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Réf. Bibliques : 1ère lecture : Dt
11,18.26-28.32
2ème lecture : Rm 3,21-25a.28
Évangile : Mt 7,21-27
La volonté de Dieu ! ! !
Nous sommes arrivés au terme du discours sur la montagne de
l’évangile de Matthieu. Cet extrait d’évangile
que nous avons aujourd’hui est plutôt
déroutant : « Il ne suffit pas de me dire :
Seigneur, Seigneur! Pour entrer dans le Royaume
des cieux; mais il faut faire la volonté de mon
Père qui est aux cieux » (Mt 7,21). Et pire
encore : ceux qui se réclament du Christ et qui
disent agir en son nom : « Seigneur,
Seigneur, n’est-ce pas en ton nom que nous avons
été prophètes, en ton nom que nous avons chassé
les démons, en ton nom que nous avons fait
beaucoup de miracles? » (Mt 7,22), peuvent
se faire dire : « Je ne vous ai jamais
connus. Écartez-vous de moi, vous qui faites le
mal! » (Mt 7,23). Que devons-nous comprendre
dans ça? Qu’est-ce que la volonté de Dieu?
1.
La Loi.
Si nous lisons bien le discours sur la montagne
du Christ de l’évangile de Matthieu, nous savons
bien que la pratique de
la Loi
est essentielle pour suivre le chemin des
Béatitudes. Mais on a vu également que pratiquer
la Loi, ce n’est pas l’appliquer littéralement
et aveuglément; c’est la dépasser pour la mettre
au service de la personne humaine… C’est passer
de la lettre à l’esprit. Sinon, notre justice ne
surpasse pas celle des scribes et des pharisiens
qui ne peuvent entrer dans le royaume des cieux
(Mt 5,20). Pratiquer la Loi, ce n’est pas
seulement s’appliquer à soi-même ou aux autres
ce qui est permis et ce qui est défendu afin de
respecter la règle; pratiquer la Loi, c’est tout
faire pour que la personne humaine puisse
conserver sa dignité, sa liberté, en adaptant,
en appliquant les règles qui nous permettront de
le faire. L’évangéliste Matthieu, depuis trois
semaines, nous donne pleins d’exemples : la Loi
de Moïse dit : « Tu ne commettras pas de
meurtre… » (Mt 5,21). C’est facile de ne pas
commettre de meurtre, mais il faut faire plus
que ça : Il ne faut pas mépriser l’autre,
l’insulter, le rejeter; il faut se réconcilier
avec lui, l’aimer malgré nos différences, nos
limites et nos fragilités. Il en est de même de
la Loi sur l’adultère et le divorce : ce droit
donné aux hommes seulement est discriminatoire
pour les femmes. C’est pourquoi, le Christ de
l’évangile nous dit que l’adultère n’est pas
seulement l’affaire des femmes, mais aussi des
hommes, et le droit de renvoyer sa femme devrait
être aboli, tellement il est injuste envers les
femmes.
2.
L’Amour.
Dans le fond, ce qui est premier, c’est l’Amour
avec un grand A. Rappelons-nous la 1ère lettre
de saint Paul aux Corinthiens où l’auteur nous
dit : « Même si j’avais le don de prophétie,
la connaissance de tous les mystères et de toute
la science, même si j’avais la foi la plus
totale, celle qui transporte les montagnes, s’il
me manque l’amour, je ne suis rien » (1 Co
13,2). N’est-ce pas cela qui est dénoncé dans
l’évangile d’aujourd’hui? « En ce jour-là,
beaucoup me diront : ‘’Seigneur, Seigneur,
n’est-ce pas en ton nom que nous avons été
prophètes, en ton nom que nous avons chassé les
démons, en ton nom que nous avons fait beaucoup
de miracles?’’ Alors je leur déclarerai : ‘’Je
ne vous ai jamais connus. Écartez-vous de moi,
vous qui faites le mal!’’ » (Mt 7,22-23). Si
saint Paul présente l’Amour comme une voie, un
chemin supérieur à tous les autres, suivre le
Christ, c’est nécessairement emprunter cette
voie, ce chemin. Sinon, on ne peut être ses
disciples. Et plus encore, il ne nous connaît
même pas.
Quand j’ai
entendu le maire de Saguenay, Jean Tremblay,
dire à la radio : « Quand je vais arriver de
l’autre bord, je vais pouvoir Lui dire : ‘’Je me
suis battu pour Vous; je suis même allé en
procès pour Vous’’ », personnellement, ça
m’a fait penser à ce reproche de l’évangile de
Matthieu d’aujourd’hui…Et pourquoi? Parce qu’il
n’y a pas d’Amour dans ce qu’il fait. Et pire
encore : le maire a été tellement dur et méchant
envers monsieur Simoneau qui revendiquait son
athéisme au conseil municipal, que la juge l’a
condamné à payer 30,000.00$ en dommage pour
avoir détruit la réputation de cet homme. On
peut bien faire de la diversion et de la
démagogie comme on veut, mais être chrétien,
catholique et revendiquer son droit de l’être
dans l’espace public, ne doit jamais se faire en
méprisant et en ridiculisant les autres. C’est
une question de justice et de dignité. C’est
pourquoi, le procès du maire pour faire
reconnaître les droits des catholiques est
indéfendable, parce que le but visé est
d’imposer à toute la société, le pouvoir de la
majorité… ce qui, en foi chrétienne, est
anti-évangélique.
Le seul
combat qu’un chrétien peut livrer, c’est le
combat pour la justice et la dignité, au nom du
commandement de l’amour. Dans les Béatitudes de
Matthieu, le Christ ne dit-il pas : « Heureux
ceux qui sont persécutés pour la justice : le
Royaume des cieux est à eux! » (Mt 5,10). Il
faut donc comprendre que s’il y a des
persécutés pour la justice, c’est que
ceux-là se sont battus pour elle, et ça c’est
évangélique. Par ailleurs, ça ne doit jamais
nous empêcher de vivre le pardon, la miséricorde
et l’amour; sinon, le combat est inutile et ne
peut être évangélique.
3.
La Liberté.
Dieu nous veut libre. Il nous a créés libres. Il
nous propose de choisir entre le bonheur ou le
malheur. N’est-ce pas en ces termes que l’auteur
du Deutéronome, en 1ère lecture aujourd’hui,
s’exprime? « Aujourd’hui je vous donne le
choix entre la bénédiction et la malédiction »
(Dt 11,26). Pour nous chrétiens, ça se
traduit par le choix que nous avons de bâtir
notre vie sur le Christ, en empruntant cette
image suggérée par Matthieu de l’homme qui bâtit
sa maison sur le roc, c’est-à-dire le chrétien
qui s’engage sur l’Amour : « La pluie est
tombée, les torrents ont dévalé, la tempête a
soufflé et s’est abattue sur cette maison; la
maison ne s’est pas écroulée, car elle était
fondée sur le roc » (Mt 7,25). On peut très
bien aussi choisir d’imposer son pouvoir aux
autres, sans référence à la Loi d’Amour du
Christ de l’évangile. Dans ce cas, l’image que
Matthieu nous suggère est celle de l’homme
insensé qui bâtit sa maison sur le sable :
« La pluie est tombée, les torrents ont dévalé,
la tempête a soufflé, elle a secoué cette
maison; la maison s’est écroulée, et son
écroulement a été complet » (Mt 7,27).
En terminant, à la question de ce qu’est la volonté de
Dieu, il me semble qu’une réponse s’impose :
la volonté de Dieu s’exprime à travers le Christ
de l’évangile qui nous invite à le suivre, en
pratiquant
la Loi, non pas dans sa lettre mais dans son
esprit, en empruntant la voie de l’Amour, et en
visant toujours la personne humaine dans son
intégrité et dans sa dignité. Le prêtre français
Léon Paillot l’exprime ainsi : « Il faut
commencer par le commencement, c’est-à-dire :
écouter
la Parole, puis la mettre en pratique. Tu vas commencer par m’écouter, me
regarder, me faire confiance. C’est la foi qui
justifie, nous dit saint Paul aujourd’hui. Tu
vas essayer de vivre comme moi, pour être
parfait comme le Père du ciel est parfait. Tu
vas, comme moi, essayer de vivre les Béatitudes
et toutes ces paroles vitales du Sermon sur
la Montagne. Tu vas essayer de t’ouvrir aux autres. Voilà le chemin. C’est MOI. Cela
nécessite une certaine décentration de toi-même.
Ne plus te prendre pour le nombril du monde. Ce
faisant, tu mettras ta confiance, non dans tes
actes, mais en Dieu. Et tu pourras lui dire : La
maison bien défendue qui me sauve, mon rocher,
ma forteresse, c’est toi, Seigneur ».
Bonne réflexion!
Bonne homélie!
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