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Le moment est venu
de nous adresser au Souffle qui a inspiré la vie
de notre amie.
Mais comment y arriver sans nommer la foi
solide, éclairée qui est la sienne?
Chère Hélène,
permets-nous de soulever doucement le voile
qui recouvre quelques-unes de tes convictions
d’abord pour communier plus amplement à ton
chemin,
et pour rendre grâces au Souffle bienveillant
qui t’a accompagnée
aux heures de lumière comme aux temps de brume
et de labeur.
Avant de nous adresser au Souffle, à l’Esprit
qui renouvelle tout,
nous voulons conserver quelques-unes des paroles
que tu nous as confiées,
des paroles forgées au creuset de l’expérience.
Un jour, Hélène, tu as proposé ta définition du
croyant :
« Un croyant n’est pas un informé mais un
rencontré.
Quelqu’un que l’événement, l’expérience
interrogent
et qui se place face à eux. »
« Il n’y a pas de rencontre de Dieu
ailleurs que dans l’histoire personnelle ou
communautaire.
La foi est le rapport que la personne établit
entre l’expérience et
ce Dieu qu’elle reconnaît dans l’événement selon
le modèle tracé par Israël,
qui a lu, relu son histoire et l’a interprétée
comme une longue histoire d’alliance. »
Un jour, la personne très humaine que tu es a
nommé quel est
« Le point de départ de la révélation :
la souffrance, le désarroi, la découverte de la
misère,
l’interrogation, l’appel au secours, le cri de
détresse. (…)
Ces points de désarroi, ceux d’aujourd’hui comme
ceux d’hier,
sont les points d’accès à notre identité
profonde, à notre conscience,
la conscience qui conditionne la traversée de
notre superficialité
pour atteindre notre profondeur, notre véritable
identité. »
La descente en soi pour atteindre, accueillir la
révélation s’est faite par étapes.
À huit ans, le Dieu aimant s’est révélé à toi
sous le nom de tante Margot.
À trente ans, le vrai Dieu, pas celui des
idoles, est devenu lumière et force de combat
pour la justice et la liberté.
Au mitan de la vie, tu as multiplié les
engagements
pour faire connaître le vrai nom de Dieu.
À soixante ans et plus, relisant ton expérience
et celle du peuple d’Israël,
tu as élargi, confirmé tes intuitions.
Ta passion alliée à une foi intelligente a été
le moteur de tes luttes contre la bêtise et la
violence, pour une humanité et une Église amies
de la liberté.
Pour tout cela nous rendons grâce au Dieu qui
t’a rencontrée.
Avec toi, nous célébrons le Souffle qui nous a
créé-es pour la vie en plénitude. Comme toi,
nous chantons le Souffle qui nous veut libres
messagers de la liberté,
En union avec toi, nous reconnaissons que Dieu
est relation, amour et don.
Le Dieu qui s’est révélé à toi ressemble au
semeur que Jésus a observé.
Écoutons la parabole tirée de son expérience.
La parabole
du semeur
(Luc 8, 4-15)
Comme une grande foule se rassemblait,
et que de toutes les villes on venait vers
Jésus, il dit en parabole:
« Le semeur est
sorti pour semer la semence. Comme il semait, du
grain est tombé au bord du chemin, les passants
l’ont piétiné, et les oiseaux du ciel ont tout
mangé. Du grain est tombé aussi dans les
pierres, il a poussé, et il a séché parce qu’il
n’avait pas d’humidité. Du grain est tombé aussi
au milieu des ronces, et, en poussant, les
ronces l’ont étouffé. Enfin du grain est tombé
dans la bonne terre, il a poussé, et il a porté
du fruit au centuple. »
En disant cela, il élevait la voix :
« Celui qui a des oreilles pour entendre, qu’il
entende! »
Ses disciples lui demandaient quel était le sens
de cette parabole. Il leur déclara :
« À vous il est
donné de connaître les mystères du royaume de
Dieu, mais les autres n’ont que les paraboles,
afin que se réalise la prophétie : ils
regarderont sans regarder, ils écouteront sans
comprendre. »
« Voici
le sens de la parabole.
La semence, c’est la Parole de Dieu.
Les personnes qui sont au bord du chemin, ce sont celles qui
ont entendu,
puis le démon survient et il enlève de leur cœur la Parole,
pour les empêcher de croire et d’être sauvées.
Les personnes qui sont dans les pierres, lorsqu’elles
entendent,
elles accueillent la Parole avec joie. Mais elles n’ont pas
de racines,
elles croient pour un moment, et au moment de l’épreuve,
elles abandonnent.
Ce qui est tombé dans les ronces, ce sont les gens qui ont
entendu,
mais qui sont étouffés, chemin faisant, par les soucis, la
richesse
et les plaisirs de la vie, et ne parviennent pas à maturité.
Et ce qui est tombé dans la bonne terre, ce sont les
disciples qui,
ayant entendu la Parole dans un cœur bon et généreux, la
retiennent,
et portent du fruit par leur persévérance. »
Un cœur bon et généreux, voilà ce que produit la
Parole.
En notre sœur et amie, Dieu Père, tu as façonné
un tel cœur.
Tu lui as donné de connaître ton nom, Amour et
Lumière.
Tu lui as donné de lire les signes des temps et
de nous aider à les lire,
en interprète fidèle du message
évangélique de ton Fils.
Ensemble, aujourd’hui, nous recueillons et
célébrons la moisson abondante
d’une vie animée par ton Souffle.
Nous te rendons grâces, ô Père, d’avoir révélé à
Hélène ta force et ta beauté.
Pour la splendeur de tes dons,
pour ta grâce multiforme qui rayonne dans la vie
d’Hélène,
nous te disons ensemble
NOTRE PÈRE…
Semence rime avec ESPÉRANCE.
C’est le message que nous voulons te laisser,
chère Hélène,
avec les mots de « La Chanson du Blé » que
madame Marguerite Zeitouni
interprète maintenant pour notre plus grand
plaisir à tous.
Elle est accompagnée au piano par monsieur Yves
Paul.
«La Chanson du Blé», paroles de Philippe Godet,
musique de Jacques Delcroze.
« La Chanson du Blé »
Dans la bonne terre j’ai caché le grain
Le bon Dieu, j’espère, me le rendra bien.
Le blé que je sème il l’arrosera.
Le bon Dieu nous aime, la moisson viendra. (bis)
La neige qui tombe a tout recouvert
Le grain dans sa tombe passera l’hiver.
Ma pauvre semence, mon pauvre blé mort;
Mais tout recommence pendant que tout dort.
(bis)
Le blé germe, germe, l’herbe pointe un brin,
L’épi devient ferme, l’épi sort du grain.
L’or couvre la terre, l’or qui fait du pain;
Nous allons, ma mère, moissonner demain. (bis)
L’oiseau de l’aurore chante sa chanson.
Le blé qui se dore attend la moisson.
Qu’on les mette en gerbes en un tour de main
Les épis superbes qui seront du pain. (bis)
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