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L’écologie entre ombres et lumières
Marius Morin

 

 

 

Depuis les origines de notre existence, notre vision du monde évolue et change. Dans nos interrelations avec notre milieu de vie, nous sommes appelés à jouer un double rôle. D’une part, comme êtres vivants, nous devons nous adapter à notre environnement et le protéger comme on protège un bien essentiel. D’autre part, comme être pensant, « l'homme est à la fois créature et créateur de son environnement, qui assure sa subsistance physique et lui offre la possibilité d'un développement intellectuel, moral, social et spirituel. Dans la longue et laborieuse évolution de la race humaine sur la terre, le moment est venu où, grâce aux progrès toujours plus rapides de la science et de la technique, l'homme a acquis le pouvoir de transformer son environnement d'innombrables manières et à une échelle sans précédent » (Déclaration finale de la Conférence des Nations Unies sur l'environnement, Stockholm  1972, Paragraphe 1).

Notre devoir de protéger et de transformer la nature

En effet, les deux composantes de l’environnement, c'est-à-dire l'élément naturel de l’écosystème et celui des inventions  humaines sont indissociables et nécessaires à notre bien-être et à la pleine jouissance de nos droits fondamentaux, y compris le droit à la vie et au bonheur. Nous devons continuellement apprendre à gérer l’incertitude de nos informations concernant l’environnement. Cependant nous devons respecter les trois formes d’existence de notre écosystème : le non-vivant, le vivant et le pensant, comme n’a pas cessé de nous le rappeler, contre vents et marées, le scientifique Vladimir Ivanovitch Vernadski, un minéralogiste et chimiste russe co-fondateur de la géochimie moderne. Depuis quarante ans, l’écologie nage entre ombres et lumières. Issue de la gauche, elle est présentement récupérée par la droite politique. Les écologistes désirent faire de l’écologie le fondement d’une nouvelle orientation du monde contemporain. Entre les écologistes et les scientifiques il y a beaucoup de dissensions et elles s’amplifient de jour en jour.

Peu importe qui la promeut, l’unique écologie de demain qui survivra sera celle qui aura su le mieux s’adapter à nos incertitudes environnementales et aux découvertes scientifiques. Aujourd’hui les scientifiques préfèrent parler de vagues successives  au lieu de déterminismes matérialistes qui ne peuvent être vus comme cohérents dans le mouvement perpétuel de notre écosystème. Notre défi et notre tâche à la fois, sera de  respecter d’une part la nature et de transformer, d’autre part, notre environnement, si  nous ne voulons pas disparaître. « L'homme doit constamment faire le point de son expérience et continuer à découvrir, à inventer, à créer et à avancer. Aujourd'hui, ce pouvoir qu'a l'homme de transformer le milieu dans lequel il vit, s'il est utilisé avec discernement, peut apporter à tous les peuples les bienfaits du développement et la possibilité d'améliorer la qualité de la vie. Utilisé abusivement ou inconsidérément, ce même pouvoir peut causer un mal incalculable aux êtres humains et à l'environnement » (Op. cit., Paragraphe 3).

L’écologie d’aujourd’hui, qui réunit plusieurs tendances, va-t-elle à l’encontre de l’épanouissement de l’homme, en freinant son développement industriel et économique, dans le but de sauver la planète? En d’autres mots, l’écologie actuelle se dresse-t-elle contre l’homme ou propose-t-elle un nouveau modèle humaniste pour l’humanité?

L’appel d’Heidelberg

Depuis les années soixante-dix, cette grande interrogation a provoqué l’éveil du monde scientifique. L’Appel d'Heidelberg, composé pour le Sommet de la Terre en 1992 par Michel Salomon et signé par de nombreux scientifiques (plus de 4 000 scientifiques de 100 pays, dont 70 Prix Nobel) fait une mise en garde aux décideurs des différents pays, en dénonçant toute idéologie écologique irrationnelle qui s’opposerait au progrès scientifique et technique et qui freinerait tout développement de l’humanité entière.  Voici très résumée la déclaration adressée aux chefs d’États et aux gouvernements, le 14 avril 1992, vingt ans après la déclaration enthousiaste de Stockholm: «  Nous souhaitons apporter notre pleine contribution à la préservation de notre héritage commun, la Terre. […] Nous soutenons qu’un État Naturel, quelquefois idéalisé par les mouvements qui ont tendance à se tourner vers le passé, n’existe pas et n’a probablement jamais existé depuis l’apparition de l’homme dans la biosphère, dans la mesure où l’humanité a toujours progressé par l’exploitation constante de la Nature pour ses besoins et non le contraire. Nous adhérons pleinement aux objectifs d’une écologie scientifique pour un univers dont les ressources doivent être inventoriées, contrôlées et préservées. Toutefois, nous exigeons que cet inventaire, ce contrôle et cette préservation soient basés sur des critères scientifiques et non sur des préconceptions irrationnelles. […] Nous considérons donc que l’écologie scientifique n’est rien de plus que le prolongement du progrès continuel à l’égard d’une vie meilleure pour les générations futures. Nous avons l’intention de faire valoir les responsabilités et obligations de la science à l’égard de la société. Nous prévenons toutefois les autorités en charge de la destinée de notre planète contre les décisions soutenues par des arguments pseudo-scientifiques ou des données fausses et non-pertinentes. »

« Nous attirons l’attention de tous à la nécessitée absolue d’aider les pays pauvres à atteindre un niveau de développement durable qui équivaut à celui du reste de la planète, de les protéger contre les problèmes et dangers engendrés par les pays développés, et de leur éviter de s’empêtrer dans un dédale d’engagements irréalistes qui pourraient compromettre à la fois leur indépendance et leur dignité. Les plus grands maux qui accablent notre Terre sont l’ignorance et l’oppression, et non la Science, la Technologie et l’Industrie dont les instruments, lorsqu’ils sont adéquatement gérés, deviennent les outils indispensables à un futur façonné par l’Humanité, par elle-même et pour elle-même, lui permettant ainsi de surmonter les problèmes majeurs tels que la surpopulation, la famine et les maladies répandues à travers le monde » (Déclaration signée au Somment de la Terre, en 1992, à Rio de Janeiro).

Il faut bien reconnaître que depuis le 19ème siècle, une certaine vision scientifique triomphaliste a dominé et causé certains dommages à notre planète. Tout ce qui était pensable et faisable scientifiquement, on le produisait sans égard à l’environnement. Combien de lacs, de fleuves et de rivières ont été contaminés et rendus imbaignables? Fort heureusement aujourd’hui, dans beaucoup de pays, on évite d’entreprendre de grands travaux de constructions et d’infrastructures, sans avoir au préalable une étude d’impact environnemental. Cependant le statu quo n’est pas la solution! Nous devons éviter le malentendu fondamental entre les tenants qui accusent la science et le progrès de détruire la planète et ceux qui proclament le salut exclusif et universel de l’écologie moderne. Nous sommes tous convier à revenir à la base de grands principes éthiques comme l’équité, la prudence, la prévention et la prévision. Comme le dit si bien le proverbe : « Mieux vaut prévenir que guérir! »

Dès 1960, Marshall McLuhan, le scientifique des communications de l’université de Toronto captive son auditoire en  décrivant le monde comme un village global où « le media est le message ».  D’une certaine manière, il avait raison. Le fait d’être informé ne veut pas nécessairement dire être solidaire. Voilà un enjeu de taille et le grand défi pour l’humanité! La solidarité naît trop souvent, hélas, après une épreuve, un danger, un accident, une catastrophe, etc. La détérioration de l’environnement nous a fait prendre conscience de la fragilité et des limites de notre habitat qu’est notre planète Terre. La Conférence de Rio de juin 1992, au Brésil, marqua un tournant décisif dans l’histoire de la planète. Là, les participants découvrirent deux choses : qu’il y a un lien inséparable entre la protection de l’environnement et le développement durable, d’un, et de deux que les pays industrialisés ne peuvent plus se passer des pays en voie de développement pour protéger efficacement l’écosystème de la planète.

L’essor économique d’après guerre

Si personne ne nie que les ressources naturelles de la Terre soient en quantité limitée, d’une part, tous s’entendent, d’autre part, qu’il y a des ressources qui semblent illimitées, et ce sont les ressources humaines. Les ressources intellectuelles, en particulier les sciences et la technologie, doivent être mises à la disposition de tous les États, pour le bien-être des futures générations toujours plus nombreuses de l’humanité.

Après la deuxième guerre mondiale, l’économie prit un essor sans précédent. On crée, on invente, on construit. Chacun veut sa maison, son confort intérieur, l’eau courante, l’électricité, le téléphone, le téléviseur, les appareils électro-ménagers, la voiture, autant de symboles d'un bonheur convoité. Or, à la surprise générale, un désenchantement du monde se manifeste un peu partout. La consommation atteint son paroxysme et la déception est générale: le bonheur n'est pas au rendez-vous! Voilà la racine de la révolte des jeunes Français de mai 1968 contre la société, avec le rejet des valeurs matérielles et la revendication de valeurs plus humaines : comme de meilleures relations sociales, la solidarité, la démocratie directe, l’égalité et la liberté. De ce terreau de mécontentements sont nés les différents courants écologistes des peace-and-love, des végétariens, des granolas, des écologistes gauchiste taoïstes et trotskistes, etc. La contre-culture est née: la culture rock-drogue-sexe.

À partir des années soixante-dix, deux forces vont surgir et se côtoyer : l’une idéologique et l’autre pragmatique. Le nouveau mouvement écologique se présente comme une nouvelle idéologie (une nouvelle religion) pour sauver ce qui reste de la planète Terre. L’écologiste anglais James Lovelock, des 1970, illustre cette idéologie dans son hypothèse Gaïa. La Terre est présentée comme un être vivant intelligent, s’autorégulant et à qui nous devons respect et révérence.  À sa suite plusieurs courants du Nouvel Âge développent différentes théories gaïennes. Ici nous sommes en présence d’une force de changement des mentalités individuelles et non de la société. Comment? Parce que ce mouvement écologique ne propose pas de projets de société précis, ne revendique pas de nouvelles formes de société. Il n’est pas programmatique et encore moins pragmatique. Il ne fait que questionner la place et le rôle des humains dans le continuum des êtres vivants. Cette philosophie écologiste ne distingue pas l’homme de l’animal et du vivant.  Les « écolos » ont trouvé le grand responsable de tous les bouleversements environnementaux, l’Homme.

Vers la même époque, nous assistons à de très grands changements géopolitiques : le démantèlement de l’Union soviétique et la chute du Mur de Berlin; la guerre froide entre l’URSS et les États-Unis s’estompe, les forces géopolitiques européennes changent et donnent naissance à l’Union européenne et à la nouvelle monnaie de l’Euro. Depuis une quarantaine d’années, toute une panoplie d’associations, de comités, de colloques, de conférences internationales à saveur scientifique se mettent en place pour parler d’écologie. (L’Écologie profonde ou la Deep Ecology, avec son bio-centrisme, les Sommets mondiaux des Nations Unies de 1972 à Stockholm, le Sommet de la Terre de 1992 à Rio de Janeiro, le Protocole de Kyoto de 1997, la mise en œuvre de l’Action 21 en 2002 à Johannesburg pour le XXIème siècle, le Fond mondial pour la vie sauvage, la WWF, le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat, le GIEC ou le IPCC, l’Empreinte écologique ou l’Ecological Footprint, les Amis de la Terre, le SOS Environnement, Greenpeace, et n’oublions pas les parties politiques s'occupant d'écologie – les Verts – qui surgissent un peu partout dans le monde.

D’un écologisme naturel à une écologie humaine

Si on prête attention à certains ténors écologistes, comme Al Gore avec son film « Une vérité qui dérange » et le dernier film « Home », nous courons à la catastrophe en ne prenant pas immédiatement des mesures radicales.  Le temps de la réflexion est terminé, c’est le moment d’agir. Est-ce un retour au passé, à la lampe à l’huile et à la voiture à cheval ? C’est en tout cas une manœuvre dans laquelle la peur occupe une place centrale. Nous avons peur de tout : des pluies acides, des trous dans la couche d’ozone, des gaz à effet de serre,  du réchauffement climatique, de l’épuisement des ressources naturelles et des énergies fossiles, de la pollution, des insecticides, du sexe-sida, de l’alcool, du tabac-cancer, des OGM, de la grippe aviaire, de la maladie de la vache folle, de la grippe porcine A-H1-N1, etc.

Les écologistes militent pour la conservation de la nature et demandent que chaque génération transmette à la suivante une nature dans son état originel. Mais cela est-il réaliste et souhaitable?  Mais comment savoir que nous consommons trop par rapport à la biocapacité de la planète? Le dernier rapport « Planète vivante » du WWF publié en 2008 montre que la planète est en perte régulière de biodiversité : - 31 % d'espèces de vertébrés terrestres, - 28 % d'eau douce, -27 % d'espèces marines. Supposons que ces chiffres de l’Empreinte écologique du WWF soient vrais, nous avons deux choix.  Ou bien on réduit la  consommation mondiale et sa population, ou bien on réduit drastiquement le niveau de vie des pays industrialisés du Nord, et pour que cela puisse se réaliser, il faudrait que ces pays abandonnent ou réduisent drastiquement l’électricité, l’eau potable, le transport, les industries, la machinerie agricole, les engrais, etc. En plus, il ne serait plus question de croissance démographique ni d’accroissement du niveau de vie. Par exemple, arrêter les recherches sur les ONG freinerait le développement agricole et serait une catastrophe pour le tiers-monde. La FAO, agence de l'ONU pour l'alimentation et l'agriculture, estime que 104 millions de personnes supplémentaires souffriront de la faim, en 2009, en raison de la crise économique et financière. Que faire?

Vers une écologie humaniste dans l’économie

Nous sommes conscients de la force de questionnement que provoque l’écologie, aujourd’hui. Mais encore faut-il qu’elle soit humaniste et qu’elle s’intègre progressivement dans l’économie réelle et non spéculative? Les différents mouvements écologistes provenant de la gauche sont de plus en plus récupérés par la droite capitaliste.  Aujourd’hui, nous constatons un nouveau phénomène dans le monde politique, en Amérique Latine, en Europe et en Afrique. Les nouveaux gouvernements tournent vers la droite et découvrent les vertus « politiques » de l’écologie. Le danger, c’est que les hommes politiques se laissent emporter par la vague écologique. Voilà pourquoi il est urgent de casser cette alliance émotionnelle écologique pour ramener les dirigeants à la raison de la science et de la technologie pour répondre aux problèmes réels du monde entier.

Nous venons d’assister à la dernière rencontre du G8 à Aquila en Italie. Le thème principal de l’agenda a porté sur le réchauffement climatique et la mise en œuvre de mesures de réduction des gaz à effet de serre. Comment nos « grands » de ce monde sont-ils arrivés là, alors qu’il y a dans le monde des millions de pertes d’emplois, des millions de faillites de petites entreprises, des millions de petits épargnants ruinés qui ont perdu toutes leurs économies et même leur maison? Comment demeurer insensible quand plus d’un milliard de personnes souffrent de la faim, quand le système financier mondial  se désintègre, quand les économies locales des États s’écroulent, et que nos dirigeants discutent du réchauffement climatique et de la taxe sur le carbone. Y a-t-il quelle que chose à y comprendre?

Une fois de plus, l’écologie est vitale pour tous et il ne s’agit pas d’être bêtement « antiécolo ». Arrêtons de mettre la Terre au centre au lieu de l’Homme. Je crois que l'écologie humaniste est une affaire sérieuse, qui nécessite un soin particulier et une expertise scientifique. Elle doit s’harmoniser à la qualité des actes de la vie quotidienne comme boire, manger, respirer, partager, communiquer, travailler, voyager, etc. Les hommes et les femmes ont le droit de vivre en bonne santé et en équilibre dans un environnement familial, social, culturel ou naturel protégé, que l’on pense à la qualité de l’air et de l’eau, au transport propre, à la disposition des déchets, à la récupération et au recyclage, à l’énergie nucléaire.  Une chose est certaine, les politiques de droite tueront l'écologie s’ils  insistent à la maintenir au service du capitalisme sauvage, c'est à dire de l'accumulation de la richesse, par la spéculation. Or ici nous touchons à l'antinomie de deux systèmes. Il est utopique d'affirmer vouloir poursuivre une croissance économique basée sur l'accumulation de la richesse et de prôner l'écologie humaniste qui, elle, a pour principale préoccupation la préservation de la biosphère et le développement durable des futures générations.

La vision biblique de l’homme et de l’écologie du développement

Les différentes crises financière, économique, énergétique, alimentaire, climatique, écologique mettent l’humanité au pied du mur et donnent l’opportunité d’envisager un autre monde. Il est inconcevable qu’un milliard de personnes vivent encore aujourd’hui avec moins d’un dollar par jour et la moitié de l’humanité avec moins de deux dollars. C’est une situation injustifiable sur une planète branchée, où tout se voit et tout se sait. C’est une occasion en or pour redonner du sens au développement et au progrès. Cependant nous devons nous défaire d’une grande illusion, celle qu’un jour il y aura abondance pour tous! Tout ce que nous pouvons espérer, c’est que les besoins de base soient un jour  comblés en alimentation, en éducation, en emploi, en énergie, en services sociaux et de santé.

Nous ne pouvons pas continuer avec la création de besoins artificiels qui épuisent nos économies et les ressources naturelles de la planète. La priorité de l’écologie humaniste consiste à économiser, réguler, réduire, réutiliser, recycler ce que la planète nous offre aujourd’hui et surtout demain. Mais cela n’est pas suffisant!  Il est impératif que l’homme mette la main à la pâte et développe les ressources naturelles de la planète.

Le développement industriel et technologique est souvent remis en question, aujourd’hui, même s’il a amélioré du tout au tout nos conditions de vie, voire chez les plus défavorisés. Même s’il n’y a pas en soi d’écologie biblique ou chrétienne, l’humanisme biblique nous est très précieux. La nouveauté irremplaçable de la pensée biblique a consisté à « désacraliser » et « dédiviniser » la nature. Or à l’époque biblique dans les cultures environnantes, la nature était sacrée : le soleil, les astres, les étoiles, les volcans, les phénomènes cosmiques étaient des divinités. Même le grand  philosophe Aristote, pour expliquer le mouvement des astres, faisait intervenir la poussée des anges.

C’est d’ailleurs tout le sens du langage de la création dans la Bible : « Croissez et multipliez, emplissez la terre et soumettez-la. » (Gn 1,28). Beaucoup d’écologistes ont critiqué ce texte biblique. Ont-ils raison?  L’histoire humaine ne semble pas leur donner raison. En effet, l’être humain a toujours été un créateur et un inventeur. Il améliore en permanence ses conditions de vie en mettant en place de nouvelles technologies. Par ses découvertes scientifiques, il accroît continuellement la biocapacité de la planète et la longévité de la vie. Il est important de comprendre que la capacité de découverte humaine – art, science et technologie – est le principal  moteur et l’âme de toute politique d’amélioration sociale. Par exemple, si on augmentait le niveau de vie des pays pauvres, le taux de natalité baisserait automatiquement. Il en va de même pour la maîtrise de l’énergie nucléaire qui est plus qu’un choix technique, elle permet à l’homme de créer de nouvelles ressources naturelles isotopiques.

C’est aussi ce que nous rappelle la parabole des dix talents de l’Évangile. Cette parabole tente de nous  faire prendre conscience du devoir que nous avons de faire fructifier les talents que nous avons reçus ou développés. Un talent non utilisé est un talent perdu! Contrairement à l’animal qui est soumis à la dictature de la biocapacité de la planète, l’homme a le pouvoir de faire fructifier les ressources naturelles, bien sûr quand il le fait avec intelligence scientifique évitant toute destruction et gaspillage.

L’Église  catholique n’a jamais avalisé les formes radicales et idéologiques de l’écologie profonde. Lors du Séminaire international d’étude des changements climatiques que le Conseil pontifical Justice et Paix a tenu au Vatican, le 27 avril 2007, le cardinal Renato Raffaele Martino a repoussé les thèses catastrophistes et réaffirmé que le Saint-Siège n'accepterait aucune politique limitant le développement des pays pauvres. Il a fait remarquer que la doctrine sociale de l'Église prend en compte les multiples formes d'idolâtrie de la nature qui perdent le sens de l'Homme. 

De ce séminaire, il en ressort que la nature n'est pas un absolu, mais une richesse confiée à l’humanité. Les êtres humains sont solidaires de la création, (comprenant le non-vivant, le vivant, le pensant) et ne doivent pas être équiparés aux autres êtres vivants, ni considérés comme des éléments perturbateurs de l'équilibre écologique naturel. Si l’être humain n’a pas un droit absolu sur la nature, il a le devoir confié par le Créateur de la protéger et de la développer pour qu’elle donne son cent pour cent. De son intelligence créatrice dépend notre survie.

 

 

 

 

 

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