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Guy Paiement a raté hier, pour la première fois, une réunion des Journées
sociales. Une réunion prévue depuis plusieurs
semaines. Mais les personnes présentes ont
décidé de poursuivre, tout en étant conscientes
qu’en son absence, les responsabilités devront
être réorganisées. Même chose pour la commission
Emmaüs. La réunion prévue le 14 juin est
maintenue.
Avec Guy Paiement, un prophète s’en est allé.
Il est parti à Pâques, cette journée où, comme il l’a dit
mille fois, il faut se remettre debout.
Il a écrit dans Le Devoir : « Pâques devient la
fête des gens qui rompent avec un monde
financier clos sur lui-même. Elle est de l’ordre
de l’appel à se remettre debout avec les autres
(ce que signifie ressusciter) et à recréer des
liens avec les gens réels et avec notre
environnement qui se meurt. »
Guy Paiement était un prophète. Mais un prophète qui ne
voltigeait pas dans les sphères éthérées
déconnectées du réel.
Il avait les deux pieds bien ancrés dans cette terre du
Québec qu’il a tellement marchée, dont il a tant
aimé les habitants. Jamais il n’a refusé
d’invitation à rencontrer des groupes, partout.
Aujourd’hui, Jean Forest, un Gaspésien, a fait
26 heures de train pour lui rendre un dernier
hommage.
Avant le référendum de 1995, Guy Paiement a écrit dans
Relations : « Le OUI est porteur d’une chance
inouïe : celle de nous donner le goût d’être
souverain, c’est-à-dire fondamentalement capable
de répondre de ses actes, de les habiter, et
d’être ainsi en mesure de sauver, ensemble, une
certaine saveur d’humanité ».
Une certaine saveur d’humanité…Une conscience certaine …
Guy Paiement ressentait l’injustice comme une brûlure
permanente. Surtout celle faite aux plus
humbles, aux moins bien nantis.
Il avait le verbe clair. Il s’indignait quand il constatait
que l’Église officielle ne trouvait pas les mots
pour le dire. Si on parle au monde en
serbo-croate, comment s’étonner que le monde ne
comprenne pas le message! Sa foi avait de la
terre après les pieds. Elle était incarnée.
Dans son homélie aux funérailles de Pierre Falardeau, le
message de Guy Paiement avait été entendu. Il
avait dit du cinéaste : « Il s’est tenu debout
et nous invite à faire de même ».
Lui aussi s’est tenu debout. Et lui aussi, parti à Pâques,
nous invite retrouver nos repères et à nous
remettre debout.
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