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L'auteur a servi comme lieutenant colonel dans
l'armée de l'air américaine (USAF), il a été
directeur de l'US Missile Defense Program sous les
Présidents Ford et Carter. Il est actuellement
président de l'Institute for Space and Securities
Studies. Le texte original fut prononcé dans un sermon
au temps du Président Clinton, le 23 août 1998, puis
cité dans un texte plus long pour
le Président Bush en septembre 2001. (Texte
anglais)
Monsieur le Président,
Dites la vérité au peuple au sujet du terrorisme. Si les
illusions au sujet du terrorisme ne sont pas détruites,
alors la menace continuera jusqu'à notre
destruction complète. La vérité est qu'aucune
de nos nombreuses armes nucléaires ne peut nous
protéger de ces menaces. Aucun système Guerre
des Étoiles (peu importe la technique de pointe,
ni combien de milliards de dollars seront gaspillés
dans ces projets) ne pourra nous protéger d'une
arme nucléaire transportée dans un bateau, un
avion ou une voiture louée.
Aucune arme, ni de notre vaste arsenal, ni un centime des 270
millions de dollars gaspillés chaque année dans
le dénommé « système de défense »,
ne peut éviter une bombe terroriste. C'est un
fait militaire. En tant que lieutenant-colonel à
la retraite et dans de fréquentes conférences au
sujet de la sécurité nationale, j'ai toujours
cité le Psaume 33: « Un roi n'est pas sauvé
par son armée puissante, comme un guerrier n'est
pas sauvé par sa vigueur. »
Monsieur le Président, vous n'avez pas dit la vérité sur
le « pourquoi » nous sommes la cible
du terrorisme, quand vous avez expliqué pourquoi
nous bombarderions l'Afghanistan et le Soudan.
Vous avez dit que nous étions la cible du
terrorisme, parce que nous défendons la démocratie,
la liberté et les droits humains dans le monde.
C'est absurde, Monsieur le Président.
Nous sommes la cible des terroristes, parce que, dans la plus
grande partie du monde, notre gouvernement a défendu
la dictature, l'esclavage et l'exploitation
humaine. Nous sommes la cible des terroristes,
parce que nous sommes haïs ; et nous sommes haïs,
parce que nous avons fait des choses odieuses. En
combien de pays des agents de notre gouvernement
ont-ils chassé des leaders élus par leurs
peuples, en les remplaçant par des dictateurs
militaires, des marionnettes désireuses de vendre
leur propre peuple à des groupes américains
multinationaux ?
Nous avons fait cela en Iran, quand les Marines et la CIA ont
déposé Mossadegh, parce qu'il avait l'intention
de nationaliser l'industrie pétrolière. Nous
l'avons remplacé par le Shah Reza Pahlevi et nous
avons armé, entraîné sa garde nationale haïe,
la Savak, qui a réduit à l'esclavage, brutalisé
le peuple iranien, pour protéger les intérêts
financiers de nos compagnies pétrolières. Depuis
cela, est-il difficile d'imaginer qu'il existe, en
Iran, des personnes qui nous haïssent?
Nous l'avons fait au Chili, nous l'avons fait au Viêtnam.
Plus récemment, nous avons tenté de le faire en
Irak. C'est clair! Combien de fois l'avons-nous
fait au Nicaragua et dans d'autres républiques en
Amérique latine?
Une fois après l'autre, nous avons destitué des leaders
populaires, qui voulaient répartir les richesses
de leur terre pour que le peuple les gère. Nous
les avons remplacés par des tyrans assassins, qui
vendaient leur propre peuple pour que –
moyennant le paiement de sommes énormes pour
engraisser leur compte bancaire privé – la
richesse de leur propre terre puisse être accaparée
par des sociétés telles que Domino Sugar, United
Fruit Company, Folgers et d'autres semblables.
De pays en pays, notre gouvernement a obstrué la démocratie,
a étouffé la liberté et a piétiné les droits
humains. C'est pour cela que nous sommes haïs
dans le monde et c'est pour cela que nous sommes
la cible des terroristes.
Le peuple du Canada jouit de la liberté et des droits
humains, ainsi que le peuple de Norvège et de Suède.
Avez-vous entendu dire que des Ambassades
canadiennes, norvégiennes ou suédoises aient été
bombardées? Nous ne sommes pas haïs parce que
nous pratiquons la démocratie, la liberté et les
droits humains. Nous sommes haïs, parce que notre
gouvernement refuse ces choses aux peuples des
pays du tiers-monde, dont les ressources sont
convoitées par nos groupes multinationaux. Cette
haine, que nous avons semée, se retourne contre
nous en nous effrayant par le terrorisme, et, dans
l'avenir, par le terrorisme nucléaire.
Une fois que la vérité a été dite sur les raisons de
cette menace et une fois qu'elle a été entendue,
la solution devient évidente. Nous devons changer
nos pratiques.
Nous libérer de nos armes nucléaires (même unilatéralement
s'il le faut) améliorera notre sécurité.
Changer drastiquement: notre politique extérieure,
la consolidera.[ ... ]
En résumé, nous devrions être bons au lieu d'être
mauvais. Qui, alors, essaierait de nous arrêter?
Qui nous haïrait? Qui voudrait nous bombarder?
C'est cela la vérité, Monsieur le Président. C'est cela
que le peuple américain a besoin d'entendre.
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