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Six femmes accèdent au diaconat


Le 29 juin 2002, à Passau, en Allemagne, sept femmes étaient ordonnées au sacerdoce : quatre Allemandes, deux Autrichiennes, une Américaine. L’événement provoqua des remous dans les milieux chrétiens. L’on s’interrogea sur le statut épiscopal de Mgr Romulo Antonio Braschi, l’évêque ordinant, sur la validité des ordinations, sur le sens et la pertinence d’un tel geste.

Le processus alors mis en marche ne s’est pas arrêté. En juin 2003, L’une des femmes prêtres, Christine Mayr-Lumetzberger (Autriche) annonçait qu’elle-même et Gisela Forster (Allemagne) avaient reçu la consécration épiscopale dans le secret au cours des six mois précédents. Le nom de l’évêque célébrant ne fut pas dévoilé.

Récemment, le 26 juin 2004, à bord d’un bateau sur le Danube, ces deux femmes évêques et Mgr Rafaël Regelsburger (consacré par Mgr Braschi) ont ordonné au diaconat six femmes originaires de cinq pays différents : du Canada, Michele Birch-Conery; des États-Unis, Victoria Rue et Jillian Farley; de France, Geneviève Beney; de Suisse, Monika Wyss; de Lettonie, Astrid Indricane.

Sur le site de ces femmes prêtres, Virtuelle Diozese, une page est consacrée à l’ordination : photos, étapes de la cérémonie, présentation des ordinandes… Ailleurs on peut lire une lettre sereine de la Française Geneviève Beney qui explique longuement les raisons de sa démarche vers le diaconat. Dans la Newsletter du mois de juillet 2004 (no 5), la liste des remerciements donne une excellente idée des groupes qui ont envoyé des représentants ou qui ont manifesté leur sympathie.

Éventuellement ces femmes prévoient accéder au sacerdoce. On parle d’ordinations au Canada pour la Canadienne et les deux Américaines, en France pour la Française et la Suissesse.

Rappelons que ces ordinations suscitent beaucoup de controverses, même parmi les groupes catholiques réformateurs. Certains reprochent à ces femmes de venir au sacerdoce par motion intérieure plutôt que par appel d’une communauté, ce qui est une vision théologique plus adéquate des ministères. D’autres jugent leur combat mal engagé : l’exclusion prévisible par les autorités romaines les place à l’extérieur, alors que les réformes devraient surgir du sein de la communauté, sans rupture de la communion… (Voir notre dossier sur l’ordination des femmes)

Mais ces femmes ordonnées veulent être le témoignage brûlant d’une injustice proclamée à la face de l’Église. Elles sont convaincues que le mouvement va s’amplifier, comme un long cri qu’on ne pourra pas ne pas entendre.

 

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