|
Réf. Bibliques : Évangile : Lc 22,14 - 23,56
Une Passion réconfortante et apaisante…
La Passion selon saint Luc a ses
particularités :
1.
C’est une Passion à méditer sur la route de nos
expériences humaines où le Christ nous rejoint,
comme pour les disciples d’Emmaüs qui se
laissaient brûler le cœur, au moment de la
Parole proclamée, interprétée et actualisée (Lc
24,25-27), et qui le reconnaissaient au moment
du partage du pain (Lc 24,3031). Sur cette route
douloureuse qui conduit à la croix, nous nous
retrouvons avec Jésus, à travers les personnages
que Luc nous présente :
·
Nous sommes parmi les apôtres qui se querellent
à savoir lequel est le plus grand (Lc 22,24).
·
Nous sommes Pierre dont l’amour du Seigneur lui
fait dire : « Seigneur, avec toi je suis prêt
à aller même en prison, même à la mort » (Lc
22,33), mais qui reniera son maître à la
première occasion : « Je te le déclare,
Pierre, le coq ne chantera pas aujourd’hui, que
tu n’aies par trois fois nié me connaître »
(Lc 22,34).
·
Nous sommes Judas, à la tête d’une foule de
gens, qui veut le trahir (Lc 22,47).
·
Nous sommes Simon de Cyrène, ce disciple de tous
les temps, qui marche derrière le Christ et qui
porte sa croix lui aussi (Lc 23,26).
·
Nous sommes ces femmes de Jérusalem qui se
lamentent sur lui (Lc 23,27).
·
Nous sommes l’un des malfaiteurs crucifiés avec
lui : « Jésus, souviens-toi de moi quand tu
viendras comme roi » (Lc 23,42), et à qui
Jésus répondit : « En vérité, je te le dis,
aujourd’hui, tu seras avec moi dans le paradis »
(Lc 23,43).
2.
Le récit de
la Passion
de Luc est empreint de délicatesse et de
tendresse de la part de l’évangéliste pour son
Seigneur Jésus. Luc ne rapporte pas certains
détails trop cruels : Il n’y a pas de
flagellation (on est loin du film de Mel
Gibson). Judas n’embrasse pas Jésus; il ne fait
que s’approcher pour le faire.Tout au long du
chemin de croix, le Jésus de Luc fait preuve de
patience et de persévérance. Le plus difficile
de sa Passion se joue à Gethsémani, où, dans une
agonie intérieure, il est confronté à des
angoisses extrêmes : « Pris d’angoisse, il
priait plus instamment, et sa sueur devint comme
des caillots de sang qui tombaient à terre »
(Lc 22,44). Réconforté par un ange, comme le
prophète Élie (1 R 19,5s), Jésus est déjà
vainqueur de ce qui l’attend.
Aussi, Luc
adoucit les situations et les événements : Au
jardin de Gethsémani, il dit que Jésus trouve
les disciples endormis de tristesse (Lc
22,45). Il accueille Judas avec délicatesse :
« Judas, c’est par un baiser que tu livres le
Fils de l’homme! » (Lc 22,48). Il guérit
l’oreille du serviteur du grand prêtre (Lc
22,51). Il retourne le cœur de Pierre par son
regard d’amour et de tendresse (Lc 22,61). Il
parle aux femmes qui se lamentent sur son sort (Lc
23,28-31). Il pardonne à ses bourreaux :
« Père, pardonne-leur car ils ne savent pas ce
qu’ils font » (Lc 23,34). Il fait entrer au
paradis le larron crucifié avec lui : « En
vérité, je te le dis, aujourd’hui, tu seras avec
moi dans le paradis » (Lc 23,43).
Le Jésus de
Luc est tellement rempli de bonté et de
miséricorde qu’il transforme ses bourreaux et
ceux qui le condamnent. Pilate le dit innocent à
3 reprises (Lc 23,4.14.22). Les femmes (Lc
23,27), le peuple (Lc 23,48), le larron (Lc
23,42) et le centurion (Lc 23,47), le déclarent
juste. Sur la croix, ses dernières
paroles ne sont pas un cri de souffrance; elles
sont une prière du soir : « Père, entre tes
mains, je remets mon esprit » (Lc 23,46).
Ainsi, Luc nous invite à entrer avec Jésus dans
sa Passion, à reconnaître nos faiblesses et nos
fragilités avec Pierre et à sentir sur nous le
regard de pardon du Seigneur, à porter sa croix
à sa suite avec Simon de Cyrène, et à nous
abandonner, avec lui, entre les bras de son
Père.
En terminant, au début du récit de
la Passion,
la Cène (Lc 22,14-38) est, à la fois, le repas d’adieu de Jésus et
l’inauguration d’une nouvelle Alliance. Et, à la
fin du récit de
la Passion, après la mort de Jésus (Lc
23,50-57), saint Luc nous dit que les femmes
préparent avec affection l’ensevelissement, en
accompagnant Joseph d’Arimathée. Mais avec tous
ces aromates, les femmes veulent le maintenir
dans la mort. Et pourtant, l’évangéliste
précise : « C’était un jour de Préparation et
le sabbat approchait » (Lc 23,54)… donc, les
lumières du sabbat brillent déjà… mieux encore,
ces lumières annoncent déjà celles de Pâques.
Mais les femmes ne le savent pas encore…
Bonne réflexion!
Bonne homélie!
Bonne Semaine Sainte
[
RETOUR ]
|