Culture et Foi > Dossiers > Eucharistie > Un sein qui n'enfante plus ?

Un sein qui n’enfante plus ?
Emmanuelle L.


 

 

Je suis allée dernièrement à une célébration diocésaine autour de l’arche d’alliance du Congrès eucharistique qui circule en ce moment sur le territoire québécois. J’ai appris à la dernière minute la tenue de cet évènement dans la Cathédrale de mon diocèse, fait assez surprenant puisque je suis permanente en pastorale!  Enfin, qu’à cela ne tienne, j’ai senti un élan à m’unir à cet évènement d’Église; étant moi-même une ex-JMJiste, j’avoue avoir un penchant pour les grands rassemblements.

Quelle ne fut pas ma surprise (ma déception) en entrant dans la Cathédrale de constater à quel point l’église était vide!  Le tiers des bancs était occupé pour cet évènement diocésain tout de même assez majeur. 

Mon ami (un fervent croyant) et moi-même, étions d’abord venus pour prier puisque une veillée de prière devait suivre la messe.  Curieusement, nous avions prévu d’arriver vers la fin de la célébration (déjà un signe?) mais à notre arrivée, on s’apprêtait à lire l’Évangile …

Nous avons donc assisté (participer est un grand mot dans ce contexte) à une bonne partie de la liturgie.

Le ¨visuel¨ de la célébration était déjà assez éloquent. Dans le sanctuaire, du même côté et séparé de l’assemblée, l’évêque, la vingtaine de prêtres, la chorale, les animateurs. De l’autre côté, dans la nef, une assemblée éparpillée et formée en grande partie de religieuses et de personnes plus âgées. De mon siège, j’étais spontanément attristée par cette disposition ¨géographique¨ qui disait peut-être encore quelque chose d’une Église composée de membres actifs et d’autres plus passifs; je nous sentais définitivement plus spectateurs qu’acteurs.

L’homélie (trop longue) de l’évêque était de l’ordre du discours, un commentaire académique: j’aurais pu relier cette intervention à des dizaine d’autres déjà entendus sur ce même passage de l’Évangile. Aucune transcendance, poésie ni originalité. Ennuyant comme la pluie.

Le ciel était pourtant dégagé et la lumière se pointait à travers les vitraux colorés…

La suite fut ni plus ni moins qu’une série de rubriques liturgiques lourdement accomplie et ne suscitant aucun émoi.  Quelques jeunes étaient actifs à l’avant scène mais cette présence devenait insignifiante dans ce décorum poussiéreux et sans vie.

À la fin de la célébration, on nous présente des témoins qui voulaient partager un peu de leur expérience de foi. Enfin, une petite étincelle de vie ! Malheureusement, c’était après plus d’une heure trente d’écoute… on avait déjà pas mal pressé le citron d’attention des fidèles!

Mes commentaires semblent durs; je ne les écris pas froidement dans un esprit de critique gratuite. Je suis vraiment peinée de voir à quel point l’Église ne semble plus capable d’enfanter la vie, en tous les cas dans sa forme liturgique plus institutionnelle.

Durant la célébration, je devais à tout moment me parler, me ¨ramasser¨ intérieurement et me dire : ¨oublie ce que tu vois et prie¨.  Drôle de paradoxe puisque le but de tout ce déploiement extérieur était justement d’emmener à la prière!

Irrités, nous sommes sortis de la Cathédrale avant la fin.

En prenant une grande bouffée d’air et en regardant le ciel étoilée et les passants sur la rue, je me suis dis : enfin la vie!

 

 

 

 

 

[ RETOUR ]

 


 

 

© 2000-2001 - Le réseau Culture et Foi - culture_et_foi@videotron.ca