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Votre Sainteté,
Dans votre première allocution prononcée dans la Chapelle
Sixtine le lendemain de votre élection comme
Souverain Pontife, vous avez indiqué vos priorités
pastorales à la tête de l’Église catholique : les
jeunes, l’œcuménisme et Vatican II. Nous nous en
réjouissons. Par le présent message, nous voulons
vous dire notre espoir que soit restaurée la
tradition des prêtres mariés qu’attendent les
fidèles et que notre Groupe réclame auprès des
évêques du Canada depuis bientôt dix ans.
Renouant avec le Concile Vatican II, nous nous souvenons
qu’au-delà des débats sur la primauté de
l’Écriture sur la Tradition et vice-versa, les
Pères du Concile ont rappelé dans la Constitution
Dei Verbum (La Révélation divine) que le
Christ est le repère premier et ultime de
l’expérience spirituelle des chrétiens. Or le
Synode sur l’Eucharistie s’inscrit directement
dans cette ligne. « L’Église vit de l’Eucharistie
depuis ses origines, rappelle l’Instrumentum
Laboris, elle y trouve l’impulsion de sa
vitalité évangélique, le principe de son action
d’évangélisation. »
Par ailleurs, comme le souligne aussi l’Instrumentum
Laboris, « la célébration du sacrement de
l’Eucharistie est essentiellement liée au
sacrement de l’Ordre ». Malheureusement au Canada,
comme dans toute l’Amérique et dans plusieurs pays
d’Europe, la pénurie alarmante de prêtres a
entraîné des fermetures dramatiques d’églises
avec le résultat que des milliers de chrétiens et
de chrétiennes se sentent abandonnés. Le risque
est grand que la dynamique de l’Évangile ne soit
plus suffisamment soutenue. Les laïcs qui sont
appelés à témoigner de leur foi dans le monde ont
besoin du rassemblement dominical.
Ce Synode sur l’Eucharistie est providentiel. Les évêques
canadiens, comme ceux de plusieurs autres pays,
sont d’accord pour reconnaître que le temps est
venu pour l’Église catholique d’ordonner prêtres
des hommes célibataires ou mariés choisis par leur
communauté. Nous ne croyons pas que la règle du
célibat obligatoire soit l’unique cause derrière
la crise actuelle de l’Église, mais elle en
constitue un facteur déterminant. Nous croyons que
le retour à la tradition des premiers siècles de
l’Église répondrait à un besoin urgent.
Lors de la visite ad limina des évêques de l’État de
New York en juin dernier, vous avez posé la
question : « Que pensent vos gens de la
restauration de la tradition des prêtres mariés
? » « Plus de 90% sont en faveur dans mon
diocèse », répondait l’un d’entre eux. Ayant
ainsi fait appel à la collégialité des évêques
voulue au Concile Vatican II, il semble bien que
votre interrogation va dans le sens de ce
changement. Vous l’aviez déjà indiqué dans une
interview à la presse à Regensburg quelques années
avant d’être élu pape : « Si l’Église ne peut
garantir la célébration de l’Eucharistie dans
chaque paroisse, elle doit changer les règles de
l’accession à la prêtrise. »
Votre désir de revenir aux sources, non seulement en
appliquant Vatican II, mais aussi en revenant à
une pratique de l’Église des premiers siècles plus
proches de l’Évangile, vous prépare sans aucun
doute à éclairer le débat en cours. Nous espérons
et prions qu’en tant que premier pasteur de
l’Église, vous soyez une source d’inspiration qui
aidera vos frères dans l’épiscopat à procéder aux
changements disciplinaires qui feront en sorte
qu’aucun chrétien et chrétienne ne soient privés
de l’Eucharistie.
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