Culture et Foi > Dossiers > Eucharistie > Eucharistie : communion et non acte d'exclusion

Eucharistie : communion et non acte d'exclusion
Questions d'un moine au pape Jean-Paul II
  (30 Avril 2003)
Marcelo de Barros, O.S.B.


 

Cher Frère Jean Paul II,

 

Le 17 avril 2003, Jeudi Saint, vous avez publié votre quatorzième encyclique : « Ecclesia de Eucharistia ».

Pour commencer, je veux d'abord vous remercier pour votre témoignage de foi et d'amour pour votre ministère. Il est bon de savoir comment vous interprétez la foi et la mission de l'Église. En me basant sur ce même amour, je voudrais vous poser quelques questions et converser avec vous sur certains points de votre encyclique qui ont provoqué des  souffrances et des difficultés tant chez des personnes qui se sont senties exclues de l'eucharistie, comme de groupes œcuméniques qui travaillent sur ce sujet depuis des dizaines d'années. J'ai conscience qu'en vous écrivant sur ce sujet, je représente beaucoup de chrétiens qui désirent servir l'Église et vivre l'amour de l'eucharistie de la meilleure façon possible, mais  pour cela  il  nous est nécessaire de comprendre quelques présupposés de base.

Je sais qu'il n'est pas coutume qu'un simple moine écrive au Pape. Je ne me compare pas à des religieux comme Bernard de Clairvaux et Catherine de Sienne, qui, en leur temps, ont écrit à des papes. Je vous compare encore moins avec les papes du Moyen  Âge. Mais par ailleurs, le concile de Vatican II exhorte les laïcs (et pourquoi pas les moines ?) à « manifester à leurs pasteurs leurs inquiétudes et leurs désirs avec cette liberté et cette confiance qui convient aux enfants de Dieu et aux frères dans le Christ. En fonction de leurs connaissances, de leur compétence et expérience, ils ont le droit et, parfois, jusqu'au devoir, d'exprimer leur opinion sur les sujets qui sont en relation avec le bien de l'Église » (Lumen Gentium 37).  Dans ce même esprit, je vous écris familièrement cette lettre  et je vous expose certaines difficultés que votre encyclique a soulevées chez moi et chez beaucoup de pasteurs, théologiens et laïcs de notre propre Église et chez beaucoup de chrétiens d'autres Églises.

1 - L'Église vit de l'Eucharistie

Vous écrivez : « l'eucharistie est le noyau même du mystère de l'Église » (n. 1)  et vous citez le Concile  Vatican II qui dit : « L'eucharistie est la source et le sommet de toute vie chrétienne » (LG 11). L'Église vit en eucharistie permanente dans  le sens que ce qu'elle vit, ou  mieux,  que toute son expérience de vie tient tant sa source que  son accomplissement dans l'eucharistie. Il y a une relation  intime entre eucharistie et vie quotidienne dans tous les aspects humains, sociaux, économiques, politiques et culturels.

L'eucharistie est source, c'est-à-dire, qu'elle fait exister tous ces aspects de la vie de l'Église et qu'elle les suppose pour pouvoir être à leur sommet. Pour être fidèles à ce principe, nous ne pouvons pas mettre en évidence la source et le sommet en oubliant le chemin, c'est-à-dire ce qui concrètement produit l'eucharistie et ce qu'elle suppose, précisément pour être source et sommet  de toute la vie de l'Église. L'eucharistie est source et sommet de la vie de l'Église sur le plan des signes. Mais, souvent, ne confondons nous pas le signe avec la réalité? Nous ne pouvons dire que l'eucharistie est le noyau du mystère de l'Église comme qui affirme que l'important dans l'amour entre deux personnes est  l'amour physique. Celui-ci est l'expression la plus forte entre deux personnes qui s'aiment, mais personne ne peut vivre un mariage en fonction du sexe. Manger est fondamental pour vivre. Les repas sont des moments centraux de la journée, mais nous ne vivons pas pour manger. Le noyau du mystère de l'Église est la solidarité, l'agapè, exprimée dans l'eucharistie.  En conséquence, ne serait-il pas plus correct de dire que l'Église vit de l'amour solidaire, témoignage du Royaume de Dieu, et celui ci s'exprime comme signe dans l'eucharistie? S'il en est ainsi, pourquoi, en parlant de l'eucharistie, donnons-nous si peu de place à sa relation avec la vie sociale ainsi qu'aux exigences de la solidarité entre nous? N'est ce pas ce que fit Paul quand il a abordé la question de l'eucharistie dans sa lettre aux Corinthiens? Pour lui, participer correctement ou recevoir de façon indigne la Cène du Seigneur dépendait de la manière selon laquelle les chrétiens de Corinthe traitaient les pauvres qui, quand ils arrivaient à la Cène, ne trouvaient plus rien à manger (1 Cor 11, 26ss).

Votre encyclique consacre un numéro (le 20) à la relation entre eucharistie et « la responsabilité envers le présent ». Vous dites que dans le quatrième évangile le récit du lavement des  pieds « explicite la signification profonde du sacrement ». Vous rappelez que Paul  déclare « indigne » de la communion une communauté qui participe à la Cène dans une ambiance de discorde et d'indifférence envers les pauvres (voir 1 Cor 11).

Cependant, le thème de cette relation entre l'eucharistie et la justice n'est abordé qu'à la fin du  premier chapitre, comme s'il était conséquence de l'eucharistie et non son présupposé fondamental. Quelle vision de l'Église et de la foi cela implique t-il? Les premiers chrétiens appelaient l'eucharistie « fraction du pain », dans le sens de partage. Ce n'était pas par hasard. Il est important de rappeler cela ici au Brésil alors précisément que le gouvernement fédéral propose le programme « faim zéro ».

2 - La messe, mémorial de l'unique sacrifice

Dans votre lettre, vous citez plusieurs fois le concile de  Vatican II et certains documents récents du magistère, mais la doctrine exprimée dans votre encyclique est antérieure au Concile de Trente. Paul de Clerck, professeur de Liturgie de l'Institut de Théologie de Paris, affirme que cette encyclique se base sur la théologie eucharistique du XIIIe siècle. Cette théologie fut élaborée pour répondre à des problèmes de cette époque. Cependant vous la jugez actuelle et vous la proposez pour toute l'Église (n. 9).

Vous connaissez, sans aucun doute, le travail théologique réalisé sur l'eucharistie durant ces dernières décades. Celui ci est très attentif à utiliser le langage de l'humanité d'aujourd'hui.  À aucun moment de l'encyclique, cependant, vous ne prenez en considération ces avancées théologiques et cette réflexion. Au contraire, y compris dans le langage, vous reculez par rapport à Vatican II. A aucun moment, même pas en passant, vous  ne faites référence à « la parole de Dieu », élément essentiel de l'eucharistie déjà dès les temps apostoliques. Vous ne mettez pas en valeur la Liturgie de la Parole et vous vous en tenez seulement à ce que vous appelez « le saint sacrifice de la Messe » et non au « Repas du Seigneur »; tout comme vous appelez ses ministres prêtres et non presbytes.

Vous insistez sur le fait que l'eucharistie est « sacrifice au sens propre et  pas seulement au sens symbolique ou figuratif ». Bien sûr, vous utilisez cette expression non pour dire que  le Père voulut la mort du Fils ni pour dire que Jésus  mourût pour payer la dette de l'humanité envers le Père, comme le disait la théologie médiévale (saint Anselme). Vous semblez employer le terme sacrifice dans le sens de « remise de sa vie au Père », remise totale de soi-même. En ce sens, nous sommes tous d'accord.

Aujourd'hui, aucune Église ne nie que la Cène du Seigneur ne soit en intime relation avec la Croix de Jésus.  C'est  la mort de Jésus qui fut  relue par les Églises primitives comme « sacrifice ». Aucun document du Nouveau testament n'utilise explicitement le terme de « sacrifice » pour l'eucharistie, alors que tous la lient à la mort de Jésus, et ces même textes, à la lumière des prophéties du Serviteur Souffrant (spécialement Is. 42 et Is. 52-53), interprètent la mort du Christ à partir de la catégorie de sacrifice. Cette façon de parler provoque aujourd'hui des difficultés chez beaucoup de chrétiens. C'est  pourquoi je vous demande : bien que cette conception du sacrifice soit traditionnelle, n'aurions nous pas l'obligation de repenser cette façon de parler, la manière d'exprimer la foi, pour qu'elle puisse attirer l'humanité d'aujourd'hui? Pourquoi imposer à tous une interprétation de la foi comme si elle constituait la foi elle-même, alors que cette manière de parler ne signifie rien pour beaucoup de catholiques et nous sépare  des frères d'autres Églises? Ne serait il pas plus conforme à la foi en l'eucharistie, de suivre le conseil du  Pape Jean XXIII et de proclamer la foi de  façon à ce qu'elle unisse les frères et non  à ce qu'elle les divise?

Comment parler d'un Dieu Amour alors que le sacrifice et la mort de son Fils pour se réconcilier avec l'humanité lui sont agréables? Pour témoigner que Dieu est Paix et don de vie, nous devons remplacer cette catégorie de sacrifice par une autre équivalente qui mette en valeur le don de Jésus aux siens, sa fidélité au projet du Père, la remise de sa vie à Dieu, et qui montre comment dans la croix Il nous a révélé un nouveau visage de Dieu. Célébrer la Cène c'est témoigner d'un Dieu Amour qui donne sa vie pour tous les hommes et les femmes, pardonne à tous et n'exclut personne.

Selon  Paul, nous ne célébrons pas dignement la Cène du Seigneur si nous maintenons privilèges et exclusions, comme celle de la femme des services ministériels et celle des laïcs considérés comme « moins aptes pour exercer le ministère ». Le sacrifice de Jésus fut celui de la remise de sa vie « pour l'unité de tous les fils et filles de Dieu dispersés à travers le monde » (Jn 11, 52). Ce sacrifice, enseigne saint Augustin, en finit avec tous les sacrifices. Désormais, aucun autre sacrifice n'est nécessaire. Vous écrivez très justement dans votre lettre : « annoncer la mort du Seigneur jusqu'à ce qu'il vienne » inclut, pour qui participe à l'eucharistie, l'engagement de transformer sa vie de telle manière qu'elle devienne, en quelque manière, entièrement eucharistique » (n.20). Et vous citez saint Augustin, dans une de ses homélies de la nuit de Pâques : « L'apôtre dit : « vous êtes le corps du Christ et ses membres » (1 Cor 12, 27). Si vous êtes le corps du Christ et ses membres, c'est votre sacrement qui est posé sur la table du Seigneur ; ce que vous recevez, c'est votre sacrement » […] Christ Seigneur […] je consacre sur ta table le sacrement de notre paix et de notre unité » (n.  40).

3 - Célébration eucharistique et célibat obligatoire

Vous insistez sur le fait que l'eucharistie est essentielle et dépend du prêtre ordonné. Vous répétez que les communautés ne peuvent la célébrer sans le prêtre et que les cultes dominicaux sans prêtre ne remplacent pas l'eucharistie. Les Pères de l'Église enseignaient que, ce qui fait l'eucharistie, c'est la communauté. Au Brésil, elles sont des milliers les communautés catholiques qui, chaque dimanche, n'ont pas de prêtre et font une célébration de la Parole. Pourquoi toutes ces communautés n'ont elles pas de prêtres et pourquoi n'y en a-t-il que quelques unes qui reçoivent sa visite occasionnellement pendant l'année? Peut être serait-ce parce que vous n'acceptez pas de céder sur le célibat obligatoire ni d'ordonner comme presbytes  des hommes mariés, dignes et préparés pour le ministère. Et aussi parce que vous ne reconnaissez pas la validité du ministère de prêtres qui se sont mariés et qui, avec joie, accepteraient d'exercer le ministère.

Comme moine, j'opte pour le célibat et, malgré ma fragilité personnelle, je le prends comme chemin de vie. Par expérience, je sais que le célibat peut être grâce de Dieu dans la vie et dans le chemin spirituel. Mais, en plein XXIe siècle ne faudrait il pas plus de liberté pour les presbytes? Sans oublier que, en Occident, l'Église catholique est la seule des Églises historiques qui n'accepte pas d'ordonner des femmes. Pourquoi? Dans cette encyclique vous enseignez que l'eucharistie est le don le plus important de Dieu à son Église. Qu'est-ce qui, en conséquence, est le plus important : l'eucharistie dominicale, assurée par de bons presbytes, même s'ils sont mariés, ou maintenir comme loi la coutume latine du célibat obligatoire?

4 - La Cène d'amitié et d'amour

L'encyclique unit l'eucharistie à la personne de Jésus pour affirmer son « sacrifice », mais fait peu de références à sa vie concrète. Elle ne rappelle pas comment il a mangé avec des pécheurs et avec des gens de mauvaise vie. Tous les auteurs qui méditent sur l'eucharistie insistent sur le fait que sa nature ne peut se comprendre si on ne prend pas au sérieux les repas que Jésus partagea  avec sa communauté de disciples et d'ami(e)s, tout le long de sa vie publique. Durant ces repas, Jésus  se révèle et révèle un visage de Dieu. « Ici se trouve la révélation directe de Jésus en sa vérité la plus simple » écrit Jacques Guillet (1).

Dans les années 80, la Conférence des évêques d'Allemagne publia un « catéchisme pour adultes » dans lequel elle enseigne : « Les repas que Jésus partage avec les disciples durant toute sa vie annoncent et anticipent le banquet de la fin des temps, le festin nuptial céleste, déjà promis par les prophètes. En même temps, ils signifient que les personnes qui se considéraient comme perdues se voient accueillies dans la communauté de salut. […] Les repas de Jésus étaient donc des signes du salut eschatologique qu'il inaugurait, signes de la nouvelle communion avec Dieu et d'une nouvelle fraternité entre les êtres humains » (2). Lors de ces repas quotidiens Jésus annonçait une nouvelle fraternité entre les êtres humains et signifiait le Royaume qui ouvrait à tous la participation à sa table : pauvres, pécheurs et marginaux. Si, comme le disent les évêques allemands et tant de théologiens, ces repas anticipent le banquet eschatologique, et sont modèles pour l'eucharistie, quel sens peut alors avoir le fait que la discipline ecclésiastique transforme  l'eucharistie en une table fermée et qui exclut ?

Dans les temps anciens,  dans ces Églises locales, authentiquement communautaires et pleinement Églises, avec une organisation du catéchuménat et de la pénitence, ces normes concernant  les exigences  que les fidèles devaient respecter pour que les fidèles puissent s'approcher de l'eucharistie avaient du sens. Elles étaient justes. Leur esprit n'était pas d'exclure  personne, sinon de préparer les personnes par la pénitence du carême à une participation authentique et profonde.

Aujourd'hui, dire qu'une personne divorcée ne peut communier l'exclut tout simplement de la Cène  du Seigneur, et dans beaucoup de cas pour toujours. A moins que l'on prétende commettre l'injustice de l'obliger à se séparer de son nouveau conjoint, jusque éventuellement de ses fils et de ses filles.

Dans votre encyclique, vous rappelez que seul peut s'approcher de l'eucharistie qui est « libre » de tout péché grave. Mais que considère-t-on comme péché grave? Je sais que j'entre dans un domaine délicat et je le fais avec tout le respect envers vous, mais, par exemple, lors de vos voyages à travers le monde, vous avez fréquemment donné la communion à des présidents de république mariés en seconde ou troisième noce, comme ce fut le cas de Collor de Mello au Brésil. Pourquoi un président de république peut-il et un chrétien ordinaire ne peut-il pas? Je comprends que cela résulte de ce que vous êtes chef d'état. Mais, il n'en reste pas moins étrange de voir à la télévision, qu'en pleine dictature chilienne, vous avez accepté de célébrer l'eucharistie dans le palais présidentiel et avez donné la communion au Général Pinochet qui, malgré le sang  de ses opposants qu'il a versé, est marié religieusement. Que Dieu fasse que l'Église  soit semblable à Jésus, qui a mangé avec des gens de mauvaise vie et a dit : « Je suis venu pour les pécheurs et non pour  les justes. »

Vous répétez la déclaration Dominus Jesus. Vous reconnaissez comme « Églises » les orthodoxes et les évangéliques vous les appelez « communautés ecclésiales ». Mais vous interdisez aux catholiques de communier dans des célébrations eucharistiques de ces Églises « pour ne pas donner aval à des ambiguïtés sur certaines vérités de foi » (n. 44).

Est-ce cela l'ecclésiologie du concile Vatican II? Comment poursuivre le chemin  œcuménique  après cela? Que signifient alors tant d'accords œcuméniques célébrés entre les Églises ? Qu'est ce qui est le plus important : la clarté intellectuelle ou la charité ? Serait ce que « la clarté sur certaines vérités de foi » est plus importante  que l'accueil mutuel et l'unité réelle, vécue par des chrétiens qui pensent différemment mais qui célèbrent avec respect et amour le mémorial du Seigneur? Comme argument opposé à l'intercommunion vous dites que l'eucharistie n'a de sens que lorsqu'elle exprime l'unité déjà vécue. Dans le domaine de l'œcuménisme, vous insistez sur l'exigence de l'unité déjà réalisée, mais vous n'exigez pas la même chose quand il s'agit de la justice et de l'engagement social.

À part cela, si comme l'enseigne Vatican II, chaque Église locale n'est pas seulement une portion de l'Église mais  une Église au sens plein, cet argument d'une unité déjà réalisée ne pourrait-il être pris en compte à ce niveau des Églises locales? Si dans un groupe déterminé, comme, par exemple, la communauté de Taizé, celle de Grandchamps et tant de groupes théologiques qui travaillent depuis des dizaines d'années et ont une foi abolument commune dans l'eucharistie pourquoi leur interdire de communier ensemble ? Formé dans la théologie et la spiritualité du Concile Vatican II, je vous reconnais comme évêque de Rome et primat de l'unité entre les Églises.

Je vous confie ces questions. Je répète que j'obéirai à ce que vous déciderez. Je continue à prier pour notre Église, pour qu'elle soit, comme l'affirmèrent les évêques d'Amérique Latine, « une Église authentiquement pauvre, missionnaire et pascale,  détachée de tout pouvoir temporel et fortement engagée dans la libération de tout être humain et de toute l'humanité » (Medellin 5, 15a).


 

NOTES


(1) J. GUILLET, Jésus dans la foi des premiers disciples, Desclée de Brouwer, 1995, p...

(2) CONFÉRENCE ÉPISCOPALE ALLEMANDE,  La Foi de l'Église, Catéchisme pour les Adultes, Paris, Éd. du Cerf, 1987, p. 334.

 

------------------------------

 

Traduction : Angela et Edouard Mairlot
Gijon, Espagne.


 

 

 

[ RETOUR ]

 


 

 

© 2000-2001 - Le réseau Culture et Foi - culture_et_foi@videotron.ca