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Un chemin de croix qui s’éternise…
On entre dans la semaine sainte, une semaine où l’on fait
mémoire de l’événement fondateur de la foi
chrétienne : la mort-résurrection du Christ. On
a beau dire que Christ est ressuscité, cette
année, permettez-moi d’en douter! J’ai plutôt
l’impression que la passion du Christ avec ses
rejets, ses souffrances et ses crucifixions
n’est toujours pas terminée.
Où est l’Église dans laquelle j’ai grandi et qui m’a appris
l’amour inconditionnel, le pardon, la justice,
le partage, l’entraide, la tolérance et
l’ouverture à l’autre? Qu’est devenue cette
Église que Jean XXIII a voulu rafraîchir par un
concile qui permettait toutes les espérances, en
reconnaissant aux évêques, à nos évêques, leur
rôle de pasteurs pour la portion d’Église dont
ils avaient la charge? Combien d’exégètes, de
théologiens, de prêtres, de religieux(ses), de
chrétien(ne)s engagés ont travaillé avec courage
et audace pour adapter l’Église à la modernité?
Que s’est-il passé depuis une vingtaine d’années pour que
l’Église catholique se referme sur elle-même et
rebrousse chemin en s’éloignant de plus en plus
de l’Évangile? Des voix se sont élevées et
s’élèvent encore, mais elles sont vite rabrouées
et réduites au silence. On assiste
impuissamment, d’une part, à des
excommunications de croyant(e)s qui ont
simplement voulu vivre l’Évangile, et, d’autre
part, à des apostasies de chrétiens déçus par un
Magistère complètement désincarné et qui se
croit seul détenteur de la vérité sur Dieu et
sur le monde.
À l’occasion de ce dimanche de
la Passion, je vous offre donc, comme réflexion
ce très beau texte d’un prêtre des Missions
étrangères, Claude Lacaille, paru dans le Devoir
de ce vendredi 3 avril 2009,
et qui s’intitule :
La barque de Pierre aux mains de pirates vêtus
de pourpre.
Personnellement, je suis contre les discours de condamnation,
les exclusions et les excommunications qui
proviennent des autorités de l’Église, comme je
suis tout aussi contre les apostasies qui
viennent de la base. Pourquoi? Parce que c’est
de l’intérieur de l’Église qu’on peut changer
les choses. En sortant de l’institution, on
baisse les bras et on donne raison aux
intégristes qui veulent imposer leurs règles et
leurs doctrines qui n’ont rien à voir avec le
Christ de l’Évangile. Au lieu d’apostasier,
pourquoi ne pas être solidaires de ceux et
celles qui croient encore que l’Église peut
porter un message d’espérance au monde? Quant
aux excommunications, personne, quelle que soit
sa fonction d’autorité, ne peut décider
d’exclure quelqu’un qui croit vraiment au Christ
ressuscité. La conscience d’une personne est
sacrée et doit être respectée.
Pour ma part, j’ai laissé la politique pour demeurer prêtre.
Même si l’Église me déçoit énormément et que le
chemin de croix s’éternise, j’ai quand même
l’espérance que nous arriverons au dimanche de
Pâques.
Bonne semaine sainte!
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