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Née en 1925 de l'union de confessions
chrétiennes différentes (Église méthodiste,
Église presbytérienne et Église
congrégationaliste) l'Église Unie est fondée sur
le principe d'acceptation de la diversité
(culturelle, ethnique, théologique, etc.).
Historiquement, sa politique de
non-discrimination est devenue centrale pour sa
vie et son travail. Ainsi, personne ne devrait
être exclu de la communauté à cause de sa race,
de sa langue, de son sexe, de sa situation
économique, etc.
Cependant la question de l'orientation sexuelle
est restée longtemps taboue. Le principe voulait
que tous et toutes soient acceptés-es mais, en
pratique, on n'accueillait les personnes non
hétérosexuelles que si elles restaient
« anonymes », c'est-à-dire si leur orientation
sexuelle ne se remarquait pas. Il a fallu de
nombreuses années de débats, de réflexion et de
prière pour en venir à une politique officielle
d'accueil permettant d'inclure réellement et
ouvertement les personnes gaies, lesbiennes,
bisexuelles et transgenres dans l'Église. Et il
reste encore beaucoup de travail à faire pour
démystifier l'homosexualité et sensibiliser les
gens à la réalité de ces personnes. Le fait que
l'Église Unie ait adopté le principe de l'inclusivité
ne signifie pas nécessairement que tous ses
membres se sentent prêts à endosser ce principe.
Depuis les années 70, les Conseils généraux qui
se sont succédés ont exigé un traitement égal et
une attitude non discriminatoire pour les
lesbiennes et les gais au niveau de l'emploi,
des services et de la place à leur réserver dans
l'Église et dans la société.
L'Église Unie a également revendiqué pour eux et
elles auprès des autorités gouvernementales un
traitement égal à celui des couples
hétérosexuels en ce qui a trait à la Loi de
l'impôt sur le revenu. Parce que le Conseil
général est la plus haute instance décisionnelle
de l'Église Unie, les décisions prises par les
personnes qui y sont élues deviennent la
politique officielle pour la vie de l’Église et
pour ses implications sociales. Voici un résumé
des mesures prises par l'Église Unie du Canada
afin d'inviter toutes les personnes à participer
pleinement à la vie de l'Église et de la
société, quelle que soit leur orientation
sexuelle.
Au
début des années 60, l’homosexualité était
condamnée par l’ensemble de la société et pour
l’Église Unie elle était considérée comme un
péché.
Mais progressivement, grâce notamment à l’apport
des sciences humaines (la psychologie ne la
considère plus comme une déviation et la
médecine l'a rayée de la liste des maladies),
une réflexion a commencé qui a peu à peu a
modifié la compréhension et l’attitude de
l’Église vis à vis des personnes homosexuelles.
En 1981, un groupe de travail mandaté par le
Conseil Général (la plus haute instance
décisionnelle dans l’Église Unie du Canada)
produit un rapport Foi et sexualité qui
fait état de la diversité des points de vue
éthiques et théologiques exprimés dans l’Église
à propos de la sexualité. Ce document est le
point de départ d’un processus qui sera marqué
par plusieurs étapes importantes :
-
En 1984, le 34ième Conseil
général a fait un certain nombre de
déclarations sur la sexualité:
-
Que nous acceptions tous les êtres humains
en tant que personnes créées à l'image de
Dieu, indépendamment de leur orientation
sexuelle.
-
Que les membres de notre Église,
individuellement et collectivement,
deviennent plus conscients de la
discrimination dont sont victimes les
personnes homosexuelles, prennent des
mesures afin que celles-ci puissent exercer
pleinement leurs droits civils et humains
dans la société, travaillent à mettre fin à
toutes formes de discrimination envers
elles, et appuient les victimes d'une telle
discrimination.
-
Que tous les membres de l'Église,
hétérosexuels et homosexuels, examinent et
comprennent la sexualité et les styles de
vie à la lumière de l'Évangile.
-
En 1988, le Conseil général a déclaré, en se
référant aux Principes d'Union (texte
fondateur de l'Église Unie, 1925), que
« toute personne, de quelque orientation
sexuelle qu'elle soit, confessant sa foi en
Jésus-Christ et son obéissance à celui-ci,
était accueillie comme membre à part entière
de l'Église Unie du Canada ou invitée à le
devenir », et que « tous les membres de
l'Église Unie du Canada pouvaient soumettre
leur candidature pour le processus menant au
pastorat ordonné ».
-
En 1992, le Conseil général a demandé à la
Division de la Mission au Canada de créer
des ressources liturgiques et pastorales
pour les alliances de personnes de même sexe
et de les diffuser pour étude et discussion,
ainsi que de proposer des ressources pour
aider dans leur démarche d'ouverture les
paroisses disposées à s'engager publiquement
à accueillir les gais et lesbiennes.
-
Au Conseil général de l'an 2000, une autre
proposition a été adoptée pour permettre de
poursuivre la discussion, le dialogue et
l'action. Cette proposition comprenait une
déclaration visant à affirmer la valeur des
partenariats de gais et de lesbiennes, à
travailler activement à la reconnaissance
civile de leurs droits, et à faire état de
leur réalité dans la documentation de
l'Église et dans des liturgies d'alliance.
Le même Conseil général (2000) a encouragé
les paroisses locales à étudier la
possibilité de devenir des paroisses
“inclusives” qui s’engagent à accueillir des
personnes gaies, lesbiennes, bisexuelles et
transgenres à tous les niveaux de leur vie
d'Église. Ces paroisses offrent aux couples
de même sexe des cultes d'alliance ou des
mariages, selon le cas.
-
Au Conseil général de 2003, l'Église Unie a
lancé un appel au gouvernement fédéral pour
que soient reconnus les mariages de
personnes de même sexe. L'Église Unie les
reconnaît déjà dans ses propres documents
officiels (registres de mariages) et par des
célébrations de mariage depuis que la loi le
permet.
Plusieurs paroisses de l'Église Unie du Canada
ont choisi d’affirmer officiellement et
publiquement leur attitude d'ouverture aux
personnes gaies, lesbiennes, bisexuelles et
transgenres. Plusieurs de ces paroisses sont
membres de l'organisme « S'affirmer Ensemble » (Affirm
United) qui lutte contre l'homophobie et
travaille à la reconnaissance des personnes
homosexuelles au sein de l'Église Unie.
Thierry Delay est pasteur de l’Église Unie
Saint-Jean à Montréal
Déclaration d’inclusivité de l’Église Unie
Saint-Jean
(Octobre
2002)
Nous, de l’Église Unie Saint-Jean, croyons que
tous les êtres humains ont été créés par Dieu à
son image. Nous croyons aussi que Dieu offre son
salut à tous les humains et que toutes les
personnes qui croient en Jésus Christ sont
membres à part entière de son Église, quels que
soient leur origine ethnique, leur sexe, leur
orientation sexuelle, leur âge, leur état civil,
leur situation socio-économique ou leurs
capacités physiques et intellectuelles; Dieu les
adopte comme ses enfants et les aime
inconditionnellement.
Nous reconnaissons que les personnes gaies,
lesbiennes, bisexuelles et transgenres ont été
et sont encore de nos jours victimes de rejet et
de discrimination dans l’Église et dans la
société. Nous sommes conscients que l’Église,
historiquement, a condamné ces personnes et leur
a fermé ses portes. Nous déplorons vivement
cette situation. En tant que chrétiens et
chrétiennes, nous ne pouvons tolérer l’homophobie
ni toute autre forme d’exclusion, de haine et de
violence. Nous devons œuvrer à l’élimination de
la discrimination fondée sur l’orientation
sexuelle comme de toutes les autres formes de
discrimination.
Par conséquent, nous déclarons que l’Église Unie
Saint-Jean est une communauté où toutes les
personnes sont les bienvenues et où la diversité
est reconnue et vécue comme un enrichissement.
Nous accueillons, acceptons et soutenons toutes
les personnes qui désirent vivre leur foi avec
nous, de même que leur famille et leurs amis,
sans égard à leur orientation sexuelle, comme
Jésus nous invite à le faire. Nous reconnaissons
la valeur de leur engagement comme partenaires
de vie et nous célébrons des mariages entre
personnes de même sexe. Nous espérons comprendre
davantage ce que signifie être une communauté
inclusive au fur et à mesure que se
développeront nos échanges dans un processus
continu d’écoute et d’apprentissage réciproques.
Nous prions Dieu de nous accompagner tout au
long de ce processus et que se vive la
réconciliation avec ces personnes que
l’ignorance, la peur et les préjugés ont trop
longtemps tenues à l’écart de la famille de
Dieu.
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