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Réf. Bibliques :
1ère lecture : Is 63,16b-17.19b; 64,2b-7
Évangile : Mc
13,33-37
Une nouvelle année liturgique commence. C’est l’année B,
l’année de l’évangéliste Marc. Au départ,
j’utiliserai comme thème de l’Avent :
Renaître à l’espérance au lieu de : Tu
aimes le monde et nous vivons dans l’espérance.
Pourquoi? Tout simplement parce que dans le
contexte historique qui est le nôtre, il ne me
semble pas évident d’affirmer que nous vivons
dans l’espérance. Il faut plutôt inviter les
gens à renaître à l’espérance, si on veut, non
seulement être des veilleurs, mais aussi
des éveilleurs. Quand on regarde notre
monde, c’est beaucoup plus la désespérance qui
prévaut que l’espérance, d’où la nécessité de
désirer renaître à l’espérance. C’est déjà un
signe de notre responsabilité à devenir des
éveilleurs d’espérance dans un monde qui en a
tant besoin.
Dans le fond, comme le disait l’exégète France Quéré, en
1993 : « L’Avent entrecroise deux
propositions qui ne sont vraies qu’ensemble :
l’avenir se fera pour nous, de la main du
Seigneur qui nous aime, mais il se fera aussi
par nous, comme si nous étions seuls. Notre
attente est à la fois contemplative et active.
Quand elle est contemplative, tournée vers un
autre que nous, elle s’appelle espérance.
Quand elle se met à l’ouvrage, elle a nom :
volonté ». Il faut donc les deux
attitudes ensemble pour qu’on puisse renaître à
l’espérance, ressusciter.
En ce 1er dimanche de l’Avent, que retenir des textes
bibliques qui nous sont proposés?
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La désillusion :
En 1ère lecture aujourd’hui, au temps du 3ème
Isaïe, soit après l’Exil, on passe de la
consolation (Is 40-55) à la
désillusion (Is 56-66). Que se
passe-t-il? C’est le retour de l’Exil : la
réinstallation des rapatriés est difficile,
puisque leurs terres sont occupées par des
étrangers. Le temple n’est pas reconstruit
et on a l’impression que Dieu a abandonné
son peuple, tellement il se fait discret et
silencieux. C’est alors qu’un prophète, le
3ème Isaïe,
implore le ciel : « Ah! Si tu déchirais
les cieux, si tu descendais, les montagnes
fondraient devant toi » (Is 63,19b).
L’auteur fait donc référence à la
manifestation de Dieu au Sinaï dans les
éclairs et le tonnerre.
Ne sommes-nous pas dans une situation semblable aujourd’hui,
sur le plan social et politique? Nous sommes
en pleine crise économique. Les travailleurs
perdent leur emploi; les personnes âgées
voient fondre leurs économies de toute une
vie. Nos dirigeants ne s’entendent pas :
c’est la crise. Après élection par-dessus
élection, on est toujours au même point.
C’est la guerre dans les parlements. Et
personne n’ose parler de valeurs
spirituelles. En voulant séparer l’Église et
l’État, on a complètement évacué toute
référence religieuse dans notre société dite
laïque. Je pense qu’on aurait besoin d’un
autre prophète Isaïe qui implorerait le ciel
d’intervenir pour retrouver le chemin qui
conduit à l’espérance.
-
La responsabilisation :
Le 3è Isaïe reconnaît que Dieu ne peut rien faire sans nous : « Tu
viens à la rencontre de celui qui pratique
la justice avec joie et qui se souvient de
toi en suivant ton chemin » (Is 64,4a).
Dans le fond, ce n’est pas tout de croire en
Dieu, il faut l’espérer. Ce n’est pas tout
de l’attendre passivement, il faut y
participer. Mais une chose est certaine :
malgré nos erreurs et nos péchés, nous
sommes sauvés : « Tu étais irrité par
notre obstination dans le péché, et pourtant
nous serons sauvés » (Is 64,4b). Et
pourquoi? Parce que nous lui appartenons :
« Seigneur, tu es notre Père. Nous sommes
l’argile, et tu es le potier : nous sommes
tous l’ouvrage de tes mains » (Is 64,7).
Aujourd’hui, dans notre monde sécularisé au maximum,
avons-nous l’humilité (et non pas
l’humiliation) de reconnaître que nous avons
besoin de Dieu? Sommes-nous conscients aussi
que Dieu ne peut rien faire sans nous?
N’est-ce pas là le besoin évident de
renaître à l’espérance? C’est la seule façon
de changer la situation…
-
Une attente active :
L’évangile de Marc nous invite à veiller. Et
pourquoi? Tout simplement parce que le
maître parti en voyage qui nous a confié sa
maison, doit revenir nécessairement, car
c’est lui le propriétaire. Ici,
l’évangéliste fait référence au Christ
ressuscité et glorifié qui a confié à ses
disciples, ses serviteurs, l’Église que nous
sommes. À chacun, il a donné une
responsabilité : « Il en est comme d’un
homme parti en voyage : en quittant sa
maison, il a donné tout pouvoir à ses
serviteurs, fixé à chacun son travail, et
recommandé au portier de veiller » (Mc
13,34). En donnant tout pouvoir à ses
serviteurs, le Christ a aussi donné le
pouvoir de ne rien faire et c’est peut-être
l’impression qu’on a quand on regarde notre
Église d’aujourd’hui. Et pourtant,
l’incertitude du retour : « Le soir ou à
minuit, au chant du coq ou le matin » (Mc
13,35b), ne doit pas nous soustraire à nos
responsabilités. On doit, non seulement
veiller, mais aussi éveiller les
autres. Et pour ce faire, on a besoin de
nouveauté. Il faut prendre des risques,
relever de nouveaux défis et emprunter des
sentiers encore inexplorés. C’est ça
renaître à l’espérance. Il faut tout
attendre et tout faire en attendant. C’est
ça une attente active qui doit caractériser
notre Avent 2008 : une attente qui présente
ensemble les 2 attitudes : l’espérance et la
volonté.
En terminant, je voudrais simplement citer le fondateur des
Jésuites, saint Ignace de Loyola qui disait avec
sagesse : « Que la première règle de nos
actions soit d’agir comme si le succès dépendait
de vous et non de Dieu, et de vous abandonner à
Dieu comme s’il devait tout faire à votre
place ».
Bon Avent 2008!
Bonne réflexion!
Bonne homélie!
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