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La dernière instruction romaine « Redemptionis Sacramentum
» aggravée par son appel à la délation, nous
est adressée comme un rappel à l'ordre. à
l'ordre de la Loi, au mépris de l'Évangile qui
nous a fait passer du dogmatisme à la Foi, du
ritualisme à l'Amour et de la vengeance à la
Justice.
-
Nous ne reconnaissons pas l'Esprit de Jésus de Nazareth ni
dans les
termes,
ni dans le contenu de cette instruction.
-
Nous affirmons, en toute conscience, ne pas pouvoir en
respecter les directives : l'Eucharistie est pour
nous bien autre chose qu'un rite sacré et en
aucun cas l'objet d'un fétichisme. La grandeur de
l'Eucharistie est dans le partage de la communion
entre toutes celles et tous ceux qui se réunissent
au nom du Christ et, à la première place, les
exclus.
-
Nous sommes profondément indignés par cette exhortation au
devoir de délation, seul cas dans l'Église où
les fidèles laïcs seraient entendus.
-
Nous soutenons prêtres, évêques, laïcs qui n'ont pas peur
de s'engager sur le chemin tracé par Jésus et
qui lui a coûté sa condamnation, le seul chemin
qui, aujourd'hui encore, est une chance pour
l'avenir de son Église, le chemin de la
transgression, non par principe, mais par nécessité.
-
Nous demandons à l'Épiscopat d'oser faire connaître
loyalement au Saint Siège les raisons de notre
hostilité à cette circulaire qui nous
scandalise.
Un tel
usage du pouvoir ne fait que conforter notre
opposition à l'article I-51 du projet de
constitution européenne qui accorde une prérogative
particulière aux Églises.
Nous sommes aussi l'Église (NSAE)
68 rue de Babylone 75007 Paris
nsae@wanadoo.fr
http://perso.wanadoo.fr/nsae-france/
22 mai 2005
La nouvelle instruction du Vatican sur la
liturgie « Redemptionis Sacramentum » répand un
climat de méfiance dans les communautés et parle
même du droit à la dénonciation !
Tout à l’opposé, le mouvement « Nous sommes
Église-Allemagne » propose de fêter l’espérance
et
le Réseau Résistances de Bruxelles s’y
associe.
a. Montrez que vous êtes des chrétiens et chrétiennes
majeurs ! Ne laissez pas en panne les
ouvertures liturgiques nées du Concile !
Continuez à vivre des expériences spirituelles,
continuez à créer des liturgies vivantes et
adultes.
b. Insistez auprès de votre communauté sur le
fait que la liturgie n’est pas seulement
l’affaire des évêques ou des prêtres mais
qu’elle concerne tout le corps mystique de l’Église.
c. Continuez à promouvoir la prédication des laïcs,
hommes ou femmes, ou l’échange libre de la
communauté au cours de la célébration
eucharistique.
d. Développez les formes liturgiques proposées
par les laïcs, pour autant qu’elles soient
acceptées par la communauté.
e. Ne restez pas indifférents à la désertification
des messes dominicales, car les gens ne
comprennent pas la langue liturgique officielle et
ne se sentent pas concernés par les formulations
habituelles.
f. Utilisez les possibilités existantes de
formation liturgique pour les laïcs; si les
formations pour les aides pastorales devaient être
réduites ou supprimées à cause de
l’instruction romaine, organisez avec d’autres
communautés des formations de remplacement.
g. Demandez aux théologiens et théologiennes,
soit clercs, soit laïcs, de continuer à assurer
leur service auprès de votre communauté, sachant
que celle-ci les apprécie et les utilise de bon cœur.
h. Invitez tous les membres de votre communauté
à adresser d’abord leur critique éventuelle au
conseil de communauté, au prêtre ou au cercle
liturgique; ce n’est qu’ensuite et en cas de réponse
insatisfaisante, qu’ils devraient alerter une
instance supérieure.
i. Encouragez vos prêtres afin qu’ils ne se
laissent pas intimider par les menaces et les dénonciations
suggérées par l’instruction romaine.
j. Invitez votre évêque à protester à Rome
contre cette instruction et à exiger plus de
liberté pour les Églises locales.
« Il est paradoxal, alors que les Églises
se vident de plus en plus, que le Vatican ne
trouve rien de mieux à faire, que d’inculquer
des normes liturgiques dépassées et de barrer le
chemin d’une Cène oecuménique et
communautaire. » (Professeur Hans Küng, Tübingen)
(Traduction et adaptation : Édith Kuropatwa)
La nouvelle constitution sur la liturgie du Vatican est un
texte de 41 pages accompagnées de 290 notes «bas
de pages» comprenant les directives à
l'attention du haut et bas clergé pour
l'instruire sur ses comportements envers la «très
sainte Eucharistie». Il semble que l'intérêt
porte surtout sur ce qui est défendu, non permis,
pas correct, non admissible et condamnable et donc
qui devrait être proscrit. Le mot «ABUS» apparaît
32 fois(14 fois au pluriel).
Une chose ressort clairement de ce texte : Le clergé romain
est acculé au pied du mur et défend des domaines
qu'il n'est plus capable d'assumer lui-même. Le
texte est arrogant dans sa facture - empiré par
le fait que les auteurs semblent même pas s'en
rendre compte.
Certes personne ne s'attendait à ce que Rome reconnaisse
l'engagement et le temps consacré par ces
milliers de laïcs qui ont permis à la célébration
de l'Eucharistie d'avoir lieu d'une façon digne
dans ces temps de crise (manque de prêtres).
Personne ne croit que la direction cléricale
romaine accorde une attention affectueuse à ce
peuple de l'église, qui toujours d'une façon
non-rémunérée, investit ses charismes dans la
«célébration de notre salut».
L'étendu des réglementations rigides régissant tout ce que
les laïques ne doivent PAS faire montre bien le
niveau de la panique : grande est la peur, que ces
soi-disant «laïcs» pourraient devenir complètement
autonomes et du même coup avoir de moins en moins
besoin du clergé, surtout du haut clergé. Avec
de telles instructions la panique est toujours
plus fondée.
De toute évidence les auteurs s'attendent peu à ce que
leurs directives soient appliquées. D'où les
innombrables renvois à des sanctions. Et lorsqu'à
la fin du document on reconnaît que la dénonciation
est un «droit» pour tout catholique de révéler
des transgressions il devient clair ce que les
auteurs pensent de la dignité humaine.
La direction du mouvement «Wir sind Kirche» est donc
heureuse d'avoir publié à temps sa brochure Désobéissance
- Un Service à rendre à l'Église! pour que
soit clairement documenté combien les consignes
du Vatican sont étrangères à la réalité et
pour que laïques et clercs au lieu d'appliquer
ces règles destructrices de la vie et étrangères
au vrai monde décident plutôt de suivre leur
propre conscience.
(Communiqué de
Presse, 27 avril 2004)
-
WIR
SIND KIRCHE (ALLEMAGNE) – Prof. Norbert
Scholl, théologien (Wilhelmsfeld / Allemagne)
Le
titre de cette instruction suscite de vives
attentes : « Redemptionis Sacramentum »,
le Sacrement de la Rédemption. Le langage du
premier paragraphe laisse également supposer
qu’il s’agit ici de quelque chose de grand,
d’important et de hautement significatif :
« Dans la très sainte Eucharistie, la Mère
Église croit fermement et accueille avec joie, célèbre
et adore le SACREMENT DE LA RÉDEMPTION, en annonçant
la mort de Jésus-Christ et en proclamant sa résurrection,
jusqu’à ce qu’il vienne dans la gloire, comme
Seigneur et Maître invincible, Prêtre éternel
et Roi de l’univers, pour remettre entre les
mains de la souveraine puissance du Père, le règne
de la vérité et de la vie » (1).
Cependant
dès le paragraphe suivant il est question de
« l’ensemble des normes relatives à la très
sainte Eucharistie », et de « certains
éléments contenus dans les normes liturgiques
antérieurement exposées et établies ». Et
c’est dans le quatrième paragraphe qu’apparaît
alors pour la première fois le petit mot « abus »
qui sera répété 31 fois dans les pages
suivantes (dont 14 fois au pluriel). […]
[On
y voit] surtout sur ce qui est interdit, ce qui
n’est pas permis, ce dont on n’a pas le droit,
ce qui ne convient pas, et ce qui est à réprimer
comme répréhensible. On se demande pourquoi un
tel document est au fond rendu accessible au grand
public. La Congrégation aurait pu l’envoyer aux
évêques et ceux-ci auraient pu le transmettre
aux curés. Quels sont donc les laïcs qui s’intéressent
au matériau dans lequel doivent être confectionnés
les vêtements ou les vases liturgiques et veulent
savoir que « l’aube est serrée autour des
reins par le cordon, à moins qu’elle ne soit
confectionnée de telle manière qu’elle puisse
s’ajuster même sans cordon » (184).
C’est
ici un appel à la dénonciation qui est formulé
sous une forme claire et concise. Et auparavant déjà
les prêtres sont exhortés « à veiller fidèlement
à ce que des actes de ce genre, qui défigurent
la liturgie, ne soient pas commis par d’autres »
(31) comme des abus. […]
On
ne peut que plaindre tous les évêques qui se
sentiront maintenant tenus de veiller au respect
des dispositions édictées par cet oukase romain
et d’intervenir sans délai « chaque fois
que l’Ordinaire du lieu ou d’un Institut
religieux ou bien d’une Société de vie
apostolique a connaissance, au moins
vraisemblable, d’un délit ou d’un abus commis
à l’encontre de la très sainte Eucharistie »…
L’ensemble
de l’Instruction se lit uniquement comme un
document inspiré par la peur et la méfiance. On
n’y trouve aucune trace de cet élan plein de
courage et d’allégresse qui nous fait entrer
dans le nouveau millénaire. Rien n’y respire
l’esprit de cette liberté, pour laquelle le
Christ a fait tomber nos chaînes, mais on y sent
bien un peu ce qui constitue le joug de la
servitude (cf. Galates V,1). On ne peut y reconnaître
que Rome a compris les signes des temps et est prêt
à en tirer les conséquences avec courage et
confiance. Il nous reste seulement à espérer que
des chrétiennes et des chrétiens parvenus à
l’âge adulte ne seront pas trop nombreux à se
laisser intimider par cette liste de prescriptions
et d’interdits.
(Traduit de l’allemand par Jean Courtois, Lyon)
Le
Conseil d’Administration de l’ « Initiative
‘Pour une Eglise plus vivante’ » caractérise
l’Instruction intitulée « Redemptionis
Sacramentum » (Sacrement de la Rédemption)
publiée hier au Vatican comme une entrave opposée
à un office religieux vivant. « Les fidèles
appellent de leurs vœux dans l’office religieux
du dimanche une liturgie vivante qui leur apporte
des encouragements et un soutien dans leur foi et
dans leur vie », souligne Le Président
Robert Hochgruber. « C’est pourquoi il est
très regrettable que l’Instruction ne contienne
que des limitations et des interdictions
juridiques exagérées ». Cette publication
est marquée, poursuit-il, par des peurs et ne
parle presque que d’abus. D’après le Conseil
d’Administration le seul détail heureux est que
les interdictions concernant le rôle de servants
de messe attribué à des filles et les
applaudissements durant l’office religieux,
telles qu’elles avaient été prévues dans les
versions antérieures n’apparaissent plus dans
le texte définitif. Ce qu’on doit constater,
poursuit-il, c’est une fixation sur le prêtre,
ce qui ne saurait qu’à peine encourager la
collaboration des laïcs. Il faudra nettement
refuser l’invitation contenue dans l’Instruction
et adressée à tous les catholiques, hommes et
femmes, à déposer une plainte contre le abus en
matière de liturgie, car ce serait de la dénonciation.
On
ne saurait mettre dans le même sac les situations
religieuses régnant dans les paroisses et les
diocèse des différents continents. En ce sens la
déclaration romaine est caractérisée par sa
forte tendance centraliste. Les diverses conférences
épiscopales devraient pouvoir édicter des réglementations
liturgiques qui correspondent à la culture, aux
modes de vie et à la tradition religieuse régnant
localement, déclare le Conseil d’Administration
de l’ « Initiative ‘Pour une Eglise plus
vivante’ ».
Il
encourage les paroisses à conserver les pratiques
jusqu’ici coutumières dans leurs offices
religieux et à continuer de les développer.
L’avenir de l’Eglise dépendra en effet aussi,
dit-il, des conditions auxquelles les fidèles
peuvent s’exprimer dans la célébration de l’Office
divin et peuvent s’y reconnaître.
(Traduit
de l’allemand par Jean Courtois, Lyon).
Initiativgruppe für eine lebendigere
Kirche – per una Chiesa più umana – pur na
dlijia plü via Kirchenvolksbegehren - Tschötsch
Nr. 99 I - 39042 - BRIXEN /BRESSANONE Telefon /
Fax ++39-0472-852530 -
www.we-are-church.org/suedtirol
initiativgruppe-KVB@dnet.it
Nombreux
sont les membres du groupe JONAS et d’autres qui
ont demandé à JONAS de se prononcer et surtout
de manifester son désaccord par rapport au
document romain : « Redemptionis
Sacramentum »
La
réaction de JONAS s’inspire principalement
d’un entretien avec le philosophe en même temps
directeur de l’École des hautes études en
sciences sociales : Marcel GAUCHET. Entretien
publié le 15 avril dans la revue CROIRE aujourd’hui
dont autorisation de publier sur le site JONAS a
été donnée.
A
l’avis de JONAS, très clairement, sans langue
de bois, Marcel GAUCHET aborde dans ce court
entretien la question de fond du déphasage de
l’Église et pas seulement de l’Église
romaine mais de l’ensemble des religions.
La gravité du document romain est là.
«
Les outils qu'ils ont ( les chrétiens ) à leur
disposition ne sont plus pertinents et ne leur
permettent pas d'échanger avec leurs partenaires
non-croyants. »
«
L'obstacle est toujours le même: le retard de la
conscience sur les événements. Nous nous
trouvons dans une situation très nouvelle et dont
la mesure n'est pas encore prise. Cela est vrai
des institutions ecclésiales qui semblent
beaucoup plus en retard que les chrétiens eux-mêmes.
Dans le cadre français, cet obstacle est
probablement lié à une situation historique de
marginalisation par rapport à l'énorme place
occupée par le passé. Le sentiment d'un déclin
qui est presque un effondrement pousse beaucoup de
croyants à une attitude spontanée de repli
sectaire. Il faut défendre la citadelle et l'on
resserre les rangs »
«
Il est certain que la société leur demande une
parole sur cette situation. Mais il est clair, en
même temps, que les non-croyants, pas plus que
les croyants eux -mêmes d'ailleurs, ne se
contenteront d'une réponse du type: « Dans l'Évangile
se trouve la réponse à toutes les questions. »
Le langage de leur foi ne donne plus aux chrétiens
les moyens d'intervenir dans le débat public. Et
ils le sentent bien. »
Pour
conclure :Une simple réaction d’un prêtre de
terrain :
«
Je trouve que vous donnez beaucoup trop
d’importance à une circulaire romaine sans intérêt,
agaçante et maladroite, mais qui n’intéresse
personne et n’a eu, heureusement, aucun écho
dans mes médias. …Je reste persuadé que nous
ne pouvons pas empêcher quelques ronds de cuir de
la Curie d’émettre des circulaires. Réagir
massivement serait donner à une circulaire une
importance qu’elle n’a pas. Les italiens sont
beaucoup plus pragmatiques que nous : ils savent
depuis longtemps que, sur des sujets comme cela,
la meilleure solution c’est : « cause toujours,
nous on vit et on témoigne de notre foi ».
Jonas sous son ricin (Lettre du 10
mai 2004)
http://www.groupes-jonas.com/
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