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Réf. Bibliques : 2ème lecture : Rm 5,1-5
Évangile : Jn 16,12-15
Dieu est relation et communion…
Comment dire Dieu? Quelle définition en donner? De tous
temps, des femmes et des hommes ont essayé de
comprendre et de définir Dieu. Mais c’est
toujours à partir de ce que nous sommes que nous
l’avons fait. Et c’est pourquoi, cette boutade
célèbre garde toute sa vérité : « Dieu a fait
l’homme à son image et l’homme le lui a bien
rendu ». Dans l’histoire du monde, on
retrouve sur Dieu les mêmes caractéristiques et
les mêmes traits qu’on voit chez ceux qui l’ont
décrit. Est-ce que cela veut dire que Dieu est
inaccessible et indéfinissable? Non, je ne le
crois pas. Cependant, si Dieu nous ressemble
autant, c’est peut-être parce que nous faisons
partie de ce qu’il est en lui-même et qu’il
n’est accessible que comme être de relation et
de communion. N’est-ce pas ce Dieu-là que le
Christ nous a présenté?
1.
Dieu est Trinité.
Le mot Trinité n’apparaît pas dans la
Bible. Il est le fruit d’une longue réflexion
théologique. Au concile de Nicée en 325, on a
tenté de définir le Dieu Trinité en évitant
d’utiliser le mot personne, car on ne
voulait pas établir une hiérarchie, une
inégalité entre le Père, le Fils et l’Esprit. Ce
n’est qu’en 381, au concile de Constantinople,
qu’on a décrit Dieu comme un Dieu en trois
personnes. On s’est chicané longtemps avant
d’arriver à un consensus. Et pourtant, la façon
dont Jésus nous parle du Père et de l’Esprit,
dans l’évangile d’aujourd’hui, paraît si simple
et si naturelle à la fois… Alors pourquoi cette
complication? C’est sans doute parce que nous
les humains, on aime compliquer les choses
simples, mais ça dit en même temps, que notre
connaissance de Dieu évolue dans le temps et
c’est sans doute ce que saint Jean veut nous
dire aujourd’hui, lorsqu’il écrit :
« J’aurais encore beaucoup de choses à vous
dire, mais pour l’instant vous n’avez pas la
force de les porter » (Jn 16,12). Et il
ajoute ceci : « Quand il viendra, lui,
l’Esprit de vérité, il vous guidera vers la
vérité tout entière » (Jn 16,13a).
Mais
attention! Si l’Esprit Saint nous conduit vers
la vérité tout entière, celle-ci n’est pas faite
d’avance. Elle s’exprime dans le temps et dans
l’histoire… dans un cheminement. L’exégète
français Jean Debruynne écrit : « La vérité
est un chemin : ‘’J’aurais encore beaucoup de
choses à vous dire, mais pour l’instant vous
n’avez pas la force de les porter…’’ C’est
l’Esprit de Dieu qui est chargé de nous guider
vers la vérité tout entière. Comment mieux dire
que la vérité n’est pas toute noire ou toute
blanche, que la vérité n’est pas un résultat ni
un chiffre d’affaire : c’est un chemin. C’est
une approche, un pas à pas. C’est une histoire.
L’Esprit ne travaille pas selon les filières ni
selon les logiques des entreprises. La vérité ne
s’acquiert pas comme un diplôme. L’Esprit est
une personne. La troisième personne de
la Trinité ».
C’est ce
qui me faisait dire à la Pentecôte, la semaine
passée, que l’Esprit Saint qui nous habite
était : Amour, universel, mouvement, mais aussi
mémoire, non pas du passé, mais de l’avenir.
Rappelons-nous ce que Jésus disait : « Le
Défenseur, l’Esprit Saint que le Père enverra en
mon nom, lui, vous enseignera tout, et il vous
fera souvenir de tout ce que je vous ai dit »
(Jn 14,26). Mais comment l’Esprit peut-il
être mémoire de l’avenir? C’est simple : la
Parole est une semence et une semence, ça
grandit, ça croît. Donc, tout n’a pas été dit
une fois pour toute. La Parole est en devenir,
et c’est pourquoi, nous sommes beaucoup plus
proches de la moisson aujourd’hui, qu’on ne
l’était lorsque
la Parole
du Christ a été semée. En même temps, notre
compréhension de Dieu évolue elle aussi. Le Dieu
Trinité est un concept qui n’est pas figé dans
le temps. On le comprend mieux aujourd’hui,
qu’on ne le comprenait au moment de sa création.
Mais
pourquoi Dieu, Père, Fils et Esprit? Tout
simplement parce que Dieu est Amour, et c’est de
cette façon qu’on nous le présente dans les
Évangiles.
2.
Dieu est Amour.
« Dieu est Amour »
(1 Jn 4,8). L’Amour c’est la forme parfaite de la relation.
Le prêtre français Léon Paillot écrit : « Si
Dieu est Amour, il n’y a pas d’amour sans objet
aimé. Il s’aime. Il est aimé. Il nous aime. Il
nous invite à entrer de plus en plus intensément
dans sa vie d’amour ». N’est-ce pas ce que
le Christ est venu nous apprendre? « Si
quelqu’un m’aime, il restera fidèle à ma parole;
mon Père l’aimera, nous viendrons chez lui, nous
irons demeurer auprès de lui » (Jn 14,23).
Ça veut dire que nous faisons partie du mystère
de Dieu, parce que Dieu est relation et
communion avec nous, par le Christ, dans
l’Esprit Saint.
La semaine
passée, saint Paul, dans sa lettre aux Romains,
disait : « C’est donc l’Esprit Saint lui-même
qui affirme à notre esprit que nous sommes
enfants de Dieu » (Rm 8,16). Et il
ajoutait : « Puisque nous sommes ses enfants,
nous sommes aussi ses héritiers; héritiers de
Dieu, héritiers avec le Christ, à condition de
souffrir avec lui pour être avec lui dans la
gloire » (Rm 8,17). Dans le fond, c’est tout
simplement assumer notre condition humaine avec
ses fragilités, ses limites, ses pauvretés et sa
finitude. Et aujourd’hui, dans la même lettre,
saint Paul affirme que nous les chrétiens, nous
vivons dans l’espérance, et il écrit :
« L’espérance ne trompe pas, puisque l’amour de
Dieu a été répandu dans nos cœurs par l’Esprit
Saint qui nous a été donné » (Rm 5,5).
Nous sommes
donc concernés par la fête d’aujourd’hui. La
Trinité dit quelque chose de ce que nous sommes
devenus par notre appartenance au Christ
ressuscité. Malgré notre finitude humaine, nous
sommes des êtres de relation et de communion
entre nous, avec Dieu le Père, par son Fils,
dans l’Esprit Saint. Par l’Amour qui nous unit,
nous vivons dans l’espérance de Pâques.
L’espérance n’est-elle pas la foi à son
meilleur? Charles Péguy écrit : « La foi que
j’aime le mieux, dit Dieu, c’est l’espérance. La
foi, ça ne m’étonne pas, ça n’est pas étonnant…
Mais l’espérance, dit Dieu, voilà ce qui
m’étonne. Moi-même. Ça c’est étonnant. Que ces
pauvres enfants voient comme tout ça se passe et
qu’ils croient que demain ça ira mieux… Ça c’est
étonnant et c’est bien la plus grande merveille
de notre grâce… Sur le chemin du salut, sur la
route interminable, sur la route entre ses deux
sœurs, la foi et la charité, la petite espérance
s’avance. C’est elle, cette petite, qui entraîne
tout. Car la foi ne voit que ce qui est. Et
elle, elle voit ce qui sera. La charité n’aime
que ce qui est. Et elle, elle aime ce qui sera.
La foi voit ce qui est. Dans le temps et dans
l’éternité. L’espérance voit ce qui sera. Dans
le temps et pour l’éternité. Pour ainsi dire
dans le futur de l’éternité même ».
Bonne réflexion!
Bonne homélie!
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