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Le départ de
Guy Paiement nous plonge tous dans la conscience
que nous venons de perdre un grand homme.
Pour les gens
et les organismes communautaires de la Table
sur la faim et le développement social du
Montréal métropolitain, nous perdons un
homme de vision qui a su nous inspirer dans
notre travail d’intervention. Homme de paroles,
mais aussi d’action, il s’est investi à fond
dans un groupe de première ligne et n’a eu de
cesse de puiser au quotidien des personnes
appauvries pour nous proposer diverses avenues
nous permettant de les soutenir dans la reprise
de pouvoir sur leur alimentation et sur leur
vie.
Pour le peuple
québécois, nous perdons un grand penseur du
développement social qu’il comprenait comme le
soutien au développement, et j’oserais dire, à
l’épanouissement des personnes et de leur
milieu. Nous perdons également un ardent
nationaliste qui a toujours su décliner le
parcours vers l’indépendance du pays avec la
démarche de libération des gens du peuple du
joug de leur oppression,
Plus
personnellement, permettez-moi de vous confier
que je perds un camarade et un complice d’une
trajectoire commune qui nous a amenés, durant
plusieurs années, à rechercher ensemble, au
quotidien, l’angle d’explication la plus
appropriée pour bien faire comprendre les
problèmes sociaux que nous confrontons et les
pistes de solution que nous proposons. Homme de
grande culture, il m’a également permis, à ses
côtés, d’enrichir la mienne de toutes ses
connaissances et de sa grande sagesse.
Mais, au-delà
de ce que l’on perd, il reste ce qu’il nous a
légué :
D’abord un
espoir ! L’espoir que l’on peut changer le monde
dans lequel nous vivons, si l’on croit assez à
nos rêves pour mettre ensemble l’épaule à la
roue et, ensemble, les construire.
Ensuite une
perspective, celle que nous pouvons y arriver si
nous puisons notre force dans celle des gens
dont nous épousons les besoins et les
aspirations et si nous leur laissons la place
pour les exprimer et y travailler.
Enfin, il nous
a laissé en héritage un défi, celui de continuer
son œuvre en s’inspirant de sa vision, de ses
écrits et même de sa présence.
Car, en fait,
mon cher Guy, tu demeures avec nous, dans nos
cœurs, dans nos pensées et dans notre démarche
vers l’accomplissement de cette utopie qui
t’était si chère.
Bonne nuit, Guy !
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