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Tu aimes le monde et nous marchons avec toi !
Réf. Bibliques : 1ère lecture : 2 Ch
36,14-16.19-23
2ème lecture : Ép 2,4-10
Évangile : Jn 3,14-21
Sur le chemin de la conversion, une halte qui fait du bien :
celle du dimanche de
la Joie (mi-carême). Une halte devant la croix,
non pas comme instrument de supplice, d’échec,
de souffrances et de mort, mais la croix comme
signe de salut, de l’Amour fou de Dieu pour nous
et de sa victoire sur la mort. La croix comme
lumière dans les ténèbres de la vie. Mais
comment ce dimanche peut-il être joyeux, puisque
saint Jean affirme que la croix est nécessaire
au salut? « Il faut que le Fils de l’homme
soit élevé, afin que tout homme qui croit
obtienne par lui la vie éternelle » (Jn
3,14b-15). Mais que faire pour éprouver
la Joie
d’être sauvé?
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Avoir besoin de Dieu :
La première attitude à avoir pour espérer
éprouver la joie du salut, c’est d’abord et
avant tout se savoir limité et avoir
l’humilité de reconnaître son besoin de
Dieu. C’est ce que l’évangéliste Jean
appelle venir à la lumière :
« Celui qui agit selon la vérité vient à la
lumière » (Jn 3,21a). Dans le fond, si
nous croyons uniquement à nous-mêmes, à nos
forces, à nos capacités et à nos vertus,
nous souffrons d’égocentrisme et d’orgueil,
et cela devrait suffire à nous juger
nous-mêmes… Comment Dieu peut-il faire
quelque chose pour celui qui n’a besoin de
rien : « Celui qui croit en lui échappe
au jugement, celui qui ne veut pas croire
est déjà jugé, parce qu’il n’a pas cru au
nom du Fils unique de Dieu » (Jn 3,18).
N’est-ce pas ce même orgueil que l’auteur du 2ème livre des
Chroniques a décelé chez le peuple d’Israël
et qui l’a conduit à l’Exil : « Le Dieu
de leurs pères, sans attendre et sans se
lasser, leur envoyait des messagers, car il
avait pitié de sa Demeure et de son peuple.
Mais eux tournaient en dérision les envoyés
de Dieu, méprisaient ses paroles, et se
moquaient de ses prophètes » (2 Ch
36,15-16a). Aujourd’hui encore, ne vit-on
pas souvent comme si nous n’avions besoin de
rien? Peut-être sommes-nous en réaction à de
mauvaises présentations de Dieu? Un Dieu
autoritaire? Un Dieu qui juge? Qui interdit?
Qui condamne? Au lieu d’un Dieu qui aime et
qui pardonne en toute gratuité?
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Se savoir aimé de Dieu :
La relation de Dieu à l’homme n’est pas
faite d’abord de réciprocité. Elle est de
grâce, c’est-à-dire faite de don, de
bonté, d’amour et de miséricorde. Dans sa
lettre aux Éphésiens, saint Paul l’exprime
très bien : « Dieu est riche en
miséricorde; à cause du grand amour dont il
nous a aimés » (Ép 2,4). Et saint Jean
ajoute : « Car Dieu a tant aimé le monde
qu’il a donné son Fils unique » (Jn
3,16a). Le salut que Dieu nous offre, c’est
par pure bonté qu’il nous l’offre. Cela ne
vient pas de nous; c’est un don de Dieu (Ép
2,8). Cela ne vient pas de nos actes, car
c’est Dieu qui nous a créés (Ép 2,9). Et
cette grâce du salut s’est manifestée en
Jésus Christ, le Fils de Dieu : « Car
Dieu a envoyé son Fils dans le monde, non
pas pour juger le monde, mais pour que, par
lui, le monde soit sauvé » (Jn 3,17). Et
pour y parvenir, il a fallu la mort du Fils
sur une croix, mais cette mort nous fait
revivre, nous ressuscite : « Avec lui, il
nous a ressuscités; avec lui, il nous a fait
régner aux cieux, dans le Christ Jésus »
(Ép 2,6). Ce qui signifie que tout pécheurs
que nous soyons, avec Christ, nous sommes
passés du côté de Dieu et de la Vie. Quoi
qu’il arrive, nous sommes sauvés. Nous
vivons dans la lumière.
Malheureusement, l’attitude de certains dirigeants d’Église
est une attitude de mépris à l’endroit du
monde contemporain. Ils cherchent à imposer
des règles complètement dépassées comme si
la réalité des hommes et des femmes
d’aujourd’hui était mauvaise et en
perdition. Ces hommes d’Église portent un
regard négatif sur notre époque. C’est de la
non confiance en ce Dieu d’Amour qui aime
passionnément les hommes et les femmes de
tous les temps. Et c’est pourquoi, ces
dirigeants d’Église doivent emprunter, les
premiers, le chemin de la conversion, car
comment peuvent-ils porter un message
d’espérance au monde moderne, puisqu’ils
désespèrent de l’humanité? Si Dieu aime
passionnément le monde d’aujourd’hui, nous
devons vivre dans la confiance et dans
l’espérance : confiance en Dieu et confiance
en
la Vie.
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Une seule chose à faire : croire.
Le salut est gratuit. L’Amour de Dieu pour
nous est inconditionnel et nos bonnes œuvres
sont inutiles si elles prétendent nous
sauver. La seule chose qui nous reste à
faire, c’est de croire et d’espérer. Et tout
ce que nous faisons de bon et de vrai, c’est
Dieu qui le fait en nous, car nous avons
choisi la lumière, et la lumière nous fait
reconnaître l’action de Dieu en nous (Jn
3,21). Nos bonnes œuvres sont donc des actes
de foi, car elles découlent de notre
engagement à croire au Christ de Pâques.
En terminant, on peut vraiment dire que tout est grâce, comme
saint Paul le rappelle brillamment aux
Éphésiens. C’est même Dieu qui attire les hommes
vers son Fils (Jn 6,44) et leur permet de
s’acheminer progressivement vers la pleine
lumière. C’est sans doute ce qui faisait dire à
Pascal : « Tu ne me chercherais pas, si tu ne
m’avais déjà trouvé ».
Bonne réflexion!
Bonne homélie!
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