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Lettre à ceux que la conviction de posséder la
vérité rend aveugles et sourds aux aspirations
légitimes de leurs sœurs catholiques
et dont la tentation de l’exclusion prend
les apparences d’une ouverture à l’œcuménisme...
Dans un article publié le 13 août 2005, Mgr
Bertrand Blanchet, archevêque de Rimouski, propose
comme solution aux femmes qui se sentent appelées
au sacerdoce de joindre la communion anglicane; il
avait abondé dans le même sens au cours d’une
émission à la SRC, le 25 juillet 2005, à la suite
de l’ordination de femmes au diaconat et à la
prêtrise et du colloque « Rompre le silence…Rompre
le pain…», tenu à Ottawa les jours précédant cet
événement.
Mgr Blanchet propose cette sortie volontaire de
l’Église comme une solution compréhensible et
acceptable, sinon un pis-aller excusable, dans le
contexte où, notamment pour des raisons d’ordre
théologique, elles ne peuvent être ordonnées dans
leur propre Église.
J’ai une plus haute estime pour l’œcuménisme dont Taizé est
un exemple inspirant, parce qu’il en a patiemment
mis en œuvre l’esprit. En effet, les chemins de
l’œcuménisme sont des chemins de rencontre dans le
respect des identités et des sensibilités
spirituelles particulières et dans la fidélité à
nos appartenances propres. La conversion ou la
réconciliation s’opère lorsque chacune et chacun
entend la voix de l’Esprit Saint dans la rumeur du
monde et répond à cet appel à la suite d’une
démarche empreinte d’étude, de prière et de
discernement, et inscrit cet engagement dans la
communauté de foi qui est la sienne.
Par conséquent, je conçois difficilement qu’une personne
veuille s’engager dans une tradition religieuse
qui a mis l’accent sur des priorités d’ordre
spirituel, pastoral ou liturgique autres que
celles où sont ses racines. Si Mgr
Blanchet et autres collègues et collaborateurs
reconnaissent la pertinence de l’appel reçu par
les femmes qui aspirent à un ministère ordonné, ne
pourraient-ils pas concevoir que les chemins à
emprunter pour y répondre, selon les desseins du
Maître de la moisson, font appel à un exercice
responsable de leurs responsabilités afin d’offrir
un avenir à l’Église et à l’Évangile.
C’est une responsabilité que les autorités ecclésiastiques
doivent assumer, et cela, non pas pour pallier le
manque de prêtres, mais tout simplement pour se
mettre humblement à l’écoute du message de
l’Évangile pour ce temps au lieu de se soumettre
servilement à une interprétation étroite des
textes fondateurs qui raffermit leur propre
pouvoir misogyne, pouvoir qui les rend sourds et
aveugles à des appels qui leur apparaissent «
surprenants » et dont, à la suite de la « Lettre
apostolique Ordinatio Sacerdotalis du pape
Jean-Paul II sur l’ordination sacerdotale
exclusivement réservée aux hommes » du 22 mai
1994, ils ne veulent plus débattre. Pour autant,
nos évêques ne peuvent plus nier l’existence de
l’appel reçu avec humilité par un certain nombre
de femmes ni qualifier ces femmes de marginales ni
d’insoumises.
Pour avoir participé au colloque d’Ottawa, je sais
qu’une majorité des 500 participantes (il y avait
aussi des participants) sont des femmes engagées,
à un titre ou à un autre, au sein d’une Église «
Une », mais non uniforme. Ce sont des femmes d’une
foi remarquable et assidues à la prière (il y a eu
plusieurs liturgies en une fin de semaine). Mais
plusieurs d’entre elles souffrent, trop souvent en
silence et dans la discrétion, de ne pouvoir
servir leurs frères et sœurs par des pratiques
ecclésiales inspirées de l’Esprit de liberté à qui
on refuse d’entrouvrir la porte.
Le seul moyen de sortir l’Église de l’enlisement
dans lequel Jean-Paul II l’a placée en rédigeant
Ordinatio Sacerdotalis, c’est d’intervenir
auprès des instances ecclésiales pour réclamer un
troisième concile œcuménique. Mgr
Blanchet lui-même nous y invitait dans l’interview
à la SRC alors que dans l’article du 13 août, la
question est présentée comme pouvant être reprise
« peut-être dans un concile…». La prise de parole
est une manière normale pour le peuple de Dieu
d’exercer ses responsabilités. Un des moyens de le
faire consiste à faire connaître et à signer la
pétition pour la tenue de ce concile, que
plusieurs évêques ont déjà signée, et que l’on
trouve sur le site
www.Proconcil.org .
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