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Le cardinal Stephen
Hamao Fumio croit que le pape Jean Paul II
pourrait prendre sa retraite à cause de sa
« fragile condition physique » et que
le prochain pape devrait avoir en gros les mêmes
qualités que le présent pape.
Le prélat japonais, qui est président du Conseil pontifical
du Vatican pour la pastorale des migrants et des
personnes en déplacement, s’est confié
à l’agence UCAN (Union of Catholic Asian
News) le
16 octobre, à la veille des célébrations
du 25e anniversaire du pontificat
de Jean Paul II. Quelques jours plus tard, le 21
octobre, le cardinal âgé de 73 ans, recevait du
pape le chapeau rouge, et un anneau spécial le 22
octobre, soit les insignes de son nouveau statut.
Le cardinal dit du pape : « J'admire beaucoup ses
activités courageuses et son travail, en dépit de
sa moins que bonne condition de santé. » Il
a aussi loué le pape, pour son grand service à
l'Église et pour sa « forte
personnalité ». Par contre il croit que, vu
sa « très fragile condition physique »,
il pourrait donner sa démission.
Le cardinal Hamao n'aurait pas d'objections à ce que le Pape
démissionne. « Il peut démissionner, ce
serait bien. J'espère qu'il le fera, parce que
cela fait pitié de le voir, comme il est
maintenant. » Cependant, il ajoute :
« Je ne crois pas qu'il le veuille. »
Le cardinal est l’un des quatre Asiatiques travaillant à
la Curie Romaine et le seul en charge d'un ministère
au Vatican. Il désire voir plus d'Asiatiques à
la Curie Romaine, tel que le demandait le Synode
d'Asie de 1998. Il explique : « Le
Lointain Orient est très loin d'ici [Rome]. Il y
a eu très peu de contact et ils en connaissent
peu sur cette partie du monde. »
En juin 1998, le pape Jean Paul II l'a nommé, alors
qu"il était évêque de Yokohama, comme
directeur du Conseil du Vatican, pour les
Migrants. Il a dirigé le diocèse de Yokohama
pendant 19 ans et il fut le président de la Conférence
des évêques japonais pour une partie de ce
temps.
Le cardinal Hamao est convaincu, que le pape l'a fait
cardinal « pas seulement pour des raisons
personnelles », mais en signe de son appréciation
pour le travail pastoral fait dans son ministère
auprès des migrants et des personnes en déplacement :
les réfugiés, les voyageurs sur mer, les
tsiganes, les nomades et les autres peuples en
marche.
Il considère le chapeau rouge comme un « très fort
soutien » par Jean Paul II, pour le travail de
son ministère. Lors de sa réunion annuelle avec
le pape en février, il lui a dit : « Saint
Père, nous sommes reconnaissants pour votre
courageuse intervention en défense des minorités
à travers le monde et nous vous suivons. »
Le cardinal dit que le pape était très heureux
de l' entendre.
Le cardinal poursuivit en disant au Pontife qu'il déplorait
que le Conseil pour les migrants et les personnes
en déplacement « ne soit pas considéré
comme étant de première importance dans l' Église
catholique ». Mais le pape l'assura de son
« entier soutien », disant :
« Nous et votre Conseil travaillons
ensemble, cela est suffisant. » Le pape
confirma plus tard le cardinal, dans son poste
comme chef du Conseil, jusqu'à sa retraite
obligatoire à l'âge de 75 ans.
Gunkasu Karo, ambassadeur Japonais au Saint Siège, a
visité le cardinal Hamao, le cinquième
cardinal japonais dans l'histoire de l'Église,
pour le féliciter de son élévation au Collège
des cardinaux.
Le cardinal Hamao dit qu'il n'a encore rien entendu de la
part de l'Empereur japonais, bien qu'il le
connaisse très bien, puisqu'il lui a enseigné le
latin quand il était le prince royal. Le cardinal
s'attend à le voir le jour de l'anniversaire de
l'empereur, le 23 décembre, jour de l'invitation
de ses anciens professeurs à une réception
annuelle au palais impérial.
Le Japon compte maintenant deux cardinaux électeurs avec
droit de vote si un conclave pour élire un
pape avait lieu maintenant : le cardinal
Hamao et le cardinal Peter Shirayanagi Seiichi, âgé
de 75 ans, archevêque émérite de Tokyo.
Le cardinal Hamao prétend qu'il n'est pas « préparé »
pour un conclave et qu’il ne connaît pas
plusieurs des 134 cardinaux électeurs, à
l'exception des Asiatiques, des Australiens, de
quelques africains et des cardinaux de la Curie
Romaine. « Je dois donc étudier »,
dit-il.
Il croit que le prochain Pape pourrait « encore »
venir de l'Europe ou « probablement »
de l'Amérique Latine ou d'Afrique, mais il ne
voit pas la nationalité comme critère à
retenir. Il a des idées très nettes sur les
qualités qu'il recherche chez un candidat à
devenir le prochain pape.
Le cardinal Hamao pense que le prochain pape « devrait
être comme Jean Paul II », un homme qui
peut « comprendre la position des différentes
cultures, religions et coutumes des différents
pays ». L'évangélisation « est très
importante », ajoute-t-il, mais il faut que
le prochain pape soit sensible aux autres
croyances, parce qu'il est très important d'avoir
un dialogue avec les autres religions.
Il soutient aussi que l'insistance actuelle par certains, y
compris par la
Congrégation pour l'évangélisation des peuples,
autrefois connue
sous le nom de la « Propagande de la
Foi », à proclamer Jésus comme le Sauveur
unique est un obstacle au dialogue avec les autres
croyances. « Ils ne comprennent pas,
ils ne peuvent pas comprendre », dit-il.
Le cardinal rappelle que les catholiques croient que Jésus
Christ « est l'unique sauveur » et
savent que la religion chrétienne est une
« religion révélée » et donc vraie,
mais ils doivent procéder par étapes, parce que
« la proclamation » doit être
accomplie graduellement.
Une troisième qualité chez un candidat papal, c'est d'être
ouvert, intelligent et accueillant envers tous...
Une personne, qui écoute et aussi qui va
s'assurer que la Curie Romaine encourage les Églises
locales.
La Curie Romaine est là pour servir les Églises locales et
non pour les instruire ou pour les critiquer. Nous
devons encourager les Églises locales, les écouter
avec leurs problèmes, les aider dans leurs
difficultés. Cela devrait être l'attitude de la
Curie Romaine et du Saint Père. Le
cardinal considère aussi comme « très
important » que le prochain pape ait l'expérience
pastorale d'un diocèse, comme l'a Jean-Paul II.
Pour lui, c'est un facteur primordial dans le
choix d'un pape.
Enfin le cardinal Hamao souhaite que le prochain pape appelle
le « Troisième Concile du Vatican ».
Les synodes des évêques, dit-il, ne savent rien
résoudre; ils ne font que produire des répétitions,
toujours des répétitions. Les évêques font des
propositions aux synodes et le Saint-Père donne
une exhortation apostolique, mais rien n'est décidé.
Au sujet des synodes des évêques, qui ne prennent pas de décisions,
le cardinal Hamao dit : « Je ne crois
pas que cela soit la faute du Saint Père.
Toutefois, le fait demeure, qu'il n'y a pas de
changement, dans les structures de l'Église. Cela
ne renforce pas la foi. »
Quand
il votera au prochain conclave, le cardinal
Hamao affirme qu'avant tout, il examinera de très
près la mentalité, le point de vue et la vision
du candidat pour la papauté, plutôt, que sa
nationalité. Il veut aussi un pape, qui puisse
communiquer en différentes langues et qui soit
aisément compris par les peuples.
UCAN
(Union of Asian Catholic News), novembre 2003
Traduction
Annette Villeneuve
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