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Mgr
Thomas Gumbleton a fait
une supplique passionnée à ses frères évêques
pour qu’ils changent leur message pastoral au
sujet du terrorisme en passant d’une attitude
qui permet des représailles militaires aux événements
du 11 septembre
à une conduite qui appelle à une réplique
non-violente.
Il
a pressé les évêques d’abandonner leur
approche traditionnelle quand il s’agit de se
faire une opinion de la guerre : « Prenez
cette théologie de la ‘guerre juste’ et
mettez-la dans un tiroir.
Fermez-le à clé. Ne l’ouvrez plus
jamais. »
Il a recommandé aux évêques de remplacer
la théologie de la guerre juste par la
non-violence pratiquée par leurs ancêtres dans
la foi pendant les quatre premiers siècles du
christianisme.
L’évêque
auxiliaire de Détroit faisait référence aux
propres avis des évêques dans leur communication
pastorale (à l’endroit des forces guerrières
israéliennes, palestiniennes et soudanaises) qui
incitaient à la non-violence et au retour à des
ententes négociées dans les conflits.
Il
a lu une lettre reçue la semaine précédente de
Colleen Kelly du Bronx dont le frère, William
Hill Kelly junior a été tué dans les tours du
World Trade Center.
Elle ne souhaitait à aucune famille, américaine
ou afghane d’endurer ce que sa famille éprouvait.
« Je
m’oppose catégoriquement aux bombardements »
écrit-elle.
« Je n’ai d’autre argument que
d’affirmer que ce n’est pas ‘selon le
Christ’. » Kelly a fait cette « urgente demande » aux évêques :
« Pourriez-vous entamer la discussion dans
l’autre sens, dans le sens du Christ?
Pourriez-vous aider à guider moralement une
majorité de gens qui expriment leur support à
une campagne de bombardements, mais conduite avec
réserve et ambivalence?
Pourriez-vous ouvrir un dialogue qui
propose des moyens autres, des idées concrètes
qui mènent à la vérité du Christ dans nos cœurs?
Pourriez-vous prier pour que nous soyons tous
ouverts au message de Dieu, difficile et parfois
semeur de division? »
Le
Cardinal Theodore McCarrick de Washington a
remercié Gumbleton pour sa « voix prophétique »,
mais il a fait la remarque que les gouvernements
ont le devoir de défendre leurs propres gens et
de tendre la main aux pauvres pour les protéger.
« Personne ne s’en tire sans
s’impliquer dans notre société » a déclaré
le cardinal.
Membre du Comité de politique
internationale qui a rédigé la communication
pastorale, McCarrick a dit que les évêques doivent être certains que « ce
que nous faisons est moral et respecte nos valeurs
en tant qu’Américains ainsi que nos valeurs judéo-chrétiennes ».
Gumbleton
a répliqué : « Oui, mais nous
commettons la faute de penser que notre seul moyen
de défense passe par la violence. »
Finalement,
les évêques ont transformé leurs sentiments en
votes, approuvant la ligne de la lettre pastorale
par un vote de 167 contre 4.
Une copie du document apparaît au site web
des évêques : www.usccb.org
National
Catholic Reporter, 23 novembre 2001
Traduit
par Pauline Ouellet
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