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Un cri d’indignation !
Marie-Claire Raymond

 

 

 

Non, ça ne devrait plus me toucher ces déclarations ! Je devrais y attacher autant d’importance qu’à celles de Raël et compagnie. C’est pourtant clair en moi depuis plusieurs années : ma conscience profonde refuse de se modeler à cette Église qui n’en finit plus de faire bourdes sur bourdes mais surtout de commettre des affronts constants au message du Christ. Alors pourquoi cela m’atteint-il encore ?

Je suis née à la fin des années quarante, au moment ou l’église catholique régnait en maître incontesté sur la belle Province. J’ai connu les vêpres et les premiers vendredis du mois ainsi que la messe à tous les jours durant le carême. J’étais infiniment touchée par le personnage du Christ ouvert à tous et sans jugements sauf à l’égard du clergé juif de l’époque et des pharisiens. J’ai été marquée à jamais par ce Jésus de Nazareth qui ne levait jamais le nez sur les petites gens, qui ne les jugeaient pas et qui leur offrait sa compassion. Depuis toujours, à cause de ce Jésus de Nazareth, je crois fermement que chaque être humain a droit à la dignité. C’est fou l’influence que ce personnage de l’histoire a eu sur moi. Je crois que toute ma vie a été construite autour des valeurs qu’il a affirmées.  Il n’a jamais été important pour moi que le Christ soit Dieu fait homme car j’ai toujours su qu’il venait de Dieu ou du moins, de bien plus grand que nous.

Les discours des Princes de l’Église devraient me laisser indifférente et pourtant… ils me scandalisent profondément. Je suis scandalisée par cette Église qui s’arroge le pouvoir de décider du bien et du mal. Je suis scandalisée par cette Église qui juge constamment, qui se prétend au-dessus de tout et qui ose s’immiscer dans le pouvoir politique. Je suis scandalisée par cette Église qui fait semblant de respecter tous les êtres humains… Je suis scandalisée par cette Église dont le langage est plus souvent qu’autrement une négation de Jésus de Nazareth. Je crains que cette Église n’enlève à tout jamais le goût d’entendre celui qui disait dans le Sermon sur la montagne : « Car, je vous le dis, si votre justice ne surpasse celle des scribes et des pharisiens, vous n'entrerez point dans le royaume des cieux ». Je ne voudrais pour rien au monde que cette Église continue de salir l’image du Christ.
 

Québec, 17 mai 2010

 

 

 

 

 

 

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