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Je suis allée
dernièrement à une célébration diocésaine autour
de l’arche d’alliance du Congrès eucharistique
qui circule en ce moment sur le territoire
québécois. J’ai appris à la dernière minute la
tenue de cet évènement dans la Cathédrale de mon
diocèse, fait assez surprenant puisque je suis
permanente en pastorale! Enfin, qu’à cela ne
tienne, j’ai senti un élan à m’unir à cet
évènement d’Église; étant moi-même une ex-JMJiste,
j’avoue avoir un penchant pour les grands
rassemblements.
Quelle ne fut
pas ma surprise (ma déception) en entrant dans
la Cathédrale de constater à quel point l’église
était vide! Le tiers des bancs était occupé
pour cet évènement diocésain tout de même assez
majeur.
Mon ami (un
fervent croyant) et moi-même, étions d’abord
venus pour prier puisque une veillée de prière
devait suivre la messe. Curieusement, nous
avions prévu d’arriver vers la fin de la
célébration (déjà un signe?) mais à notre
arrivée, on s’apprêtait à lire l’Évangile …
Nous avons donc
assisté (participer est un grand mot dans ce
contexte) à une bonne partie de la liturgie.
Le ¨visuel¨ de
la célébration était déjà assez éloquent. Dans
le sanctuaire, du même côté et séparé de
l’assemblée, l’évêque, la vingtaine de prêtres,
la chorale, les animateurs. De l’autre côté,
dans la nef, une assemblée éparpillée et formée
en grande partie de religieuses et de personnes
plus âgées. De mon siège, j’étais spontanément
attristée par cette disposition ¨géographique¨
qui disait peut-être encore quelque chose d’une
Église composée de membres actifs et d’autres
plus passifs; je nous sentais définitivement
plus spectateurs qu’acteurs.
L’homélie (trop
longue) de l’évêque était de l’ordre du
discours, un commentaire académique: j’aurais pu
relier cette intervention à des dizaine d’autres
déjà entendus sur ce même passage de l’Évangile.
Aucune transcendance, poésie ni originalité.
Ennuyant comme la pluie.
Le ciel était
pourtant dégagé et la lumière se pointait à
travers les vitraux colorés…
La suite fut ni
plus ni moins qu’une série de rubriques
liturgiques lourdement accomplie et ne suscitant
aucun émoi. Quelques jeunes étaient actifs à
l’avant scène mais cette présence devenait
insignifiante dans ce décorum poussiéreux et
sans vie.
À la fin de la
célébration, on nous présente des témoins qui
voulaient partager un peu de leur expérience de
foi. Enfin, une petite étincelle de vie !
Malheureusement, c’était après plus d’une heure
trente d’écoute… on avait déjà pas mal pressé le
citron d’attention des fidèles!
Mes
commentaires semblent durs; je ne les écris pas
froidement dans un esprit de critique gratuite.
Je suis vraiment peinée de voir à quel point
l’Église ne semble plus capable d’enfanter la
vie, en tous les cas dans sa forme liturgique
plus institutionnelle.
Durant la
célébration, je devais à tout moment me parler,
me ¨ramasser¨ intérieurement et me dire :
¨oublie ce que tu vois et prie¨. Drôle de
paradoxe puisque le but de tout ce déploiement
extérieur était justement d’emmener à la prière!
Irrités, nous
sommes sortis de la Cathédrale avant la fin.
En prenant une
grande bouffée d’air et en regardant le ciel
étoilée et les passants sur la rue, je me suis
dis : enfin la vie!
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