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Les 27 et 28 octobre derniers s'est tenu à Montréal un
colloque sur l'accès des femmes aux ministères
ordonnés dans l'Église catholique: une question
réglée? Sûrement pas.
Des colloques, il en existe beaucoup. Cependant, celui-là se
distingue parce qu'il a voulu exprimer la
volonté soutenue des chrétiens et des
chrétiennes à poursuivre la recherche sur
l'accès au sacerdoce pour les femmes, malgré et
en dépit de l'ordonnance du Vatican de clore, et
cela de façon définitive, le débat sur le sujet
(Ordinatio sacerdotalis, 1994). Loin
d'être clos, le débat perdure: Dublin (2001),
Ottawa (2004), Paris (2006 ) et Montréal (2006).
Organisé conjointement par le Centre Justice et foi, le
Centre Saint-Pierre, le réseau Femmes et
ministères et l'Autre parole, ce colloque s'est
employé à déconstruire les arguments romains qui
servent à justifier l'exclusion des femmes des
ministères ordonnés. Fait à signaler: des
membres de la hiérarchie ecclésiale (des
jésuites) ont joué un rôle important dans
l'organisation et la tenue de ce colloque. Il
faut se réjouir de ce véritable partenariat
clercs-laïcs.
Des personnalités reconnues pour leur compétence et leur
expertise dans ce domaine ont présenté le fruit
de leurs réflexions et de leurs recherches,
notamment Olivette Genest, exégète et bibliste.
La conférencière a abordé la justification du
non-accès des femmes aux ministères ordonnés
dans l'Église catholique romaine à la lumière de
l'exégèse biblique.
Il est vrai que Jésus n'a pas ordonné de femmes, mais il n'a
pas ordonné d'hommes non plus, a-t-elle fait
remarquer. D'après elle, la recherche exégétique
démontre que, selon les textes bibliques,
l'ordination n'est pas clairement réservée aux
hommes et que les citations allant dans le sens
de cette thèse n'emportent pas l'adhésion. Dans
l'état actuel du corpus romain ad hoc, le seul
argument qui s'impose, c'est l'argument
d'autorité.
D'autres conférencières ont fait part de leurs recherches, de
leur expérience et de leur expertise :
Marie-Thérèse van Lunen Chenu, venue de France,
Susan Roll, théologienne, Patricia Peacock,
prêtre anglicane, Faye Wakeling, ministre de
l'Église unie, Gisèle Turcot, sbc, et
Marie-Andrée Roy, sociologue.
L'appel nié
Il nous tardait, bien sûr, d'entendre Pauline Jacob,
théologienne, nous entretenir du résultat de sa
recherche doctorale sur «L'expérience de
discernement de femmes qui se disent appelées à
la prêtrise ou au diaconat dans l'Église
catholique du Québec». Cette recherche, madame
Jacob l'a faite à partir de témoignages de 15
femmes qui disent ressentir un appel au
ministère sacerdotal ou diaconal. L'appel, ce
que la philosophe Hannah Arendt appelle la voix
qui parle en soi et qui ne nous contredit pas.
Une voix qui exprime une aspiration venant de
l'intérieur qui s'impose à la volonté et pousse
à l'action.
Qui sommes-nous pour affirmer, même ex cathedra, que ces
femmes ne sont pas vraiment appelées à servir le
Seigneur dans les ministères ordonnés? Qu'une
procédure de discernement par les autorités
ecclésiales vérifie le bien-fondé d'un tel
appel, comme pour les hommes, cela va de soi.
Mais ignorer systématiquement l'existence de cet
appel chez des femmes parce que ce sont des
femmes, c'est nier le pouvoir de Dieu de se
manifester dans le monde par les voies qu'Il
choisit.
Madame Jacob a terminé son intervention en
souhaitant qu'on écoute ces femmes, parce que si
« on les fait taire, ce sont les pierres qui
crieront » (Luc 19, 40).
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