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Congrès eucharistique : et les exclus, et les femmes?
Marco Veilleux

 


 

Texte paru dans Le Soleil (Québec) à la veille du Congrès eucharistique international 2008.

Dans quelques jours, le Congrès eucharistique international de Québec battra son plein. Pour plusieurs catholiques, cet événement sera l'occasion de célébrer leur foi dans la joie et l'espérance. Sa préparation a déjà mobilisé un bon nombre de personnes. Pensons particulièrement aux agentes et agents de pastorale du diocèse de Québec, aux prêtres et aux laïcs qui, depuis quatre ans, ne ménagent pas leurs efforts pour la réussite de ce grand rendez-vous.

Des exclus qui interpellent

Pour célébrer dans la vérité, il convient toutefois de garder une place dans nos pensées pour nos frères et soeurs qui sont exclus de la fête. Nous le savons : des débats, des discours et des pratiques difficiles à comprendre traversent la communion catholique. Des hommes et des femmes se sentent marginalisés, méprisés, blessés ou parfois même scandalisés par notre Église. C'est pourquoi, tout en ayant le cœur aux festivités, notre conscience de croyantes et de croyants demeure interpellée.

En effet, comme l'écrivait si bien le regretté Fernand Dumont : « Tant que les incertains, les divorcés, les mal-aimés, tous ceux qui contreviennent ou cèdent aux idéologies de ce monde se sentiront à l'écart de l'Église, on aura manqué à l'Évangile. Au ras du sol, des communautés chrétiennes et des pasteurs l'ont compris depuis longtemps; souhaitons que, sous sa figure officielle, l'Église le professe aussi ouvertement » (Une foi partagée, Bellarmin, 1996, p. 262).

La pleine égalité des femmes

Le 49e Congrès eucharistique international de Québec mettra également en lumière, malheureusement, le statut inégalitaire réservé aux femmes dans l'Église catholique romaine. À toutes les messes qui y seront célébrées – et particulièrement lors de la plus solennelle d'entre elles, qui se tiendra sur les plaines d'Abraham – , nous pourrons le constater : au sein du catholicisme, plus de 2000 ans après que le Christ ait réconcilié toutes nos divisions en sa personne (Galates 3, 27-28), aucune femme baptisée ne pourra présider ou coprésider l'eucharistie, ni même y prononcer l'homélie.

Malgré toutes leurs compétences et alors qu'elles contribuent largement à sa vie, les femmes sont, en effet, occultées du visage et de la parole officiels et sacramentels de cette Église. L'autel ne sera donc entouré que d'hommes. Cela ne manquera pas de nous sauter aux yeux, marqués que nous sommes par une culture où l'égalité des sexes est devenue une valeur fondamentale et vivant dans une société où les femmes ont – en principe – accès aux mêmes fonctions de service et de responsabilités que les hommes.

En outre, ce que plusieurs catholiques n'ignorent plus, c'est qu'aucun argument biblique ou théologique indiscutable ne peut fonder et justifier éternellement cette exclusion des femmes des ministères ordonnés. Preuve en est que des Églises sœurs, telles l'Église anglicane et l'Église unie du Canada, ont ouvert depuis des décennies la voie ministérielle aux femmes. Cela a d'ailleurs contribué à dynamiser leur vie pastorale.

La pleine reconnaissance des femmes dans l'Église catholique romaine s'impose de manière incontournable. Pourra-t-on encore longtemps refuser de « lire les signes des temps » et ignorer les appels de l'Esprit? Cet enjeu est pourtant au cœur de la réconciliation des Églises chrétiennes entre elles. Il est, surtout, une des conditions de leur capacité à témoigner avec crédibilité du Christ, « don de Dieu pour la vie du monde ».

 

 

 

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