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Jésus s'en
alla dans la montagne pour prier, et il passa la
nuit à prier Dieu. Le jour venu, il appela ses
disciples, en choisit douze, et leur donna le nom
d'Apôtres... etc.
Luc 6,12-19.
ACCUEILLIR, SERVIR ET SAUVER, LA MISSION DES APÔTRES
Commentaire de saint Cyrille d'Alexandrie (380-444), évêque, docteur de
l'Église (Commentaire de Jean 3,130)
Notre Seigneur
Jésus Christ a institué des guides et des
enseignants pour le monde entier, et des
« intendants de ses mystères divins » (1Co 4,1)...
« On ne s'attribue pas cet honneur à soi-même, on
le reçoit par appel de Dieu » (He 5,4)
S'il estimait
devoir envoyer ses disciples comme le Père l'avait
envoyé lui-même (Jn 20,21), il était nécessaire
que ceux-ci, appelés à être ses IMITATEURS,
découvrent pour quelle tâche le Père avait envoyé
son Fils. Il nous a donc expliqué de diverses
manières le caractère de sa propre MISSION. Il a
dit un jour : « Je ne suis pas venu appeler les
justes, mais les pécheurs pour qu'ils se
convertissent » (Lc 5,32). Et encore : « Je suis
descendu du ciel non pas pour faire ma volonté,
mais la volonté de celui qui m'a envoyé » (Jn
6,38). Et une autre fois : « Dieu n'a pas envoyé
son Fils dans le monde pour juger le monde, mais
pour que le monde soit sauvé par lui » (Jn 3,17).
Il résumait en
quelques paroles la fonction des Apôtres en disant
qu'il les a envoyés comme le Père l'avait envoyé
lui-même.
Mon commentaire à moi
Ce message est un
texte pour la fête des apôtres Simon et Jude. Il
possède encore la puissance et la grâce de pouvoir
mettre les pendules à l'heure dans l'Église, en
2005. Il fait bon de relire tout cela, car se
donner la mission de garder la morale dans le
monde, c'est faire fausse route et se donner un
rôle impossible. Le grand Maître Jésus, fils de
Dieu, n'a jamais abordé ainsi la question.
En empruntant un
peu de la fougue de ce Cyrille d'Alexandrie,
j'ajouterais, de plus, que c'est un grand luxe et
un décrochage éhonté d'avoir réuni en Synode à
Rome 325 évêques, pressés par le temps et par une
multitude d'autres questions super-urgentes, afin
de discourir sur l'Eucharistie, en vue d'un x ième
document, alors que les communautés chrétiennes se
ferment et n'ont plus de prêtres. Importante,
l'Eucharistie qui fait l'Église et excellente idée
d'y avoir consacré une année! Mais, mais, mais...
de là à faire un Synode sur cette question
pointue, alors que l'Église est en train de brûler
et de sombrer, c'est épouvantable!
C'est à la
question de l'élection des prêtres et ministres
qu'il faut s'attaquer, en revenant à l'élection de
l'apôtre Matthias, remplaçant Judas. Toute la
communauté chrétienne a voté et choisi deux noms,
puis les Apôtres ont prié l'Esprit-Saint pour
qu'on tire au sort l'élu. Ce n'était plus du
hasard, mais l'Esprit lui-même qui décidait. Il
faut revenir à cette façon de faire des Actes, à
tous les paliers de l'Église, dans les paroisses,
les diocèses. Seule exception, à mon avis : le
Conclave. Ainsi, les gens de la communauté
chrétienne s'exprimeraient (sensus fidei et
communion des saints) sur les hommes et les femmes
– bien sûr – les plus « capables » à tous points
de vue. Ils seraient porte-parole pour mettre en
lumière ceux et celles que l'Esprit aurait déjà
choisis. « Déjà », parce qu'il nous devance
toujours. Alors... bien des questions importantes,
mais « secondaires », qui agitent les Églises sur
les meilleurs choix à faire se résoudraient
d'elles-mêmes. Cette « Église-là », soumise ainsi
à l'Esprit-Saint, ne peut pas se tromper. Et ne
pourraient non plus se tromper les Apôtres et
Serviteurs de cette Église, s'ils se mettaient à
écouter mieux la voix du peuple et des pauvres.
Ils seraient encore plus infaillibles, d'une autre
façon... et de la bonne façon.
Je lance dans la
nuit mon cri de protestation et de suggestion,
comme bien d'autres « fidèles » qui aiment leur
Église. Et j'avise l'Esprit-Saint de cogner assez
fort à la porte des cœurs pour être enfin
entendu. Je sais que c'est dans une prière intense
que se terminera mon cri du cœur, avec la
certitude que l'Esprit d'amour aura enregistré
tous mes gémissements et qu'il les exaucera
bientôt au-delà de mes espérances.
Paix et joie, tout
de même, complèterait François d'Assise.
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