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Femmes en Église, dans la région et ailleurs…
Clermont Rainville

 


 

Nous sommes le 8 mars, « Journée mondiale des femmes ». C’est une occasion pour les femmes de questionner notre monde, et peut-être particulièrement les hommes, sur toute la réalité qui est la leur. Oui, des pas ont été faits pour reconnaître l’égalité « hommes-femmes », mais il est évident qu’il en reste encore à faire! Et certainement en Église…

Est-il besoin de dire que, malgré une forte diminution d’une pratique religieuse et d’une appartenance à l’Église, au Saguenay-Lac-St-Jean comme ailleurs au Québec et dans le monde occidental, les femmes sont pourtant devenues majoritaires en Église. Plusieurs s’y engagent de façon belle et bonne! Mais dans quel climat et à quelles conditions?

Parler du « droit des femmes » en Église, c’est, peut-être, devoir parler du « non-droit des femmes ». Eh oui! C’est là, je crois bien, que nous en sommes encore, chez nous comme ailleurs, en ce début du XXIe siècle. Et c’est grave, très grave! Et si c’était là ce que l’on pourrait même appeler un « péché grave » de notre Église? Je ne veux surtout pas la culpabiliser, ce qui n’avancerait pas à grand chose! Mais je veux la questionner pour qu’elle fasse des pas importants, pour qu’elle agisse enfin!

Au Saguenay-Lac-St-Jean, un groupe de travail « en Église », formé très majoritairement de femmes, à l’œuvre depuis environ deux ans,  vient de remettre à l’évêque du Diocèse de Chicoutimi  les conclusions d’un rapport sur la condition et la place des femmes dans « notre Église ».  Disons simplement aujourd’hui, qu’en plus de la nécessité, dans notre milieu, de continuer à avoir une « répondante à la condition des femmes »,  nous devons en arriver maintenant, par choix, à réaliser un « partenariat hommes-femmes » dans notre Église. Cela implique d’abord une reconnaissance formelle, et dans les faits, de l’égalité des femmes et des hommes, chez les membres et chez les responsables de cette Église. Ensuite, il importe d’assurer aux femmes une « participation réelle aux décisions », en siégeant aux différents groupes ministériels et pastoraux nécessaires au bon fonctionnement de cette Église. Mais, attention! Ce n’est pas qu’à des femmes de s’engager pour plus d’égalité. Non! Il importe de saisir ensemble, hommes et femmes, la nécessité d’un tel changement. Et là aussi, il y a encore des pas à faire! Il faut le dire, l’Église est « patriarcale », et non « partenariale »…

L’Évangile de Jésus de Nazareth, que l’Église est appelée à proclamer, invite tout être humain à être respecté dans sa dignité d’homme ou de femme, et à vivre, ainsi, dans l’Esprit de Jésus et de notre Dieu. C’est un appel à la confiance, à la liberté d’être, à la réalisation de soi et à des solidarités, sur les chemins de la vie qui sont les nôtres. 

Sur toute la condition et la place des femmes aujourd’hui, quelques regards peuvent être les nôtres. Nous pouvons, d’une part, nous donner un regard social, un regard sur la réalité de nos pays, sur l’ONU et la charte des droits humains. Que vivons-nous donc, chez nous, face à toute cette question? Il peut y avoir, encore, un regard juridique. C’est celui du droit canonique, de la loi, et d’une Église si souvent doctrinaire. Cette Église, on le sait, dit « non » à l’ordination des femmes. Une question peut alors se poser . Quand  et où, dans l’Évangile, voyons-nous Jésus choisir la loi avant l’humain? Ça nous amène, ainsi, à un troisième regard, un regard évangélique, celui de Jésus sur l’homme et la femme, un regard qui nous apprend à savoir donner une « place première » à la personne humaine. Et s’il y avait là, avec ce regard, une « priorité nécessaire », qui doit être, aujourd’hui encore, la priorité de l’Église, celle de ses répondants et de ses pasteurs, celle, bien sûr aussi ,  de tous les croyants et croyantes?

J’ose souhaiter, sur cette question si importante de la condition et de la place des femmes en Église, que nous sachions saisir, chez nous et ailleurs, que les chemins humains, dont, c’est certain, les chemins des femmes, sont les chemins de notre Dieu. Oui, c’est alors, et certainement, le temps d’entrer dans un partenariat! Et ainsi, les hommes d’Église auront, et peut-être davantage, le goût de célébrer, avec les femmes, cette Journée mondiale du 8 mars!

 

 

Clermont Rainville,
2272, des Roitelets, app.4
Chicoutimi   (418-549-7456)


 

 

 

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