Cher Monsieur le Cardinal
Comme bien d'autres chrétiens, j'ai été consterné
en lisant votre lettre concernant la célébration
communautaire du pardon avec absolution collective
que vous déclarez non avenue dans le diocèse de
Québec.
La fidélité au peuple de Dieu et à ses attentes
légitimes doit primer sur les ordres du pouvoir
central. Ce n'est pas en supprimant une
célébration riche de signification pour la
communauté chrétienne que va être relancée la
célébration privée du pardon si significative
qu'elle puisse être pour les individus qui, à un
moment ou l'autre, choisissent de faire cette
démarche.
Il reste à espérer que les pasteurs, sensibles aux
signes des temps, continueront, dans la fidélité
à l'Évangile, à explorer les voies du pardon
adaptées à la réalité de notre temps. Comment y
arriver sans passer outre à votre directive
puisque vous n'avez pas tenu compte du sérieux de
leur perception et de leur expérience. Si «les
célébrations avec absolution collective ont été en
général appréciées dans le diocèse» tel que vous
l'affirmez dans votre Lettre pastorale, c'est
qu'ils vous l'ont dit. Comment dès lors justifier
qu'elles soient maintenant supprimées alors que la
grande majorité des chrétiens les désirent et
qu'en plus les prêtres ne suffisent plus à la
tâche? Malheureusement votre lettre pastorale
laisse la douloureuse impression de servitude
aveugle à un système.
Fraternellement vôtre,
Claude Michaud
(Le 28 février 2005)
Claude Michaud, membre du
Réseau Culture et Foi et du Groupe du Manifeste,
est professeur à la retraite de psychologie de
l'éducation à l'Université d'Ottawa.
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