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Texte paru dans
Le Soleil (Québec) à la veille du
Congrès eucharistique international 2008.
Dans quelques
jours, le Congrès eucharistique international de
Québec battra son plein. Pour plusieurs
catholiques, cet événement sera l'occasion de
célébrer leur foi dans la joie et l'espérance.
Sa préparation a déjà mobilisé un bon nombre de
personnes. Pensons particulièrement aux agentes
et agents de pastorale du diocèse de Québec, aux
prêtres et aux laïcs qui, depuis quatre ans, ne
ménagent pas leurs efforts pour la réussite de
ce grand rendez-vous.
Des
exclus qui interpellent
Pour célébrer
dans la vérité, il convient toutefois de garder
une place dans nos pensées pour nos frères et
soeurs qui sont exclus de la fête. Nous le
savons : des débats, des discours et des
pratiques difficiles à comprendre traversent la
communion catholique. Des hommes et des femmes
se sentent marginalisés, méprisés, blessés ou
parfois même scandalisés par notre Église. C'est
pourquoi, tout en ayant le cœur aux festivités,
notre conscience de croyantes et de croyants
demeure interpellée.
En effet, comme
l'écrivait si bien le regretté Fernand Dumont :
« Tant que les incertains, les divorcés, les
mal-aimés, tous ceux qui contreviennent ou
cèdent aux idéologies de ce monde se sentiront à
l'écart de l'Église, on aura manqué à
l'Évangile. Au ras du sol, des communautés
chrétiennes et des pasteurs l'ont compris depuis
longtemps; souhaitons que, sous sa figure
officielle, l'Église le professe aussi
ouvertement » (Une foi partagée,
Bellarmin, 1996, p. 262).
La
pleine égalité des femmes
Le 49e Congrès
eucharistique international de Québec mettra
également en lumière, malheureusement, le statut
inégalitaire réservé aux femmes dans l'Église
catholique romaine. À toutes les messes qui y
seront célébrées – et particulièrement lors de
la plus solennelle d'entre elles, qui se tiendra
sur les plaines d'Abraham – , nous pourrons le
constater : au sein du catholicisme, plus de
2000 ans après que le Christ ait réconcilié
toutes nos divisions en sa personne (Galates 3,
27-28), aucune femme baptisée ne pourra présider
ou coprésider l'eucharistie, ni même y prononcer
l'homélie.
Malgré toutes
leurs compétences et alors qu'elles contribuent
largement à sa vie, les femmes sont, en effet,
occultées du visage et de la parole officiels et
sacramentels de cette Église. L'autel ne sera
donc entouré que d'hommes. Cela ne manquera pas
de nous sauter aux yeux, marqués que nous sommes
par une culture où l'égalité des sexes est
devenue une valeur fondamentale et vivant dans
une société où les femmes ont – en principe –
accès aux mêmes fonctions de service et de
responsabilités que les hommes.
En outre, ce que
plusieurs catholiques n'ignorent plus, c'est
qu'aucun argument biblique ou théologique
indiscutable ne peut fonder et justifier
éternellement cette exclusion des femmes des
ministères ordonnés. Preuve en est que des
Églises sœurs, telles l'Église anglicane et
l'Église unie du Canada, ont ouvert depuis des
décennies la voie ministérielle aux femmes. Cela
a d'ailleurs contribué à dynamiser leur vie
pastorale.
La pleine
reconnaissance des femmes dans l'Église
catholique romaine s'impose de manière
incontournable. Pourra-t-on encore longtemps
refuser de « lire les signes des temps » et
ignorer les appels de l'Esprit? Cet enjeu est
pourtant au cœur de la réconciliation des
Églises chrétiennes entre elles. Il est,
surtout, une des conditions de leur capacité à
témoigner avec crédibilité du Christ, « don de
Dieu pour la vie du monde ».
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