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Réf. Bibliques :
1ère lecture : Is 55,1-11
2ème lecture : 1 Jn
5,1-9
Évangile : Mc 1,7-11
L’évangéliste Marc n’a pas de récit d’enfance comme Matthieu
et Luc. Son évangile commence par une profession
de foi en
la Résurrection : « Commencement de l’Évangile de Jésus Christ Fils de Dieu » (Mc
1,1). Et l’événement, pour Marc, qui marque le
début de la mission de Jésus comme Christ et
Fils de Dieu, c’est le baptême du Seigneur qu’on
retrouve chez tous les évangélistes. Ce qui
signifie que, pour Marc, il s’agit d’une
véritable révélation. Et cette révélation est
faite à Jésus personnellement : « C’est toi
mon Fils bien-aimé; en toi j’ai mis tout mon
amour » (Mc 1,11). En Matthieu, elle est
faite à la foule : « Celui-ci est mon Fils
bien-aimé, celui qu’il m’a plu de choisir »
(Mt 3,17). En Luc, il s’agit d’un engendrement :
« Tu es mon fils, moi, aujourd’hui, je t’ai
engendré » (Lc 3,22), et en Jean, c’est une
élection : « Et moi j’ai vu et j’atteste
qu’il est lui, l’Élu, le Fils de Dieu » (Jn
1,34). Mais, au fait, pourquoi ce Baptême du
Seigneur?
Fils de Dieu / Fils de l’Homme :
L’évangile de Marc, comme les autres, est un
évangile de Pâques. Ce qui signifie que les
événements racontés sont déjà transformés par la
lumière de la Résurrection, c’est-à-dire que c’est le Christ ressuscité qui naît chez Matthieu et
Luc; c’est le Christ ressuscité qui se fait
baptiser par Jean le Baptiste chez tous les
évangélistes et c’est le Christ ressuscité qui
devient Parole de Dieu depuis le commencement du
monde selon l’évangéliste Jean. Si donc, il
s’agit du Christ ressuscité, pourquoi Jésus
avait-il besoin du baptême de conversion proposé
par Jean-Baptiste?
La réponse est simple : c’est parce que le baptême de Jésus
n’a pas la même signification que notre baptême
à nous, mais il est tout aussi nécessaire. Je
m’explique : dans les évangiles, Jésus est déjà
Fils de Dieu, par sa résurrection… donc, il n’a
pas à le devenir. En venant à l’invitation de
Jean-Baptiste, Jésus vient se mettre dans la
file des publicains et des pécheurs qui ont
besoin de conversion. L’exégète français Jean
Debruynne écrit : « En se faisant baptiser,
Jésus vient parmi nous. Un visage parmi tous nos
visages. Homme parmi les hommes. Si Jésus
demande le baptême, ce n’est pas pour devenir
Fils de Dieu, puisqu’il l’est, mais pour
être reconnu Fils de l’Homme. Ce sont
bien les hommes qui demandent le baptême. Dieu
ne demande pas le baptême. Si Jésus insiste tant
pour être baptisé, c’est qu’il est essentiel
pour lui de nous dire qu’il est bien un homme
comme nous. La preuve : il demande le baptême. »
Fils et filles d’hommes / fils et filles de
Dieu :
Dans sa première lettre, saint Jean semble dire que le
baptême de Jésus annonce et donne sens au
baptême chrétien : « C’est lui, Jésus Christ,
qui est venu par l’eau et par le sang : pas
seulement l’eau, mais l’eau et le sang. Et celui
qui rend témoignage, c’est l’Esprit, car
l’Esprit est la vérité » (1 Jn 5,6). Si
Jésus Christ est venu par l’eau et par le sang,
qu’est-ce que ça veut dire au juste? Cette
affirmation nous renvoie sans doute à l’eau et
au sang qui coulèrent du côté de Jésus après sa
mort sur la croix (Jn 19,34). Par ailleurs, il
nous faut voir aussi une allusion au début de la
mission de Jésus (l’eau du Jourdain) et à sa fin
(le sang de la croix). Dans les 2 événements,
l’Esprit Saint était présent comme au moment de
la Résurrection, car c’est ce dernier événement ou le premier qui donne sens aux
événements qui précèdent ou qui suivent. C’est
ce qu’on appelle faire une lecture croyante de
Jésus à la lumière de Pâques.
Saint Jean ajoute : « Tout homme qui croit que Jésus est
le Christ, celui-là est vraiment né de Dieu;
tout homme qui aime le Père aime aussi celui qui
est né de lui » (1 Jn 5,1). La foi au Christ
est présentée comme une nouvelle naissance. De
fils et de filles d’hommes, nous devenons fils
et filles de Dieu. Notre baptême c’est donc la
plongée, non seulement dans l’eau, mais aussi
dans l’Esprit Saint. N’est-ce pas la
démonstration que Jésus fait à Nicodème dans
l’évangile de saint Jean : « En vérité, je te
le dis : nul, s’il ne naît d’eau et d’Esprit, ne
peut entrer dans le Royaume de Dieu » (Jn
3,5). Les chrétiens, les disciples du Christ
sont donc plongés dans la mort résurrection de
Jésus. Leur témoignage s’exprime par l’Amour
qu’ils ont, non seulement pour Dieu, mais aussi
les uns pour les autres, puisqu’ils sont eux
aussi fils et filles de Dieu.
La gratuité du salut :
Dieu ne cesse de faire alliance avec son peuple.
Au retour d’Exil, le 2ème Isaïe rappelle la
gratuité du salut manifesté par la nourriture et
la boisson : « Vous tous qui avez soif,
venez, voici de l’eau! Même si vous n’avez pas
d’argent, venez acheter et consommer, venez
acheter du vin et du lait sans argent et sans
rien payer » (Is 55,1). Mais, sous l’image
de la nourriture et de la boisson, le prophète
invite le croyant à se nourrir de la Parole de
Dieu : « Prêtez l’oreille! Venez à moi!
Écoutez, et vous vivrez. Je ferai avec vous une
alliance éternelle, qui confirmera ma
bienveillance envers David » (Is 55,3). La
Parole de Dieu nous nourrit de la même manière
que la pluie et la neige nourrissent la terre :
« La pluie et la neige qui descendent des
cieux n’y retournent pas sans avoir abreuvé la
terre, sans l’avoir fécondée et l’avoir fait
germer, pour donner la semence au semeur et le
pain à celui qui mange; ainsi ma parole, qui
sort de ma bouche, ne me reviendra pas sans
résultat, sans avoir fait ce que je veux, sans
avoir accompli sa mission » (Is 55,10-11).
En terminant, je voudrais simplement vous citer un diacre du
4ème siècle, saint Éphrem, qui disait par
rapport à
la Parole de Dieu, comme source de vie :
« Qui est capable de comprendre toute la
richesse d’une seule de tes paroles, ô Dieu? Ce
que nous en comprenons est bien moindre que ce
que nous en laissons, tout comme les gens
assoiffés qui s’abreuvent à une source. Mieux
vaut que la source apaise ta soif plutôt que ta
soif épuise la source. Si ta soif est étanchée
sans que la source soit tarie, tu pourras y
boire de nouveau, chaque fois que tu auras soif.
Si, au contraire, en te rassasiant, tu épuisais
la source, ta victoire deviendrait ton
malheur. »
Bonne réflexion!
Bonne homélie!
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