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Pour ou contre le Congrès eucharistique… ? La question
est provocante et je n’y répondrai pas
immédiatement ou directement. D’abord, parce que
le Congrès eucharistique aura lieu cette année,
que l’on soit pour ou contre. Ensuite, parce que
les enjeux sous-jacents au Congrès eucharistique
me semblent beaucoup trop complexes pour être
résolus par une réponse simple. Pareil
rassemblement peut permettre de vivre une forme
d’ouverture à la diversité et d’expérience
ecclésiale, faite de rencontres, de communion,
de participation. Malgré et à travers les
risques réels de « mise en spectacle » soulignés
par Jean-Philippe Perreault dans son article
publié dans Relations et repris dans le
livre collectif Eucharitie? Pour une table
ouverte et signifiante (Montréal, Novalis,
2008, p.180-183).
Mon exposé comportera trois points, d’inégale
longueur.
1) D’où je viens ? Pour mieux comprendre
mes perspectives
2) Ma compréhension de l’eucharistie, à
partir d’une lecture de la rencontre de Jésus
avec les disciples sur le chemin d’Emmaüs
3) Et le congrès eucharistique ?
En conclusion, j’essaierai de me situer par rapport à
la question « Pour ou contre le Congrès
eucharistique ? »
1.
D’où je viens ? Pour mieux comprendre mes
perspectives
Pour me situer, permettez-moi quelques minutes
d’autobiographie. Comme Obélix dans la potion
magique, je suis tombée dans la marmite de la
liturgie dès mon adolescence. Issue
pastoralement des mouvements de jeunes des
années ’70, à la fois des fins de semaine de
ressourcement, de la JEC, d’ALPEC et de l’ACLE,
je me suis rapidement intéressée à la Bible –
j’ai longtemps été très impliquée à SOCABI –
puis, par un concours de circonstances, à la
liturgie. C’est donc mon intérêt pour la Bible
qui m’a amenée à la liturgie. À 18 ans,
j’écrivais mes premiers textes pour la revue
Vie liturgique, où j’ai travaillé à temps
plein quelques années plus tard puis que j’ai
dirigée pendant quatre ans.
Parallèlement, durant mes études de premier cycle en
théologie, j’ai pris conscience des enjeux liés
aux rapports des femmes et de l’Église et j’ai
participé, entre 1981 et 1992, à différents
groupes, dont « Femmes solidaires en Église »,
« Femmes et ministères » et un petit groupe de
« Femmes et hommes en Église ». J’ai parfois
jumelé mes intérêts liturgiques et ceux pour la
cause des femmes, par exemple en préparant pour
l’Assemblée des Évêques du Québec la célébration
pour le 50e anniversaire du droit de
vote des femmes, en 1990.
Un moment important de mon parcours fut ma rencontre
avec les Dominicains au début des années ’80. Ma
solidarité avec la famille dominicaine,
particulièrement les frères et les moniales, est
importante pour moi. J’y ai trouvé un espace de
parole, de liberté, de solidarité et de
curiosité intellectuelle.
Par ailleurs, nommons l’évidence : je suis une femme
laïque qui « entre dans la sacristie ».
C’est-à-dire que je ne suis pas un prêtre,
contrairement aux deux autres intervenants de ce
matin, ni un religieux ou une religieuse. J’ai
donc, par identité, un rapport différent à
l’eucharistie et à sa célébration. Je ne suis
pas une présidente d’assemblée. Cependant,
depuis plus de 25 ans maintenant, j’écris des
prières, des déroulements de célébrations, et
même des homélies, que disent d’autres
personnes. Et je travaille en formation
liturgique – un domaine en sous-développement au
Québec – où je rencontre des laïques, des
religieux et des religieuses, des prêtres et
même parfois des évêques.
Quand je parle de l’eucharistie, je parle de
« célébration eucharistique » ou d’« action
eucharistique », parce que j’ai beaucoup de mal
à parler de l’eucharistie comme d’une chose,
d’un en-soi. Pour moi, l’eucharistie est d’abord
et avant tout une action, un rassemblement, un
partage, un mémorial, un repas, une célébration.
Vous comprendrez donc, en m’entendant raconter ces
quelques moments-clefs de mon parcours, que je
n’ai guère d’affinité spirituelle ou théologique
avec les « dévotions eucharistiques ». Lorsque
je considère le retour de plusieurs jeunes vers
l’adoration eucharistique, je me sens plus
démunie pour les comprendre que si j’observais
les
Ndembu d’Afrique centrale – étudiés
par Victor Turner dans ses études
d’anthropologie rituelle – dans le cadre d’un
projet d’observation participante. Et pourtant,
nous faisons partie de la même Église.
2. Ma compréhension de l’eucharistie
Pour poursuivre notre réflexion sur l’eucharistie, je
vous propose de vous partager une réflexion
écrite pour l’excellente revue Vivre et
célébrer – c’est une plogue à la « Tout le
monde en parle » – que dirige mon ami et
collègue Guy Lapointe [1].
Cette réflexion est issue de plusieurs années de
réflexion et de travail avec des étudiants et
des étudiantes durant un séminaire de lecture
sémiotique de textes autour du récit de la
rencontre de Jésus avec des disciples sur le
chemin d’Emmaüs, au soir de Pâques, que l’on
retrouve dans l’Évangile selon saint Luc,
chapitre 24.
Je vous propose donc de prendre nous aussi la route et
d’accompagner ces deux disciples et celui qui
vient faire route avec eux.
Ils marchent, sombres et déçus, sur la route de
Jérusalem à Emmaüs (Luc 24, 13-32).
Jérusalem, lieu de la mort, de l’effondrement
des attentes… Celui qu’ils ont connu, aimé,
suivi, celui en qui ils voyaient le futur
libérateur d’Israël, ce « prophète puissant en
action et en parole devant Dieu et devant tout
le peuple », Jésus de Nazareth, est mort. Depuis
trois jours déjà.
Ils marchent, sombres et déçus. Repliés et renfermés
sur eux-mêmes, les yeux et le cœur fermés. Si
fermés et si sûrs de leurs attentes effondrées
qu’ils ne reconnaissent pas celui qui vient
marcher avec eux et qui leur parle. Qui
s’intéresse, s’interroge.
Ils lui répondent, lui racontent, lui expliquent
l’écroulement de leurs rêves. Comment la mort
sur la croix leur a pris leurs illusions de
pouvoir, comment elle leur a dérobé leurs rêves
d’autonomie politique.
Ils marchent, sombres et déçus. Le cœur et les yeux si
fermés qu’ils ne reconnaissent pas celui dont
ils racontent l’ignominieuse mort il y a trois
jours, la visite des femmes au tombeau et la
disparition du corps confirmée par leurs
compagnons. Son corps a disparu, personne ne l’a
vu.
Mais voilà que les rôles s’inversent. Celui qui
paraissait ne pas savoir, qui semblait ignorant
de ce qui s’était passé ces derniers jours à
Jérusalem leur raconte à son tour l’histoire,
son histoire. Non, ce n’est pas la fin de leurs
rêves, l’effondrement de leurs attentes. Leur
esprit sans intelligence, leur cœur lent à
croire les prophètes ne savent pas lire et
interpréter ce qui le concerne. Ils ont tout
faux ! La mort sur la croix n’est pas
ignominieuse ; elle est le chemin de la vie et
de la gloire, chemin de vie et de gloire pavé
par Moïse et les prophètes mais que les
disciples, ses compagnons, ne savent pas
déchiffrer.
Ils continuent de marcher, trois et non plus deux. La
lumière baisse, la journée est avancée, Emmaüs
leur destination est proche. Jésus fait mine
d’aller plus loin mais ils le retiennent et
l’invite à rester avec eux.
Ils ne le reconnaissent pas encore mais l’hospitalité
est sacrée. Ils entrent et se mettent à table. À
table avec eux, il prend le pain, prononce la
bénédiction, le rompt et le leur donne. Les yeux
fermés s’ouvrent. Ils reconnaissent enfin celui
avec qui ils ont fait route. Ce n’est pas un
marcheur anonyme avec qui ils ont partagé la
route quelques heures, c’est celui à la suite de
qui ils ont marché toutes ces années et que
pourtant ils n’ont pas reconnu.
La parole de Jésus, celle de Moïse et des prophètes,
toutes les Écritures, n’ont pas suffi. Il faut
le simple signe du pain rompu et partagé pour
ouvrir les yeux et les cœurs. Ouvrir les yeux et
les cœurs, se faire reconnaître, puis
disparaître à leurs yeux. Délier les langues,
permettre aux cœurs de se reconnaître brûlants.
Et ils n’ont plus besoin de sa présence.
Celui qu’ils ont retenu sur la route d’Emmaüs
peut maintenant devenir invisible ; la trace de
son passage demeure vive. Ils le reconnaissent
au signe du pain eucharistié – du pain sur
lequel il rend grâce – et partagé.
À ses disciples, après sa résurrection, Jésus se fait
reconnaître par le signe du repas et du pain
partagés. Mais ces repas ne sont que de brefs
moments, de brefs passages : ils introduisent le
départ, l’envoi, la mission, le dispersement,
l’annonce. Comme devraient le faire nos
eucharisties.
Temps de partage et de bénédiction, temps d’écoute et
de reconnaissance, temps de rassemblement avant
la dispersion. Temps transitoire, temps en
transit ; mais indispensable entre-deux pour
permettre de reprendre la route, revigorés, déjà
ressuscités avec lui.
En relisant Emmaüs et les autres récits de repas de
Jésus avec ses disciples après la résurrection,
on peut s’interroger : l’eucharistie, signe de
la présence ? Ou eucharistie, repas sur la route
pour vivre l’absence ? Repas en transit, temps
pour relancer, pour reconnaître et partager,
pour apprendre à vivre en ressuscités.
Temps pour ne pas retenir, comme Marie-Madeleine se
l’est fait ordonner par Jésus lui-même au jardin
des Oliviers, dans l’Évangile selon saint
Jean (Jean 20, 17) ; temps pour se
remettre en marche, heureux d’avoir rencontré et
reconnu celui qui est venu marcher sur nos
routes, brûlants d’aller l’annoncer aux frères
et sœurs en attente d’une bonne nouvelle de vie,
confiants de le retrouver un jour, auprès du
Père, dans l’Esprit.
*****
Ils marchent, impatients et brûlants, sur la route
d’Emmaüs à Jérusalem. Jérusalem n’est plus le
lieu de la mort, de l’effondrement des
attentes ; c’est la ville où ils peuvent espérer
la réalisation de la promesse des cieux nouveaux
et d’une terre nouvelle. Celui qu’ils ont connu,
aimé, suivi, est vivant et ressuscité !
Maintenant, ils brûlent de l’annoncer, d’aller
dire comment ils l’ont rencontré et reconnu à la
fraction du pain.
Et nous, ici, aujourd’hui, serons-nous à notre tour
ces disciples « brûlants de Pâques » (Didier
Rimaud, Jésus qui m’a brûlé le cœur,
fiche I 144) parce que nous avons partagé le
pain qui ouvre les yeux et met en marche ?
3. Et le congrès eucharistique ?
Et maintenant, poursuivons avec quelques remarques sur
le Congrès eucharistique international
proprement dit. Le site du Congrès
eucharistique,
http://www.cei2008.ca/cei2008, présente
ainsi le but du congrès : « Le Congrès
eucharistique international 2008 est le
rassemblement de l’Église de Québec qui
accueille l’Église tout entière pour célébrer le
Christ vivant sous le thème : “L’Eucharistie,
don de Dieu pour la vie du monde”.
« C'est l’atmosphère festive d'une expérience de foi
vécue avec des croyantes et des croyants de tous
les âges, venus des quatre coins de la planète.
Les pèlerins congressistes se réunissent pour
une semaine de célébrations du 15 au 22 juin, à
la Cité eucharistique, lieu privilégié du
congrès.
« Le
programme prévoit des célébrations,
des catéchèses, des activités religieuses et
artistiques très variées autant pour les
pèlerins congressistes que pour le grand
public. »
Le congrès est ensuite situé dans le contexte du 400e
anniversaire de Québec et de la mémoire de la
volonté d’évangélisation manifestée au départ de
la fondation de l’établissement de Québec. Pour
la petite histoire, le maire L’Allier aurait
approché l’archevêque de Québec, qui était alors
Mgr Maurice Couture, pour lui proposer
d’organiser un grand événement ecclésial à
l’occasion du 400e anniversaire de la
ville. Depuis, le maire L’Allier n’est plus
maire et l’archevêque de Québec n’est plus Mgr
Couture.
Si on regarde le document théologique de base du
congrès, L’Eucharistie. Don de Dieu pour la
vie du monde, publié en 2006 chez Anne
Sigier, on peut lire ce qui suit dans
l’invitation signée par le Cardinal Marc Ouellet :
« Cet exposé développe quelques aspects de la
doctrine eucharistique, et principalement celui
du mémorial du mystère pascal du Christ : il est
important de raviver la mémoire des origines
chrétiennes du continent afin d’actualiser et de
transmettre les valeurs de l’évangile et
l’importance de l’eucharistie dans notre monde
aujourd’hui, sans oublier le lavement des pieds,
qui rappelle la dignité de toute personne, et la
parole qui, si elle est entendue, peut changer
le monde : “Aimez-vous les uns les autres comme
je vous ai aimés”. » (p. 6) On le voit : le
Cardinal Ouellet établit un lien immédiat entre
le mémorial de la mort et de la résurrection du
Christ, de son mystère pascal, et la mémoire des
origines chrétiennes de l’Amérique du Nord.
Plus loin dans le document, il insiste : « La ville de
Québec, avec sa devise “Don de Dieu, feray
valoir”, est au cœur de l’histoire d’un peuple
dont la devise proclame : “Je me souviens”.
Cette devise rappelle la parole que Jésus a
laissée à ses apôtres à la dernière Cène :
“Faites ceci en mémoire de moi”. » (p. 9-10) Le
document poursuit, à la page 10 : « Le congrès
eucharistique fournira une occasion privilégiée
de rendre hommage à ce don de Dieu au cœur de la
vie chrétienne et de se souvenir des racines
chrétiennes de beaucoup de pays en attente d’une
nouvelle évangélisation. L’eucharistie a nourri
l’annonce de l’Évangile et la rencontre des
civilisations européenne et autochtone sur ce
continent. Elle demeure encore aujourd’hui un
ferment de culture et un gage d’espérance pour
l’avenir du monde en voie de globalisation. »
Il n’y a pas là un projet secret du Cardinal Ouellet.
Au contraire, depuis son arrivée à Québec en
2002 et son installation sur le siège
archiépiscopal de la Vieille Capitale en 2003,
celui-ci n’a pas du tout caché son désir de voir
se rétablir la foi chrétienne comme paramètre
fondamental et public de l’identité québécoise.
Relisons ses propos lors de la présentation de
son mémoire à la Commission Bouchard-Taylor sur
les pratiques d’accommodements raisonnables :
« Un peuple dont l’identité a été fortement
configurée pendant des siècles par la foi
catholique ne peut pas du jour au lendemain
(quelques décennies sont brèves dans la vie d’un
peuple) se vider de sa substance sans qu’il en
résulte des conséquences graves à tous les
niveaux. » (p. 3) Il termine ainsi : « Il
importe surtout à l’heure actuelle que la
majorité catholique se réveille, qu’elle
reconnaisse ses vrais besoins spirituels et
qu’elle renoue avec ses pratiques
traditionnelles afin d’être à la hauteur de la
mission qui lui incombe depuis ses origines. »
C’est là, peut-être, qu’il faut voir un des principaux
risques du Congrès eucharistique : qu’on veuille
l’utiliser comme un moyen de reconquête de la
place perdue de l’Église dans la société
québécoise et de reconquête de ses « sujets »
perdus – sujets au sens de sujets soumis et non
pas au sens où la philosophie contemporaine
l’utilise. Et que, pour ce faire, on utilise les
quêtes de sens et les questions identitaires des
jeunes et des moins jeunes.
Pareil risque va de pair avec le danger
d’instrumentaliser l’eucharistie pour en faire
un moyen politique au service de l’Église
voulant retrouver sa place dans la société
québécoise. Si cela arrive, il nous faudra un
nouveau saint Paul capable de le dénoncer avec
la même vigueur que le premier a dénoncé les
déviations que les chrétiens de Corinthe ont
fait subir au repas eucharistique.
Et c’est sans parler du risque pastoral, liturgique et
théologique de séparer le pain eucharistique de
sa célébration, le corps eucharistique du corps
ecclésial, pour reprendre les termes d’Augustin
et du Père de Lubac (voir à ce propos la
communication de
Guy Lapointe).
En conclusion : pour ou contre le Congrès
eucharistique ?
Je vous l’ai dit au départ : il est impossible de
répondre si simplement à cette question. Jeune
adulte, j’ai beaucoup bénéficié de ma
participation à la sixième assemblée du Conseil
œcuménique des Églises à Vancouver en 1983, dont
le thème était « Jesus Christ the Life of the
World » (je participais à la rencontre des
étudiants nord-américains en théologie). J’y ai
découvert, au quotidien, la diversité des
Églises. J’ai prié avec des méthodistes
américains, des réformés européens, des grecs et
des russes orthodoxes. J’ai saisi la diversité
des compréhensions de l’eucharistie à travers
les grandes célébrations, dont celle de la
liturgie de Lima. Je crois à ces grands
rassemblements comme des moments de rencontre,
d’échange, d’ouverture.
Le Congrès eucharistique de Québec pourra-t-il porter
des fruits de rencontre, d’échange et
d’ouverture ? Non, il ne portera pas de tels
fruits si on enferme l’eucharistie dans une
vision ecclésio-centrée. Il n’en portera pas si
on instrumentalise l’eucharistie et le
rassemblement ecclésial, si on en fait des
instruments de propagande politique et de
reconquête des esprits, des cœurs et des
libertés. Il n’en portera pas non plus si on
sépare le pain eucharistique de la célébration
eucharistique ou si on sépare le corps
eucharistique du corps ecclésial,
particulièrement de ses membres les plus
souffrants. En disant cela, je pense à un beau
texte de Jean Chrysostome, dans son Sermon
sur
l’Évangile de Matthieu : « Quel avantage y
a-t-il à ce que la table du Christ soit chargée
de vases d’or, tandis que lui-même meurt de
faim ? Commence par rassasier l’affamé et, avec
ce qui te restera, tu orneras son autel[2]. »
Mais oui, le Congrès eucharistique pourra porter des
fruits si on laisse à la diversité des visions,
des compréhensions et des façons de célébrer
l’eucharistie la possibilité de se dire et de se
vivre. Oui il en portera si, tout en célébrant
l’action eucharistique, on favorise la
rencontre, le dialogue, l’échange, le partage,
permettant ainsi la construction du corps
ecclésial, ainsi que le rappelle le texte de
La doctrine des douze apôtres, la Didachè :
« Comme ce pain rompu, disséminé sur les
montagnes, a été rassemblé pour être un, que ton
Église soit rassemblée de la même manière des
extrémités de la terre dans ton royaume[3]. »
Oui, il en portera si les
eucharisties célébrées deviennent non pas des
lieux de repli mais des lieux d’ouverture et
d’envoi pour porter au monde la joyeuse nouvelle
de celui qui vient toujours marcher avec nous
sur nos chemins d’Emmaüs et rendre nos cœurs
brûlants pendant qu’il nous partage sa parole et
son pain.
Merci de votre attention et bonne continuation !
[1]
L’article a été publié dans Vivre
et célébrer, volume 42, nº 193,
printemps 2008, pages 37-38.
[2]
Texte extrait du sermon de Jean
Chrysostome sur l’Évangile de
Matthieu, publié dans La Liturgie
des heures, tome 3, Paris, Le Cerf/Desclée
de Brouwer/Desclée/Mame, 1980, page 471.
[3] La
doctrine des douze apôtres (Didachè),
introduction,
texte, traduction, notes, appendice et
index par W.
Rordorf et A.
Tuilier, coll. « Sources chrétiennes », nº 248, Paris,
Éditions du Cerf, 1978, p. 177.
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