La pulsion sexuelle est cette force qui pousse à
créer, à aimer et à entrer en relation avec
soi-même et avec d’autres. C’est vital pour l’être
humain de se prolonger dans la création et de se
compléter dans des liens et des relations tant aux
niveaux humain que spirituel. De la sexualité
découle la santé globale (physique, affective,
spirituelle, c’est-à-dire le sens de la vie). Cela
touche également les valeurs personnelles et
sociales et même la grandeur ou le déclin d’une
société.
Le corps professionnel, les parents, l’État ont la
responsabilité de promouvoir la santé globale et
la croissance humaine.
La fin de l’année 2005 a été couronnée par des
actes gouvernementaux peu éloquents à cet égard.
Le gouvernement du Québec, qui se dit les poches
vides, a voté 1 000 000 $ pour des publicités sur
internet. Selon cette innovation, on croirait que
les Québécois sont tellement ignorants sur la
sexualité humaine que les publicités utilisent des
animaux. Le fait que des animaux se font des
« minouches » devrait inciter les 30-35 ans à
utiliser le condom. Des « experts » en publicité
affirment que c’est un succès du côté du
marketing ; le message « Vivez une sexualité
animale, mais n’oubliez pas le condom » est clair.
En clinique, on constate le désastre sexuel centré
sur le seul instinct. Ce qui implique la
problématique sexuelle humaine, c’est que la
personne a, en plus de l’instinct animal, une
dimension affective et spirituelle (sens de la
vie).
Quand la blessure morale n’est pas traitée, la
pulsion érotique prend facilement le chemin de la
déviance. Cela explique que l’être humain peut
s’adonner à des pratiques sexuelles déviantes, ce
qu’aucun animal ne ferait.
La publicité avec les animaux serait-elle, de la
part du Ministère de la Santé, un message disant
que l’animal peut être plus responsable que l’être
humain ? Réveillons-nous, dès maintenant, avant
que la bête dicte à l’humain le chemin de
l’harmonie sexuelle !
Plus récemment, la Cour suprême du Canada a
décriminalisé la pratique de l’échangisme. Les
policiers n’auront plus à s’introduire dans ces
lieux où des groupes d’adultes optent pour mettre
du « piquant » dans leurs pratiques sexuelles. Un
problème de réglé : moins d’arrestations, moins de
comparutions en justice civile. Où donc est
l’effort des autorités suprêmes pour ajouter à ce
volet une proposition de sexualité saine ?
Hélas ! il en fut ainsi quand le jeu amoureux
entre enfants de 14 ans et adultes a été
décriminalisé. Les jeunes de 14-17 ans prennent
donc pour acquis qu’ils peuvent faire du sexe et
leurs parents n’ont plus rien à dire.
En pédiatrie, les 14-17 ans sont traités en
mineurs ; toutefois, pour ce qui touche la
sexualité, ils sont considérés comme adultes. Les
parents doivent se responsabiliser auprès de leurs
jeunes, tant qu’ils sont aux études ; mais, pour
le domaine sexuel, ils n’ont plus de pouvoir
d’autorité. La science est claire, à ce sujet : un
être humain peut difficilement devenir responsable
de ses actes avant l’âge de 25 ans. Dans notre
société actuelle, l’âge majeur est de 18 ans ;
cependant, les parents voient le besoin de guider
et d’orienter leurs enfants jusqu’à environ 24
ans. Pourquoi nos autorités gouvernementales
semblent-elles ignorer la réalité de la nature
humaine et son mode de fonctionnement ?
Le gouvernement a investi des ressources
financières dans des propositions médicales qui
ont considéré l’être humain uniquement dans ses
aspects biophysiologiques. Nous nous retrouvons
donc, comme conséquence, avec des résultats
alarmants : de plus en plus de ITS (MTS),
infections transmises sexuellement et un taux
croissant de grossesses non désirées lesquelles,
pour la plupart, se terminent par une intervention
chirurgicale (avortement) sans en mesurer les
conséquences à tous les niveaux. Nous vivons de
plus en plus, présentement, le phénomène du
« fun » à n’importe quel risque et à n’importe
quel prix. Très tôt, les enfants apprennent que la
sexualité, c’est du sexe pour du sexe, du cul sans
amour.
Présentement, l’être humain a recours à la
médecine pour corriger les conséquences de ses
ébats amoureux qui devraient être, d’abord et
avant tout, une expression d’amour.
Qu’en est-il de cette sexualité dite humaine ?
En tant que société, nous semblons ignorer que
l’acte sexuel ne se limite pas à des organes
génitaux qui peuvent produire des sensations
fortes. Pourquoi continuer à offrir des
propositions qui se limitent au pénis, au vagin,
au condom et aux hormones ? En sexologie, il est
reconnu que le principal organe sexuel de l’être
humain est le cerveau.
Le cœur d’une sexualité humaine, c’est
l’expérience affective d’où découlent les émotions
et les sentiments et, par conséquent, la
satisfaction ou la détresse de l’être humain.
En 2006, les enfants, les jeunes et les adultes
ont droit à une éducation qui répond à leurs
besoins. Aujourd’hui, qui peut offrir cet
enseignement ? Les jeunes auraient le droit de
faire une réclamation collective d’avoir été
victime de propositions de consommation de sexe
qui ont brimé leur développement et leur capacité
d’aimer. Loin d’être protégés par les intervenants
tant au niveau politique que professionnel, ils
ont été mis dans un océan agité où n’importe qui
pouvait les exploiter et dévorer.
Nous voici devant des faits accomplis : le déclin
de l’amour et de la sexualité humaine est à nos
portes. Il faut donc faire un appel à tous. Qui
veut collaborer ? Il est souhaitable que les
médias en parlent et que les citoyens, désireux
d’offrir à notre société une proposition saine en
sexualité aient aussi leur mot à dire et prennent
position.
Qui veut collaborer pour mettre sur pied le Projet
SEPT (sensibilisation, éducation, prévention
thérapie) pour que les intervenants, les parents,
les jeunes, les ados et les enfants aient les
outils nécessaires pour vivre une sexualité saine
et épanouissante ?
Adieu la répression sexuelle qui a permis que
croisse sous roche la vermine de la déviance
sexuelle.
Adieu le full sexe qui transforme le cœur humain
en une mécanique qui ne fait qu’aggraver ce
courant de déviance sexuelle. Ensemble nous
pourrons enfin donner à la sexualité sa juste
place et sa valeur.
Mme
Ross est docteure en sexologie clinique.
Pour la contacter : (418) 650-1184.
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