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Message pour la fête des saints Simon et Jude (28 octobre) – en marge du Synode sur l’Eucharistie
Roland Bonenfant, franciscain


 

Jésus s'en alla dans la montagne pour prier, et il passa la nuit à prier Dieu. Le jour venu, il appela ses disciples, en choisit douze, et leur donna le nom d'Apôtres... etc.

Luc 6,12-19.

 

ACCUEILLIR, SERVIR ET SAUVER, LA MISSION DES APÔTRES

Commentaire de saint Cyrille d'Alexandrie (380-444), évêque, docteur de l'Église (Commentaire de Jean 3,130)

Notre Seigneur Jésus Christ a institué des guides et des enseignants pour le monde entier, et des « intendants de ses mystères divins » (1Co 4,1)... « On ne s'attribue pas cet honneur à soi-même, on le reçoit par appel de Dieu » (He 5,4)

S'il estimait devoir envoyer ses disciples comme le Père l'avait envoyé lui-même (Jn 20,21), il était nécessaire que ceux-ci, appelés à être ses IMITATEURS, découvrent pour quelle tâche le Père avait envoyé son Fils. Il nous a donc expliqué de diverses manières le caractère de sa propre MISSION. Il a dit un jour : « Je ne suis pas venu appeler les justes, mais les pécheurs pour qu'ils se convertissent » (Lc 5,32). Et encore : « Je suis descendu du ciel non pas pour faire ma volonté, mais la volonté de celui qui m'a envoyé » (Jn 6,38). Et une autre fois : « Dieu n'a pas envoyé son Fils dans le monde pour juger le monde, mais pour que le monde soit sauvé par lui » (Jn 3,17).

Il résumait en quelques paroles la fonction des Apôtres en disant qu'il les a envoyés comme le Père l'avait envoyé lui-même.

Mon commentaire à moi

Ce message est un texte pour la fête des apôtres Simon et Jude. Il possède encore la puissance et la grâce de pouvoir mettre les pendules à l'heure dans l'Église, en 2005. Il fait bon de relire tout cela, car se donner la mission de garder la morale dans le monde, c'est faire fausse route et se donner un rôle impossible. Le grand Maître Jésus, fils de Dieu, n'a jamais abordé ainsi la question.

En empruntant un peu de la fougue de ce Cyrille d'Alexandrie, j'ajouterais, de plus, que c'est un grand luxe et un décrochage éhonté d'avoir réuni en Synode à Rome 325 évêques, pressés par le temps et par une multitude d'autres questions super-urgentes, afin de discourir sur l'Eucharistie, en vue d'un x ième document, alors que les communautés chrétiennes se ferment et n'ont plus de prêtres. Importante, l'Eucharistie qui fait l'Église et excellente idée d'y avoir consacré une année! Mais, mais, mais... de là à faire un Synode sur cette question pointue, alors que l'Église est en train de brûler et de sombrer, c'est épouvantable!

C'est à la question de l'élection des prêtres et ministres qu'il faut s'attaquer, en revenant à l'élection de l'apôtre Matthias, remplaçant Judas. Toute la communauté chrétienne a voté et choisi deux noms, puis les Apôtres ont prié l'Esprit-Saint pour qu'on tire au sort l'élu. Ce n'était plus du hasard, mais l'Esprit lui-même qui décidait. Il faut revenir à cette façon de faire des Actes, à tous les paliers de l'Église, dans les paroisses, les diocèses. Seule exception, à mon avis : le Conclave. Ainsi, les gens de la communauté chrétienne s'exprimeraient (sensus fidei et communion des saints) sur les hommes et les femmes – bien sûr – les plus « capables » à tous points de vue. Ils seraient porte-parole pour mettre en lumière ceux et celles que l'Esprit aurait déjà choisis. « Déjà », parce qu'il nous devance toujours. Alors... bien des questions importantes, mais « secondaires », qui agitent les Églises sur les meilleurs choix à faire se résoudraient d'elles-mêmes. Cette « Église-là », soumise ainsi à l'Esprit-Saint, ne peut pas se tromper. Et ne pourraient non plus se tromper les Apôtres et Serviteurs de cette Église, s'ils se mettaient à écouter mieux la voix du peuple et des pauvres. Ils seraient encore plus infaillibles, d'une autre façon... et de la bonne façon.

Je lance dans la nuit mon cri de protestation et de suggestion, comme bien d'autres « fidèles » qui aiment leur Église. Et j'avise l'Esprit-Saint de cogner assez fort à la porte des cœurs  pour être enfin entendu. Je sais que c'est dans une prière intense que se terminera mon cri du cœur, avec la certitude que l'Esprit d'amour aura enregistré tous mes gémissements et qu'il les exaucera bientôt au-delà de mes espérances.

Paix et joie, tout de même, complèterait François d'Assise.

 

 

 

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