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Réf. Bibliques : 1ère lecture : Is
43,18-19.21-22.24c-25
2ème lecture : 2 Co 1,18-22
Évangile : Mc 2,1-12
Si on pose la question suivante : Qui donc est notre Dieu? Et
qu’on se sert des 3 lectures de ce dimanche pour
y répondre, on arrive à ceci : Dieu est créateur
et même re-créateur : « Voici que je fais un
monde nouveau : il germe déjà, ne le voyez-vous
pas? » (Is 43,19a). Dieu est aussi pardon :
« Mais moi, oui, moi je pardonne tes
révoltes, à cause de moi-même, et je ne veux
plus me souvenir de tes péchés » (Is 43,25).
Dieu réalise ses promesses à travers son Fils
qui n’est que oui : « Le Fils de Dieu,
le Christ Jésus, que nous avons annoncé parmi
vous, Sylvain, Timothée et moi, n’a pas été à la
fois oui et non; il n’a jamais été
que oui. Et toutes les promesses de Dieu
ont trouvé leur oui dans sa personne »
(2 Co 1,19-20a). Enfin, Dieu se montre à travers
le Christ comme celui qui pardonne, qui guérit,
qui relève et qui ressuscite : « Eh bien!
Pour que vous sachiez que le Fils de l’homme a
le pouvoir de pardonner les péchés sur la terre,
je te l’ordonne, dit-il au
paralysé : ‘’Lève-toi, prends ton brancard et
rentre chez toi’’ » (Mc 2,10-11).
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Dieu créateur et re-créateur :
Entre 550-539 av. J.-C., le second Isaïe,
entrevoyant la libération des Juifs exilés à
Babylone, s’efforce de ranimer leur
espérance. Cette parole prophétique
s’adresse à tous : à ceux qui sont
découragés d’avoir été abandonnés par Dieu
et les autres qui se sont laissés entraîner
par l’idolâtrie. Dieu va les libérer une
seconde fois, à travers un roi païen, Cyrus.
Ce sera un nouvel Exode, plus merveilleux
encore que la sortie d’Égypte. Et c’est
pourquoi, après leur avoir rappelé le
premier Exode : « Ainsi parle le
Seigneur, celui qui traça dans la mer un
chemin, un sentier dans les eaux déchaînées,
qui fit sortir char et cheval, armée et
troupe d’élite ensemble; ils se sont couchés
pour ne plus se relever, étouffés comme une
mèche et éteints » (Is 43,16-17), il
leur dit, et c’est le texte d’aujourd’hui :
« Ne vous souvenez plus d’autrefois, ne
songez plus au passé » (Is 43,18). Et
pourquoi? Parce que Dieu ne peut faire que
du neuf, de la nouveauté : la route tracée
sur la mer deviendra un chemin, un sentier à
travers le désert : « Oui, je vais faire
passer une route dans le désert, des fleuves
dans les lieux arides » (Is 43,19b). Les
2 conduisent à la liberté. Dieu recrée sans
cesse le monde, et malgré nos infidélités,
lui Dieu, reste fidèle, de sorte que, tous
les évangiles reconnaissent qu’au matin de
Pâques, Dieu réalise sa nouvelle création à
travers le Christ ressuscité.
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Dieu pardon :
Déjà, le prophète Isaïe annonce la gratuité
du pardon de Dieu, sa grande miséricorde et
son amour infini : « Toi, Jacob, tu ne
m’as pas appelé, tu ne t’étais pas fatigué
pour moi, Israël! Par tes péchés tu m’as
traité comme un esclave, par tes fautes tu
m’as fatigué. Mais moi, oui, moi je pardonne
tes révoltes, à cause de moi-même, et je ne
veux plus me souvenir de tes péchés » (Is
43,22.24c-25). Et c’est ce pardon de Dieu
qui recrée, qui guérit, qui relève et qui
redonne la vie. N’est-ce pas ce que saint
Marc nous raconte dans son récit de l’homme
paralysé, couché sur un brancard et porté
par 4 hommes qui doivent percer un trou dans
le toit pour s’approcher de Jésus
ressuscité. Dans ce récit d’évangile, tout
est bloqué, figé, immobile : dans la maison
de Pierre, dans l’Église où se trouve le
Ressuscité, la foule, immobile bloque
l’entrée (Mc 2,2). Les scribes sont assis
bien confortablement, sans bouger.
Malheureusement, la traduction liturgique ne
rend pas bien le texte grec : « Or, il y
avait dans l’assistance quelques scribes qui
raisonnaient en eux-mêmes : » (Mc 2,6).
On devrait plutôt lire : « Quelques
scribes étaient assis là (katoménoi)
(assis passivement) et
raisonnaient en leurs cœurs » (Mc 2,6).
Les scribes sont immobiles eux aussi, figés
dans leurs certitudes sur Dieu :
« Pourquoi cet homme parle-t-il ainsi? Il
blasphème. Qui donc peut pardonner les
péchés, sinon Dieu seul? » (Mc 2,7). Et
c’est là que le Christ de Pâques démontre
aux chrétiens qu’il y a un lien entre le
pardon de Dieu et la guérison ou la
re-création, en disant : « Qu’est-ce qui
est le plus facile? De dire au paralysé :
‘’Tes péchés sont pardonnés’’, ou bien de
dire : ‘’Lève-toi, prends ton brancard et
marche’’ » (Mc 2,9).
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Dieu de la Vie :
L’affirmation principale des textes
bibliques d’aujourd’hui, c’est que Dieu nous
veut vivant, debout, en marche. Le prophète
Isaïe annonce au temps de l’Exil la
germination d’un monde nouveau (Is 43,19a),
un monde libéré de l’oppression et de
l’injustice, et pour que ce monde puisse
avancer et marcher, Dieu dit : « Je vais
faire passer une route dans le désert, des
fleuves dans les lieux arides » (Is
43,19b). Et, c’est à travers le Christ de
Pâques que ce nouveau monde est né, de sorte
que, par la foi au Christ, tout devient
possible : l’Église a beau être figée dans
l’immobilisme et la passivité, quatre hommes
décident de percer le toit de la maison pour
qu’un paralysé soit guéri par Jésus
ressuscité. Et la guérison consiste à
redonner la vie à celui qui l’a perdue; en
guérissant son âme par le pardon de Dieu,
l’homme se lève, il ressuscite :
« L’homme se leva, prit aussitôt son
brancard, et sortit devant tout le monde »
(Mc 2,12a). Une fois debout, ressuscité,
l’homme ne peut plus rester immobile. Il
sort de la maison, il se met en marche. Il
devient missionnaire. Il faut ajouter, que
si ça n’avait été de la foi de ces quatre
hommes, le paralysé n’aurait pas pu
s’approcher du Christ; donc, il serait
toujours paralysé. Il en faut des croyants
et des croyantes pour conduire au Christ
tous ceux et celles qui souffrent
d’immobilisme, de paralysie, de passivité.
Saint Paul, en 2ème lecture, nous parle de
Sylvain, de Timothée et de lui-même (2 Co
1,19). Saint Marc lui, en soulignant
l’intervention de ces quatre hommes non
identifiés, tout comme l’anonymat du
paralysé, peut-être veut-il que nous nous
reconnaissions dans ces personnages, pour
que nous puissions prendre conscience que
nous sommes tous des paralysés, qui, une
fois guéris, debout, ressuscités, deviennent
des porteurs d’autres paralysés qui ont
besoin, eux aussi, de rencontrer le Christ
ressuscité.
En terminant, je voudrais simplement vous citer une réflexion
d’un théologien belge, Jean Vernette, sur
l’utilité du péché. Le péché qui nous paralyse
n’est pas aussi dramatique qu’on le dit. Au
contraire, le péché nous rapproche du cœur de
Dieu : « Un vieux rabbin racontait : chacun
de nous est relié à Dieu par un fil. Et
lorsqu’on commet une faute, le fil est cassé.
Mais lorsqu’on regrette sa faute, Dieu fait un
nœud au fil. Du coup, le fil est plus court
qu’avant. Et le pécheur est un peu plus près de
Dieu! Ainsi, de faute en repentir, de nœud en
nœud, nous nous rapprochons de Dieu. Finalement,
chacun de nos péchés est l’occasion de
raccourcir d’un cran la corde à nœuds et
d’arriver plus vite près du cœur de Dieu. Tout
est grâce! Même les péchés ».
Bonne réflexion!
Bonne homélie!
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