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Message à Sa Sainteté Benoît XVI à l’occasion du Synode sur l’Eucharistie
Le Groupe du Manifeste d’Ottawa (Canada)


 

Votre Sainteté,

 

Dans votre première allocution prononcée dans la Chapelle Sixtine le lendemain  de votre élection comme Souverain Pontife, vous avez indiqué vos priorités pastorales à la tête de l’Église catholique : les jeunes, l’œcuménisme et Vatican II. Nous nous en réjouissons.  Par le présent message, nous voulons vous dire  notre espoir que soit restaurée la tradition des prêtres mariés qu’attendent les fidèles et que notre Groupe réclame auprès des évêques du Canada depuis bientôt dix ans.

Renouant avec le Concile Vatican II, nous nous souvenons qu’au-delà des débats sur la primauté de l’Écriture sur la Tradition et vice-versa, les Pères du Concile ont rappelé dans la Constitution Dei Verbum  (La Révélation divine) que le Christ est le repère premier et ultime de l’expérience spirituelle des chrétiens. Or le Synode sur l’Eucharistie s’inscrit directement dans cette ligne. « L’Église vit de l’Eucharistie depuis ses origines, rappelle l’Instrumentum Laboris, elle y trouve l’impulsion de sa vitalité  évangélique, le principe de son action d’évangélisation. »

Par ailleurs, comme le souligne aussi l’Instrumentum Laboris, « la célébration du sacrement de l’Eucharistie est essentiellement liée au sacrement de l’Ordre ». Malheureusement au Canada, comme dans toute l’Amérique et dans plusieurs pays d’Europe, la pénurie alarmante de prêtres a entraîné des  fermetures dramatiques d’églises avec le résultat que des milliers de chrétiens et de chrétiennes se sentent abandonnés. Le risque est grand que la dynamique de l’Évangile  ne soit plus suffisamment soutenue.  Les laïcs qui sont appelés  à témoigner de leur foi dans le monde ont besoin du rassemblement dominical.

Ce Synode sur l’Eucharistie est providentiel.  Les évêques canadiens, comme ceux de plusieurs autres pays, sont d’accord pour reconnaître que le temps est venu pour l’Église catholique d’ordonner prêtres des hommes célibataires ou mariés choisis par leur communauté.  Nous ne croyons pas que la règle du célibat obligatoire soit l’unique cause derrière la crise actuelle de l’Église, mais elle en constitue un facteur déterminant. Nous croyons que le retour à la tradition des premiers siècles de  l’Église répondrait à un besoin urgent.

Lors de la visite ad limina des évêques de l’État de New York en juin dernier, vous avez posé la question : « Que pensent vos gens de la restauration de la tradition des prêtres mariés ? » « Plus de 90% sont en faveur dans mon diocèse », répondait l’un  d’entre eux. Ayant ainsi fait appel à la collégialité des évêques voulue au Concile Vatican II, il semble bien que votre interrogation va dans le sens de ce changement. Vous l’aviez déjà indiqué dans une interview à la presse à Regensburg quelques années avant d’être élu pape : « Si l’Église ne peut garantir la célébration de l’Eucharistie dans chaque paroisse, elle doit changer les règles de l’accession à la prêtrise. »

Votre désir de revenir aux sources, non seulement en appliquant Vatican II, mais  aussi en revenant à une pratique de l’Église des premiers siècles plus proches de l’Évangile, vous prépare sans aucun doute à éclairer le débat en cours. Nous espérons et prions qu’en tant que premier pasteur de l’Église, vous soyez une source d’inspiration qui aidera vos frères dans l’épiscopat à procéder aux changements disciplinaires qui feront en sorte qu’aucun chrétien et chrétienne ne soient privés de l’Eucharistie.

 

 

 

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