes dans l’Église ».  Les évêques reconnaissaient ouvertement que « le défi essentiel que pose le mouvement des femmes est, de toute évidence, la transformation des rapports hommes-femmes, autant dans l’Église que dans la société ».[16] Somme toute, on en était à la recherche d’un équilibre des rapports. 

Un élan des plus prometteurs était alors donné qui irait croissant jusqu’en 1995. Il s’est fait beaucoup de travail pour implanter le langage inclusif[17], pour lutter contrer la violence envers les femmes[18], pour sensibiliser au partenariat dans l’Église[19]. Comment ne pas souligner la collaboration particulièrement dynamique et courageuse, voire audacieuse, de plusieurs évêques d’ici  pour la reconnaissance de la place des femmes et du bien-fondé de leurs ministères pastoraux dans l’Église québécoise ? Pendant cette même période, les importantes études  du Comité épiscopal des ministères relatives à de « nouvelles pratiques ministérielles », contribuaient à soutenir l’engagement et à confirmer la « vocation ministérielle » des laïques engagés en Église. Toutes les questions d’alors n’ont pas toutes trouvé réponse. C’est pourquoi, aujourd’hui encore, la réflexion doit se poursuivre, s’intensifier même.

Cependant, depuis quelques années, les évêques du Québec, eux qui, lors des synodes à Rome en 1971 et 1986, n’avaient pas manqué les occasions de parler de la place des femmes dans l’Église[20], sont devenus plus silencieux.  Nous le regrettons. Nous voulons voir dans leur silence, une façon de préserver ou de ne pas compromettre les acquis réalisés par les femmes dans leur participation à la mission de l’Église d’ici.

Même si,  sur le terrain, ces femmes peuvent individuellement compter sur l’appui de leurs pasteurs et de plusieurs prêtres, dans les faits, en raison du contexte ecclésial actuel, les avancées des femmes, engagées en Église, sont beaucoup plus lentes aujourd’hui, et donnent souvent l’impression de reculs, de piétinements qui ne sont pas sans amoindrir les espoirs et questionner l’avenir. Et ce silence  prudent de nos pasteurs se manifeste, à l’égard des groupes de femmes engagées en Église,  par un  support moins explicite et un dialogue moins ouvert.   Et pour cause !

Plusieurs documents romains émis depuis les années 90 :

  • la Lettre apostolique Ordinatio sacerdotalis de mai 1994,  

  • la Note de la Congrégation pour la Doctrine de la foi Sur l’ordination exclusivement réservée aux hommes, en mai 1995,

  • l’Instruction romaine du 15 août 1997   Sur quelques questions concernant la collaboration des fidèles laïques aux ministères des prêtres,

ont largement brimé les attentes des femmes et ébranlé leurs motivations  en regard de leur service pastoral. Elles ont aussi, nous semble-t-il, freiné l’enthousiasme et l’ouverture de nos Pasteurs pour la «reconnaissance officielle» des ministères assumés par des laïques, très majoritairement des femmes.

Depuis, graduellement, les ouvertures entrevues par les femmes dans l’institution ecclésiale québécoise se referment. Sans tarder, la réaffirmation du monopole ministériel des prêtres se fait explicitement fait sentir. On en prendra comme illustration la réorganisation actuelle des paroisses en « méga-paroisses »,  regroupement de plusieurs paroisses sous l’autorité quasi exclusive  des prêtres.  Quel critère  préside à l’établissement d’une telle paroisse ? La disponibilité  du prêtre ou l’existence d’une communauté ? Question importante qu’on ne peut pas ne pas considérer. La politique de fusion des paroisses axée sur le nombre de prêtres disponibles, tient-elle compte du noyau dur des petites ou moyennes communautés paroissiales  et du sentiment d’appartenance des baptisés à ces communautés?  De plus, ne remet-elle pas subtilement en question les fonctions de coordonnatrices ou de responsables de paroisse assumées par des laïques, surtout des femmes, depuis plusieurs années, dans le contexte privilégié d’une Église qui se voulait communionnelle,  missionnaire et tout entière ministérielle ?  A-t-on raison d’y voir une stratégie à court terme, une stratégie de «colmatage» en quelque sorte?[21]

En agissant ainsi, ne repousse-t-on pas à demain un problème d’aujourd’hui plutôt que de profiter de la situation actuelle de manque de prêtres pour mettre en place des stratégies de renouveau pour l’animation des communautés  en  responsabilisant davantage les baptisés dans la prise en charge de leurs communautés ecclésiales?  Qu’adviendra-t-il de l’animation des communautés chrétiennes dans cinq ans où la pénurie de prêtres sera encore plus grande qu’aujourd’hui ?  Il nous semble que les choix actuels  nous maintiennent dans une situation précaire, qui ne porte pas de promesses pour l’avenir ou si peu ! Est-ce par manque de créativité, d’invention, d’audace apostolique ?  Serait-ce à cause d’une ecclésiologie  et d’une théologie des ministères qui tardent à se renouveler ? Ou encore, en raison d’une interprétation étroite et rigide du droit canonique ?  Que fait-on de la vie qui devance toujours les lois  et  remet en question  certaines structures ?   Ce sont autant de questions que se posent de nombreuses femmes engagées en Église et soucieuses de l’épanouissement et de la vitalité de communautés chrétiennes à dimension humaine.

Dans le contexte ecclésial actuel qui marque, aux yeux d’un grand nombre, un retour en arrière par rapport à Vatican II  et qui remet en question des expériences pastorales qui s’étaient avérées heureuses dans plusieurs Églises diocésaines du Québec,  il devient de plus en plus difficile pour  des femmes, qui consacrent temps et énergies au service de la mission de l’Église, de garder élan et espérance.  D’autant plus, que jusqu’à maintenant, le statut des laïques en pastorale est toujours un «statut de suppléance». Dès qu’un clerc est disponible, il prend la place de ces laïques «supplétifs», qui pourtant assumaient leurs ministères de façon satisfaisante. D’ailleurs, pour de multiples raisons, leur nombre de cesse de diminuer depuis 1998[22].  Qualifier en termes de « suppléance » les ministères assumés aujourd’hui par les laïques  est,  pour le moins,  significatif  de la  réticence  des responsables de l’Église à reconnaître la «diversité des charismes des baptisés qui les mettent en état d’accomplir des ministères pour bâtir le Corps du Christ», comme l’affirme Paul dans l’Épître aux Éphésiens.[23].  N’est-on pas justifié de questionner une certaine pratique du pouvoir[24] dans l’Église, la théologie des ministères et  l’ecclésiologie qui la justifient ?

Depuis plusieurs années, plusieurs facteurs se conjuguent et font que la  vie est de plus en plus difficile pour les femmes engagées en Église :

  •  la réception « mitigée » de Vatican II et le  mouvement de « restauration » dans l’Église;

  •  un certain conservatisme pour tout ce qui concerne les rapports ecclésiaux : clercs/laïcs, hommes/femmes;

  •  le monopole ministériel des clercs;

  •  la non-reconnaissance officielle des ministères assumés par les laïques;

  •  les difficultés financières croissantes des diocèses et des paroisses et leur impact dans les choix pastoraux;

  • le manque de ressources cléricales pour répondre aux besoins urgents de l’évangélisation conjugué aux restrictions ministérielles des laïques;

  • la précarité d’emploi des femmes engagées en Église;

  •  la diminution importante du nombre d’agentes et d’agents laïques de pastorale;

  • les directives romaines qui concernent les laïcs et particulièrement les femmes.

Un bon nombre de femmes engagées en Église ne veulent pas baisser les bras pour autant. De diverses façons, elles tentent de poursuivre la marche en avant. Cependant, elles ont besoin de plus de support, d’encouragement, de mise à jour de leur savoir théologique, biblique, catéchétique, etc. L’amélioration de leur situation ecclésiale s’avère nécessaire pour maintenir leur espérance.

Mais pour plusieurs, la 25e heure pour l’Église a sonné. Des changements en profondeur sont attendus. Il y a des ouvrières, et des ouvriers aussi, qui sont disponibles pour participer à la mise en œuvre d’une  façon autre « d’être et de faire Église ».  Certes, pensent-elles qu’il n’est pas trop tard[25] pour l’Église du Québec qui, espérons-le, n’a pas dit son dernier mot et garde espérance en un avenir meilleur. Fortes de cette espérance têtue, des femmes demeurent présentes, responsables, actives et profondément engagées dans la  mission de l’Église, aujourd’hui.  LÉglise  peut-elle se passer de ces femmes ?

La ténacité patiente, mais inébranlable, des femmes à continuer de revendiquer l’accès aux ministères ordonnés.

« La difficulté à établir une relation juste entre le prêtre et le laïc est porté au carré, dirais-je en langage mathématique, lorsque le laïc est une femme », dit Mgr Claude Frikart, évêque auxiliaire émérite de Paris. Et il ajoute : « Si on reconnaissait la grâce propre de la femmes, si on respectait concrètement le partenariat homme-femme et laïc-prêtre, au nom de quoi refuser encore aux femmes l’accès  au ministère sacerdotal ? Ne serait-ce pas parce que les hommes en général et les prêtres en particulier veulent conserver un pouvoir en risque de s’effriter ? (…) Je regrette profondément que cette question soit l’objet d’un tel blocage passionné »,[xxvi] dit encore cet évêque.  Nous aussi nous le  regrettons !

Il semble bien qu’on ne pourra parler d’une reconnaissance pleine et entière de l’égalité des femmes et des hommes dans l’Église tant qu’on n’aura pas levé l’exclusion des femmes au diaconat et au presbytérat.  C’est à cette condition seulement qu’on rendra possible l’apport plénier des femmes à la vie et à la mission de l’Église et aux décisions qui engagent sa pensée et son action pastorale. N’est-ce pas là une question de crédibilité pour l’Église quand elle s’adresse à la moitié de ses membres.?  La levée de cette exclusion concerne aussi le respect de la mémoire du Christ : «ce qu’Il a fait et ce qu’Il ferait aujourd’hui», ainsi que la manière dont se prennent, dans l’Église, les décisions se rapportant aux femmes et, en général, toutes les décisions qui s’adressent à la communauté ecclésiale tout entière.

Faudra-t-il un Concile, pour que soit levée l’exclusion des femmes  aux ministères ordonnés, et en conséquence, au leadership pastoral officiel ?

 

 

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[1] Jn I, 51-52

[2] Mc 28,10

[3] Joan Chittester, OSB. « La chute du Temple, un appel à la formation », in Bulletin no 118 de UISG 2002, p. 37.

[4] Dans cette intervention, quand je parle des femmes, je fais plus directement référence à ces femmes laïques, agentes de pastorale, mandatées par l’évêque et rémunérées pour leur travail pastoral sans pour autant oublier l’apport précieux des nombreuses bénévoles. Globalement, ce que nous disons des agentes de pastorales vaut pour toutes les femmes chrétiennes engagées dans leur communauté.

[5] Ap. 21,5.

[6] Cf. Les soutanes roses, Bellarmin, Montréal, 1988,p.  206.

[7] Cf. Voix de femmes, voies de passage, Éditions Paulines, Montréal, 1995,  p. 153 et ss.

[8] Sesboüé, Bernard, « Les animateurs pastoraux laïcs » in Études, sept. 1992, p. 262.

[9] Duperray, Georges, « Ministères laïcs. Une nouvelle tradition » in Études, juill.-août 1993, p. 72.

[10] Cette étude publiée en 1988, trace le Portrait du personnel pastoral féminin au Québec. Cette enquête met en relief la part considérable de travail que les femmes accomplissent dans l’Église, les fait sortir de l’ombre et leur donne de prendre une place dans la sphère publique.

[11] Cette recherche qualitative, publiée en 1995, est le fruit d’une mise en commun d’expériences, de consultations, d’analyses critiques et d’actions concertées. Elle présente une lecture théologique et ecclésiologique des pratiques pastorales des femmes engagées en pastorale et fait appel à des changements profonds dans l’Église. Les quatre enjeux mis en relief posent de véritables défis à l’Église d’ici.

[12] Cf. Symposium en 1996 sur « Le partenariat hommes et femmes en Église », Comité des Affaires sociales de l’A.E.Q, Québec, 1996. Actes du Symposium : Pleins feux sur le partenariat en Église,  Éd. Paulines, 1997.
Cf Démarches d’animation pour développer une culture partenariale en Église. Comité des Affaires sociales, Assemblée des évêques du Québec, Éd. Paulines, 1997.

[13] En 1998, Femmes et Ministères réalisait des sessions sur le changement dans des diocèses du Québec.   Vingt-quatre projets  prennent forme. On trouve des jalons d’analyse sociopastorale de ces projets dans Projets de femmes. Église en projet  de Pierrette Daviau, Éd Paulines, 2000.

[14] Cf La bibliographie à la fin de l’article de Marie-Andrée Roy, « Les femmes, le féminisme et la religion », Site Internet :  http://sisyphe.org/article.php3?id_article=447

[15] A.E.Q. La concertation des Églises diocésaines : évaluation et défis. Ed. Fides, 1988, p. 56.

[16] Cf. Ateliers sur Le langage inclusif, C.E.C.C., 1990.

[17] Cf. Bilan des sessions sur «Violence en héritage», Comité des affaires sociales de l’Assemblée des évêques du Québec, 1992.

[18] Cf. Guide d’animation. Femmes et hommes, partenaires dans l’Église, Comité des affaires sociales de l’Assemblée des évêques du Québec, 1991.

[19] Voir les textes de leurs interventions dans le  Rappel historique des interventions de la CECC concernant les femmes. CECC, 2000, p. 58 ss.

[20] Cf. Olivier Le Gendre. Lettre aux successeurs de Jean-Paul II, Desclée de Brouwer, 2002. Cf. Normand  Provencher. Trop tard ? L’avenir de l’Église d’ici. Novalis, 2002, p. 137.      

[21] Selon les statistiques obtenues en mai 2003 du Secrétariat de l’Assemblée des évêques, les femmes agentes de pastorale (elles représentent 80% du personnel pastoral laïque) de plus de 2000 qu’elles étaient en 1998, elles n’étaient plus  que1277 en 2000 et 1093, en 2002. Je n’ai pas les chiffres pour 2003.

[22] Éph 4,12.

[23] À ce sujet, cf.  le cahier d’animation publié par Femmes et Ministères La 25e heure pour l’Église qui questionne fortement la façon d’exercer le pouvoir dans l’Église.

[24] Cf. Normand Provencher, Trop tard ?, Novalis, 2002, pp. 211-221.

[25] Claude Frikart, 15 questions à l’Église sur son histoire. Mame/Plon, Paris, 2003

 

 

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