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Dimanche des Rameaux et de la Passion du Seigneur (C) : 28 mars 2010
Raymond Gravel, prêtre

 

 

 

Réf. Bibliques :  Évangile :  Lc 22,14 - 23,56

Une Passion réconfortante et apaisante…

La Passion selon saint Luc a ses particularités :

1.       C’est une Passion à méditer sur la route de nos expériences humaines où le Christ nous rejoint, comme pour les disciples d’Emmaüs qui se laissaient brûler le cœur, au moment de la Parole proclamée, interprétée et actualisée (Lc 24,25-27), et qui le reconnaissaient au moment du partage du pain (Lc 24,3031). Sur cette route douloureuse qui conduit à la croix, nous nous retrouvons avec Jésus, à travers les personnages que Luc nous présente :

·         Nous sommes parmi les apôtres qui se querellent à savoir lequel est le plus grand (Lc 22,24).

·         Nous sommes Pierre dont l’amour du Seigneur lui fait dire : « Seigneur, avec toi je suis prêt à aller même en prison, même à la mort » (Lc 22,33), mais qui reniera son maître à la première occasion : « Je te le déclare, Pierre, le coq ne chantera pas aujourd’hui, que tu n’aies par trois fois nié me connaître » (Lc 22,34).

·         Nous sommes Judas, à la tête d’une foule de gens, qui veut le trahir (Lc 22,47).

·         Nous sommes Simon de Cyrène, ce disciple de tous les temps, qui marche derrière le Christ et qui porte sa croix lui aussi (Lc 23,26).

·         Nous sommes ces femmes de Jérusalem qui se lamentent sur lui (Lc 23,27).

·         Nous sommes l’un des malfaiteurs crucifiés avec lui : « Jésus, souviens-toi de moi quand tu viendras comme roi » (Lc 23,42), et à qui Jésus répondit : « En vérité, je te le dis, aujourd’hui, tu seras avec moi dans le paradis » (Lc 23,43).

2.       Le récit de la Passion de Luc est empreint de délicatesse et de tendresse de la part de l’évangéliste pour son Seigneur Jésus. Luc ne rapporte pas certains détails trop cruels : Il n’y a pas de flagellation (on est loin du film de Mel Gibson). Judas n’embrasse pas Jésus; il ne fait que s’approcher pour le faire.Tout au long du chemin de croix, le Jésus de Luc fait preuve de patience et de persévérance. Le plus difficile de sa Passion se joue à Gethsémani, où, dans une agonie intérieure, il est confronté à des angoisses extrêmes : « Pris d’angoisse, il priait plus instamment, et sa sueur devint comme des caillots de sang qui tombaient à terre » (Lc 22,44). Réconforté par un ange, comme le prophète Élie (1 R 19,5s), Jésus est déjà vainqueur de ce qui l’attend.

Aussi, Luc adoucit les situations et les événements : Au jardin de Gethsémani, il dit que Jésus trouve les disciples endormis de tristesse (Lc 22,45). Il accueille Judas avec délicatesse : « Judas, c’est par un baiser que tu livres le Fils de l’homme! » (Lc 22,48). Il guérit l’oreille du serviteur du grand prêtre (Lc 22,51). Il retourne le cœur de Pierre par son regard d’amour et de tendresse (Lc 22,61). Il parle aux femmes qui se lamentent sur son sort (Lc 23,28-31). Il pardonne à ses bourreaux : « Père, pardonne-leur car ils ne savent pas ce qu’ils font » (Lc 23,34). Il fait entrer au paradis le larron crucifié avec lui : « En vérité, je te le dis, aujourd’hui, tu seras avec moi dans le paradis » (Lc 23,43).

Le Jésus de Luc est tellement rempli de bonté et de miséricorde qu’il transforme ses bourreaux et ceux qui le condamnent. Pilate le dit innocent à 3 reprises (Lc 23,4.14.22). Les femmes (Lc 23,27), le peuple (Lc 23,48), le larron (Lc 23,42) et le centurion (Lc 23,47), le déclarent juste. Sur la croix, ses dernières paroles ne sont pas un cri de souffrance; elles sont une prière du soir : « Père, entre tes mains, je remets mon esprit » (Lc 23,46). Ainsi, Luc nous invite à entrer avec Jésus dans sa Passion, à reconnaître nos faiblesses et nos fragilités avec Pierre et à sentir sur nous le regard de pardon du Seigneur, à porter sa croix à sa suite avec Simon de Cyrène, et à nous abandonner, avec lui, entre les bras de son Père.

En terminant, au début du récit de la Passion, la Cène (Lc 22,14-38) est, à la fois, le repas d’adieu de Jésus et l’inauguration d’une nouvelle Alliance. Et, à la fin du récit de la Passion, après la mort de Jésus (Lc 23,50-57), saint Luc nous dit que les femmes préparent avec affection l’ensevelissement, en accompagnant Joseph d’Arimathée. Mais avec tous ces aromates, les femmes veulent le maintenir dans la mort. Et pourtant, l’évangéliste précise : « C’était un jour de Préparation et le sabbat approchait » (Lc 23,54)… donc, les lumières du sabbat brillent déjà… mieux encore, ces lumières annoncent déjà celles de Pâques. Mais les femmes ne le savent pas encore…

 

Bonne réflexion!
Bonne homélie!
Bonne Semaine Sainte

 

 

 

 

 

 

 

 

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