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Les chrétiens souhaitent que leurs évêques
exercent leur autorité avec un peu plus
d'audace. Pour ce faire, il faudrait que le
Vatican cesse de leur enlever leur autorité.
Nous chrétiens, nous voulons dire á nos évêques
que nous les supportons dans leur désir
d'exercer pleinement leur autorité de pasteur.
Can. 212 (par. 3) : « ...C'est un devoir pour le
laïc de faire connaître, pour le bien de
l'Église, leurs opinion sur
certains problèmes. »
Can. 753 (1983) : « Les évêques, séparément ou
réunis en conférence épiscopale ou en concile
plénier, sont les authentiques docteurs et
maîtres de la
foi des
fidèles confiés à leurs soins. »
Or qu'en est-il? À titre d'exemple : la
Conférence Épiscopale canadienne décide en 1973
d'accueillir á la prêtrise les hommes mariés
ayant les conditions requises. Rome dit :
« NON ! »"
Depuis 1989, chaque évêque doit prêter un
serment de fidélité avant sa consécration,
serment qui lui lie injustement les mains et les
pieds : « De plus avec une soumission religieuse
de la volonté et de l'intelligence, j'adhère aux
doctrines énoncées, soit par le Pontife
romain... »
L'évêque se doit de donner priorité á l’Évangile
sur les positions de la Curie romaine. On ne
s'attend pas á ce que chaque évêque fasse á sa
guise, mais lorsque tous les évêques d'un pays
décident après mures
réflexions
et plusieurs études théologiques que
telle action est nécessaire, ce n'est pas à la
Curie de décider du contraire ou de l'ignorer.
L'Église n'est pas une fin en soi mais une
communauté de
foi attentive aux besoins de tous et
chacun.
Il y a crispation sur le contenu reçu, tel le
célibat du clergé ou le rôle des femmes, qui ne
s'accorde plus avec les réalités culturelles et
qui ne sont pas des questions théologiques.
Qu'est-ce qui est essentiel et qu 'est-ce qui
est secondaire et donc modulable?
Chaque catholique n'a pas plusieurs évêques,
mais un seul. Le Pape n'est pas leur évêque ni
un super-évêque. Le rapport entre l'évêque et le
Pape n'est pas pyramidal. Ce n'est pas
méconnaître le ministère propre du Pape qui doit
veiller à ce qu'on ne s'écarte pas du témoignage
apostolique; mais l'évêque local n'est pas le
vicaire du Pape. L'Église diocésaine n'est pas
une succursale, mais chaque diocèse est
l'Église. Trop souvent les évêques abdiquent
lorsqu'ils se demandent : « Que va dire Rome? »
Dans ce contexte particulier, il arrive que la
réaction de la Curie soit moins vive qu'estimée
généralement, à preuve l'élévation au cardinalat
d'un évêque allemand ayant défié ouvertement la
position romaine relative aux divorcés remariés.
Être évêque c'est être courageux et en
conscience fidèle avec la vie de l'Église
diocésaine, mais le serment actuel rend les
évêques impuissants. Nous demandons que la
dernière partie de ce récent serment soit
révoquée ou modifiée afin de rétablir l'Église
locale dans ses droits.
Texte transmis, via Jean Trudeau, en 2001,
au secrétaire de la CECC de l’époque, Mgr
Shonenbach
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