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Lettre à la Conférence des évêques catholiques du Canada (CECC)
Réseau Culture et Foi (Groupe Outaouais-des-Deux-Rives)


 

À Nos Seigneurs les Évêques du Canada,

Nous sommes un groupe de baptisés qui formons avec vous l’Église canadienne. Nous venons vous dire combien nous sommes d’accord avec votre récente prise de position, à l’encontre de celle proposée par la Curie romaine, concernant les cas de pédophilie impliquant des membres ordonnés de nos rangs, qui doivent être traités au grand jour par la Justice civile plutôt qu’en privé par les tribunaux ecclésiastiques. Cela va dans un sens qui nous semble refléter Vatican II au mieux : la prise de décision au niveau des diocèses, laissant un large rôle de leadership aux évêques. La « convocation » des cardinaux américains à Rome, va dans l’autre sens et doit être déplorée comme un geste de relations publiques. Le problème n’existerait-t-il qu’aux USA?

Dans un article du journal The Ottawa Citizen (samedi le 20 avril 2002, page L4), Mgr Marcel Gervais concluait que le disciple a pour critère l’humilité, étant dans une situation d’apprentissage continuel. Nous sommes en plein accord avec ses propos et souhaitons qu’ils orientent l’évolution de l’Église canadienne.

Nous aimerions que soit affirmé bien haut par la hiérarchie canadienne, à l’instar de la hiérarchie américaine pourtant si secouée par la crise créée par quelques membres de son clergé et qui pourtant ose le faire, que la hiérarchie affirme que le débat ne peut être clos sur certaines questions dont celle du célibat obligatoire des ministres ordonnés. De même, face au désarroi des chrétiens qui voient de plus en plus leurs paroisses laissées sans pasteur, et qui expérimentent de nouvelles façons de célébrer leurs rencontres dominicales ou les rites de passage, nous aimerions que soit affirmé bien haut par la  hiérarchie canadienne que la recherche n’est pas interdite sur la question d’un autre style de ministère ordonné. Sans présumer de la réponse, pourquoi ne pas examiner sérieusement et publiquement la question des prêtres n’exerçant plus leur ministère parce qu’ils ont abandonné le célibat mais  qui seraient prêts  à reprendre un certain service, et pourquoi ne pas stimuler l’accès au diaconat permanent de personnes mariées hommes ou femmes, l’accès aux ordres pour les femmes, le report officiel de plus de fonctions sur les équipes pastorales, etc.

Nous aimerions que la hiérarchie canadienne affirme bien haut, devant la laïcisation de l’école et le style « libre-service » dans l’usage des sacrements (baptême, mariage), sa foi profonde dans l’Église comme lieu de réflexion et de cheminement plutôt que dans des programmes pré-établis de formation. Nous aimerions que la hiérarchie canadienne affirme bien haut que la religion des « interdits » a fait place à ce qu’elle aurait toujours souhaité être: une pratique du modèle Jésus et de son Amour. Nous aimerions que la hiérarchie canadienne affirme bien haut, devant les nombreux diocèses laissés sans évêque, que la question du serment de fidélité qui rend le titulaire vassal de Rome a passé son temps. L’élection de l’évêque vient aussi de son Église locale (comme au début de l’Église). Il n’est ni utile ni souhaitable que tous les diocèses se ressemblent dans leur pratique religieuse : les populations sont différentes, leur évolution aussi, alors pourquoi vouloir uniformiser les pratiques dans les diocèses?

Tous ces propos sont sans doute difficiles à concrétiser, mais nous souhaitons souligner que dans tout geste qui irait en ce sens, Nos Seigneurs les Évêques peuvent compter sur l’appui solide du groupe que nous formons : Culture et Foi (Outaouais-des-Deux-Rives).

 

Juin 2002

 

 

 

 

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