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Le Synode sur l’Eucharistie, une grande déception !
Léon Paillot


 

Léon Paillot, prêtre à la retraite du diocèse de Belfort-Montbéliard en France, nourrit un site, à visée pastorale, très riche et pas du tout conventionnel. Chaque jour, un billet, une lettre à Mireille (et à tous ses amis et amies de par le monde) commente un élément d’actualité. Jeudi le 27 octobre, par le truchement de cette lettre, il exprime son sentiment sur le Synode aux cardinaux et évêques français qui y participaient…

 

Mes chers Pères synodaux et frères en Jésus Christ,

Je vous ai vus l'autre soir à la télé, alors que vous sortiez de ces trois semaines passées à Rome à l'occasion du Synode. Vous aviez l'air bien réjouis, satisfaits (?) Oserais-je dire contents de vous ? Certes, vos propos étaient trop brefs pour nous apporter une information sérieuse (mais c'est la loi de presque tous les scoops à la télé). Personnellement, je me suis réjoui de vos propos. Car ce 11e Synode, je m'y suis particulièrement intéressé, à la différence des précédents, qui n'avaient pas particulièrement retenu mon attention. J'ai donc suivi, presque au jour le jour, vos débats, J'ai été heureux de voir que, grâce à de nombreuses interventions, votre regard se portait sur tous les drames, les conflits, les malheurs – et les espérances – de notre monde. Aussi, quel ne fut pas mon étonnement, quelle ne fut pas ma déception, lorsque la radio, la télé, les journaux, les dépêches d'agence me donnèrent un large aperçu des cinquante propositions que vous aviez retenues pour les soumettre au pape. Je ne voulus pas les croire, sachant combien, souvent, les médias sont réducteurs et orientés dans leur relation des faits. Aussi, j'ai eu la curiosité de remonter à la source. Grâce à Internet, c'est facile.  Ce qui n'a fait qu'accroître ma déception. C'était donc vrai, ce qu'ils nous rapportaient! Je tiens à vous faire part de ma tristesse, puisqu'elle contraste pleinement avec ce contentement de vous que vous manifestiez l'autre jour, sans réserves.

Certes vous nous avez adressé, dans votre message de vendredi soir, beaucoup de bons conseils et d'encouragements. Certes, dans les 50 propositions qui ont été rendues publiques samedi soir, vous mentionnez toutes les questions qui font actuellement difficulté dans l'Église, particulièrement au sujet de la célébration de l'eucharistie. Vous n'ignorez rien de la situation. Ni en ce qui concerne la raréfaction du nombre des prêtres, ni au sujet de l'hospitalité eucharistique avec les chrétiens d'autres confessions. Vous connaissez le drame des divorcés remariés à qui on refuse la communion, comme le drame des chrétiens qui vivent dans des villages ou des régions, où l'on ne célèbre plus que très rarement, pour ne pas dire jamais, la messe dominicale. Vous savez pourtant qu'ils y ont droit. C'est inscrit dans les textes et vous nous le rappelez. Et pourtant, vous ne proposez aucune modification à la discipline actuelle, donc aucune solution. Voilà un droit sacré de tous les chrétiens auquel vous ne répondez poliment que par un « niet ». Au nom des grands principes! Une fois de plus, tout est fermé, bloqué, verrouillé. Vous savez tout, et vous ne proposez rien. J'en suis malheureux.

Vous êtes, les uns et les autres, trop jeunes pour avoir connu l'élan d'espérance qui a animé nos jeunes années de vie sacerdotale, avant et pendant le Concile (je suis prêtre depuis 61 ans). Allez, renseignez-vous un peu auprès des vieux prêtres de vos diocèses. Ils vous raconteront ce qui a inspiré leurs initiatives, parfois certes légèrement farfelues, mais toujours porteuses d'avenir. Quel contraste avec aujourd'hui ! Ces vieux prêtres, ces vieux témoins, si vous savez les entendre, vous diront certainement qu'à ne pas prendre de risques, on tue la vie, Un petit coup d'accélérateur, souvent, permet de franchir l'obstacle. Mais il est vrai qu'aujourd'hui, le « principe de précaution » (inscrit dans la Constitution française) déteint jusque sur notre Église. Hélas!

 

 

 

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