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Réf. Bibliques : 1ère lecture : Qo 1,2;
2,21-23
2ème lecture : Col 3,1-5.9-11
Évangile : Lc 12,13-21
Richesse de greniers ou richesse de cœur?
Sur la route vers Jérusalem, à travers les incidents, les
rencontres et les paroles qui ponctuent le
voyage, saint Luc nous apprend comment devenir
disciples de Jésus ressuscité. Dimanche dernier,
nous apprenions à prier; dimanche prochain, nous
apprendrons la vigilance dans les
responsabilités qui nous sont confiées;
aujourd’hui, nous apprenons comment nous garder
des fausses sécurités, qui consistent à
accumuler toujours plus de biens pour soi-même
au lieu de chercher à partager avec les autres.
La question qui nous est posée est la suivante :
« Voulons-nous être riches de greniers ou riches
de cœur? » Quels messages pouvons-nous tirer de
la Parole d’aujourd’hui?
1.
L’argent.
Quelles est notre attitude par rapport à
l’argent? En voulons-nous toujours plus pour
assurer notre avenir? Comment le gagnons-nous?
Sommes-nous libres face à l’argent que nous
possédons ou que nous voulons acquérir? Voilà
des questions auxquelles il nous faut répondre,
comme chrétiens, comme disciples du Christ.
Le
théologien français Michel Hubaut écrit :
« Certains ruinent leur santé en heures
supplémentaires pour pouvoir se payer une
résidence secondaire, d’autres se brouillent à
tout jamais avec leur propre famille pour des
querelles d’héritage ou perdent sommeil et
appétit en suivant les fluctuations des valeurs
boursières. Les uns et les autres sacrifient
tout, détente, équilibre personnel, vie de
famille, les simples joies du temps présent pour
préparer demain! Accroître sa fortune,
construire, agrandir, devenir riche, toujours
plus riche… pour profiter de sa retraite! Ainsi,
l’homme est capable de tout prévoir, excepté
l’infarctus ou l’accident qui, cette nuit même,
l’emportera brutalement! »
Voilà le
sens de l’évangile d’aujourd’hui… Non pas que
l’argent est mauvais, mais il ne doit pas être
le but ultime de notre vie. Il y a des riches
qui sont libres par rapport à l’argent et il y a
des pauvres qui en sont esclaves. On pourrait
même dire que la richesse matérielle devrait
être directement proportionnelle à la richesse
du cœur, pour atteindre un meilleur équilibre.
Et pourquoi? Saint Luc écrit : « Gardez-vous
de toute âpreté au gain; car la vie d’un homme,
fût-il dans l’abondance, ne dépend pas de ses
richesses » (Lc 12,15). Et c’est vrai, car,
qu’on soit riche ou pauvre, nous allons tous
mourir! Et la parabole que Luc est le seul à
raconter veut illustrer cette dure réalité.
2.
Riches de greniers.
Dans le système capitaliste qui est le nôtre, il
nous faut être vigilant. Voici des exemples :
les agissements des grandes compagnies
pétrolières aux États-Unis avec BP (British
Petroleum), où un désastre écologique sans
précédent s’est produit dans le Golfe du
Mexique. C’est évident qu’on nous cache la
vérité sur l’ampleur du drame. Au nom du capital
économique et du profit, des hommes sont
capables de détruire la planète. Et il n’y a pas
juste aux États-Unis où c’est comme ça. Le
Canada y participe allègrement. Depuis plusieurs
années, les communautés religieuses
missionnaires en Amérique du Sud dénoncent
l’attitude des compagnies minières canadiennes
qui exploitent les pauvres et qui détruisent
l’environnement.
Aussi, la
dernière grande crise économique nous a démontré
l’irresponsabilité et l’immoralité de certains
dirigeants d’entreprises ou de banques qui se
sont octroyé des primes exorbitantes et
injustifiées, de telle sorte que le président
Obama des États-Unis s’est vu obligé
d’intervenir. L’âpreté au gain nous guette tous
et toutes. Dans ce domaine, l’être humain est
capable des pires injustices et des pires
atrocités qui soient. L’homme riche de la
parabole se dit à lui-même : « Voici ce que
je vais faire : Je vais démolir mes greniers,
j’en construirai de plus grands et j’y
entasserai tout mon blé et tout ce que je
possède. Alors, je me dirai à moi-même : ‘’Te
voilà avec des réserves en abondance pour de
nombreuses années. Repose-toi, mange, bois,
jouis de l’existence’’ » (Lc 12,18-19).
Par
ailleurs, il peut arriver ce que le riche n’a pu
prévoir : « Mais Dieu lui dit : ‘’Tu es fou :
cette nuit même, on te redemande ta vie. Et ce
que tu auras mis de côté, qui l’aura?’’ » (Lc
12,20). Ça ne veut pas dire qu’il ne faut pas
être prévenant de notre avenir, mais ça veut
dire qu’il faut amasser, non pas égoïstement
pour soi-même, mais en vue de partager ses
richesses avec les autres, surtout les plus
pauvres. Saint Luc ajoute : « Voilà ce qui
arrive à celui qui amasse pour lui-même, au lieu
d’être riche en vue de Dieu » (Lc 12,21).
N’est-ce pas le même sens qu’on retrouve en 1ère
lecture dans le livre de l’Ecclésiaste :
« Vanité (buée) des vanités, disait
l’Ecclésiaste. Vanité des vanités, tout est
vanité! » (Qo 1,2).
3.
Riches de cœur.
Comment devient-on riche de cœur? Quand on sait
que la vie est éphémère, que nous croyons à la
vie après la vie, que nous avons la conviction
profonde que nous sommes fils et filles de Dieu
à cause du Christ de Pâques et que nous sommes
déjà ressuscités avec lui, nous devons
développer la richesse du cœur. En 2ème lecture
aujourd’hui, l’auteur de la lettre aux
Colossiens écrit : « Vous êtes ressuscités
avec le Christ. Recherchez donc les réalités
d’en haut : c’est là qu’est le Christ, assis à
la droite de Dieu » (Col 3,1).
Sachant
cela, notre attitude et nos comportements par
rapport aux biens matériels ne sont plus les
mêmes : « Faites donc mourir en vous ce qui
appartient encore à la terre : débauche,
impureté, passions, désirs mauvais, et cet
appétit de jouissance qui est un culte rendu aux
idoles » (Col 3,5). Ça ne veut pas dire
qu’il faut vivre comme des êtres désincarnés,
mais ça veut dire qu’il nous faut aspirer à plus
de spiritualité, plus de partage, plus de
générosité, plus de justice et plus de dignité.
L’auteur de Colossiens ajoute : « Plus de
mensonge entre vous; débarrassez-vous des
agissements de l’homme ancien qui est en vous,
et revêtez l’homme nouveau, celui que le
Créateur refait toujours neuf à son image pour
le conduire à la vraie connaissance » (Col
3,9-10). Dans le fond, la Parole d’aujourd’hui
nous invite à devenir riches de cœur!
En terminant, je voudrais vous partager cette belle réflexion
du théologien français Marcel Metzger :
Refaits à neuf .
« Quelle merveille, que les transplantations :
pour remplacer un cœur presque éteint, un foie
fatigué ou un rein usé, le chirurgien vous en
transplante un autre, en bon état. Mais pour
cela, il a fallu la mort d’un autre, un donneur.
Dans le mystère chrétien, nous vivons une
réalité semblable, que saint Paul exprime par
différentes comparaisons : nous avons été
greffés, revêtus d’une nouvelle humanité,
plongés dans la mort et la résurrection. Car il
a fallu une mort, pour permettre cela. Or ce fut
une Résurrection. Le baptême et la confirmation
ont opéré la greffe et la transplantation. Mais
chaque dimanche l’eucharistie renouvelle nos
tissus, en irriguant notre esprit par la Parole de Dieu, en renouvelant notre être par la nourriture divine ».
Bonne réflexion!
Bonne homélie!
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