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Réf. Bibliques : Nuit de Noël : 1ère lecture
: Is 9,1-6
Évangile : Lc 2,1-14
Jour de Noël : 1ère lecture : Is 52,7-10
Évangile : Jn 1,1-18
L’humanité de Dieu = la divinité de l’Homme
À chaque année, au mois de décembre, on se
prépare à la fête de Noël. On décore nos
maisons, on illumine nos quartiers, on entend à
la radio de la musique de Noël, on magasine, on
achète des cadeaux, on se fait des partys de
bureau, on s’écrit des vœux, on partage à la
guignolée, aux paniers de Noël, on participe à
la messe, on a le cœur en fête, on devient plus
sensible à la famille, à l’amitié, à la
pauvreté, à la paix et à l’amour. Noël, c’est
l’occasion des partages, des pardons, des
réconciliations, des échanges de toutes sortes.
Ça devrait être Noël tous les jours! Noël c’est
pour tous, car tout le monde y trouve son
compte. Qu’on soit croyant ou pas ou encore de
diverses religions, à Noël, on peut célébrer
quelque chose.
L’origine de cette fête est d’abord naturelle et
païenne. Qu’on le veuille ou non, à ce moment-ci
de l’année, au solstice d’hiver, on a
l’impression que la nuit l’emporte sur le jour,
selon l’axe de rotation de notre bonne vieille
terre. C’est pourquoi, dans l’empire romain, on
avait l’habitude de célébrer le soleil naissant,
le sol invictus, dans la nuit du 24 au 25
décembre pour signifier la renaissance de la
lumière, puisque les jours commencent à
allonger, et ce, jusqu’au solstice d’été. Noël,
c’est donc une question de naissance : la
lumière, un monde nouveau, le Christ ressuscité,
la naissance de Dieu.
Pour nous chrétiens, Noël, c’est tout ça… toutes
ces naissances… Mais au fait quels messages
pouvons-nous retenir en cette fête de Noël 2011?
1. La lumière. « Le peuple qui marchait
dans les ténèbres a vu se lever une grande
lumière; sur ceux qui habitaient le pays de
l’ombre une lumière a resplendi » (Is 9,1). Pour
nous chrétiens, cette lumière, ce n’est pas le
soleil, c’est le Christ de Pâques qui vient
transformer nos vies encore aujourd’hui. Il est
la lumière sur la route; il est le soleil de nos
vies. Dans leurs évangiles respectifs, Matthieu
et Luc ont composé un récit de naissance à celui
qui est devenu Christ, Seigneur, Sauveur à
Pâques. Mais attention! Matthieu et Luc ne
racontent pas la naissance de Jésus de Nazareth;
ils n’en savent rien. Par ailleurs, ce qu’ils
racontent, c’est la naissance du Christ
ressuscité qui a été, selon l’expression de
Paul, « le premier-né d’entre les morts » (Col
1,18). Donc, la fête de Noël est née après
Pâques. Il a fallu que Jésus ressuscite pour
qu’on puisse célébrer sa naissance… Et avec sa
naissance, c’est en même temps la naissance d’un
monde nouveau, commencé à Pâques et qui se
continue aujourd’hui, à travers les chrétiens de
tous les temps. À chaque année, nous sommes
invités à faire naître cette lumière en nous et
autour de nous pour chasser toutes les formes de
ténèbres de nos existences qui subsistent encore
aujourd’hui.
2. Dieu et l’Homme. Saint Irénée disait :
« Dieu s’est fait homme pour que l’Homme
devienne Dieu ». L’histoire de Noël, c’est
Dieu qui vient à la rencontre des femmes et des
hommes de tous les temps, pour les diviniser,
c’est-à-dire leur apprendre à être plus humains,
par l’accueil, l’ouverture, le respect de leurs
différences, par la restauration de la justice,
de la dignité, de l’égalité pour tous, par le
partage de leurs richesses, par l’amour
inconditionnel et par leur souci des pauvres,
des blessés de la vie et des plus démunis. Ce
n’est pas pour rien que saint Luc fait naître le
Christ dans une très grande pauvreté : dans un
enfant, d’abord, avec toute la vulnérabilité, la
faiblesse et la fragilité que comporte cette
étape de la vie… Mais plus que ça, un enfant
pauvre, issu d’une famille non conventionnelle,
qui naît dans une mangeoire d’animaux, parce que
trop pauvre pour naître ailleurs. De plus, sa
naissance est annoncée en premier lieu aux
bergers, les exclus, les marginaux, les méprisés
de l’époque.
S’il n’y a pas là un message de la part de
l’évangéliste, que Dieu lui-même est pauvre et
qu’il a choisi son camp, le camp des exclus, des
rejetés, des méprisés de la société, pour
naître, je me demande bien ce que signifie cette
histoire racontée par Luc. Et le message qui en
découle, c’est que le monde nouveau commencé au
matin de Pâques, ne peut se réaliser que si ce
monde est construit sur la dignité, la justice
et l’égalité des personnes, quelles que soient
leur statut social, leur sexe, leur religion et
leur culture. N’y a-t-il pas là un clin d’œil à
tous les Indignés de la terre qui se manifestent
au monde d’aujourd’hui?
Qu’on ne vienne pas me dire que l’évangile n’est
pas d’actualité! Dans le fond, saint Luc nous
dit que la construction d’un monde meilleur, ce
n’est pas seulement un vœu pieux ou un rêve;
c’est une réalité commencée il y a plus de 2,000
ans, avec la naissance du Christ, et qui doit se
poursuivre aujourd’hui; sinon, le Christ ne peut
pas être né… Ça veut dire qu’aujourd’hui, dans
notre monde, dans notre société, dans notre
Église, on ne peut célébrer Noël si on persiste
à discriminer les femmes, les pauvres, les
homosexuels, les divorcés-remariés, les femmes
qui ont subi un avortement, les poqués et les
blessés de la vie.
Comme chrétiens, nous avons tous et toutes une
responsabilité. Le commencement de l’évangile de
Jean qu’on a au matin de Noël, nous dit que le
Christ est le Logos, le Verbe, la Parole
de Dieu, que cette Parole est devenue humaine et
qu’elle est portée par ceux et celles qui l’ont
reçue et qui croient au Christ (Jn 1,12). Et là,
le verset suivant est d’une importance
capitale : « Ceux-là ne sont pas nés de la chair
et du sang, ni d’une volonté charnelle, ni d’une
volonté d’homme : ils sont nés de Dieu » (Jn
1,13). Ça veut dire qu’on est des Christ
ressuscité, des porte-parole, des porte-voix de
Dieu. Quelle responsabilité!
3. Une liberté responsable. Le Christ de
Noël naît pour nous libérer. Il nous libère des
ténèbres qui se manifestent souvent par
l’oppression, la haine, le mépris, le rejet,
l’exclusion, l’injustice, les inégalités, etc…
Le Christ nous libère aussi d’une religion
oppressante, légaliste et injuste qui cherche à
détruire le christianisme, en l’étouffant par
des lois et des règles discriminatoires, et qui
veut museler Dieu en le contrôlant et en lui
refusant son droit de parole aux femmes et aux
hommes d’aujourd’hui.
Les croyants et les chrétiens qui ont pris leur
distance par rapport à l’Église, ce n’est pas le
Christ qu’ils rejettent, mais l’institution qui
prétend le représenter. Les gens ne sont pas
devenus anti-chrétiens; au contraire, nos façons
de vivre reflètent toujours les valeurs
chrétiennes fondamentales : la justice, la
liberté, l’égalité, la dignité des personnes. Ce
que les gens rejettent, ce sont les gourous, les
ayatolahs, les dictateurs religieux qui croient
détenir la vérité sur Dieu et sur le monde et
qui écrasent les croyants d’interdits, de
règlements et de lois qui invitent à
l’intolérance, à la haine et au mépris de la
personne humaine.
Dans l’histoire humaine, Dieu se révèle toujours
comme un Dieu de Liberté… une liberté
responsable. Être libre, ce n’est pas faire
n’importe quoi, n’importe quand; au contraire,
être libre, c’est exigeant. Ça suppose un
apprentissage à vivre ensemble, en tenant compte
des autres et ça s’apprend par l’éducation.
Qu’il y ait des lois ou des interdits avec
menaces punitives, ça maintient tout simplement
les gens dans la peur de se faire prendre en
défaut et ça entretient l’infantilisme et la
non-responsabilité. Si on apprend aux gens à
devenir responsables pour sauvegarder leurs
valeurs, afin d’être heureux, les lois
deviennent caduques et inutiles. Je n’ai pas
besoin d’une loi sur le meurtre pour ne pas tuer
quelqu’un. J’ai appris à me respecter et à
respecter les autres. Et s’il se produit des
événements tragiques et malheureux, ce ne sont
pas les lois et les punitions qui peuvent les
éviter… C’est par la prévention, la
réhabilitation, la responsabilisation qu’on peut
espérer changer les choses.
En terminant, peut-on espérer célébrer Noël
cette année? Je crois que oui, si nous croyons
vraiment que le Christ ne peut naître qu’en nous
et qu’à travers nous. Je nous souhaite à tous
cette Liberté responsable, en étant plus
humains, afin de devenir plus divins.
Joyeux Noël 2011!
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